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Palu et grippe A sont dans un bateau

Publié le 07 septembre 2009 par Scienceblog
C

e matin sur France Inter, dans le 7-10 de Nicolas Demorand, Marc Gentilini, ancien président de la Croix-Rouge française. En restant sur un mode d’expression très doux, ce spécialiste des maladies infectieuses nous suggère que l’argent utilisé pour la gestion de l’épidémie de grippe A vient bien de quelque part … et pourquoi pas de l’argent de la gestion du paludisme ou du SIDA en France ? C’était le sens de ses sous-entendus …

Bien sur, le palu, il n’y en a pas en France … métropolitaine. Le paludisme est considéré comme une maladie d’importation, de touristes négligents qui ne prennent pas leur nivaquine. Environ 30 morts par an. La Guyane est par ailleurs le seul département d’outre mer (avec Mayotte qui est un TOM) dans lequel le palu est présent à l’état endémique. Le rapport épidémiologique publié en 2006 est éloquent, et explicite entre autres que l’épidémie de paludisme est la plus importante de l’Amérique du Sud.

Combien de morts ? Le rapport ne le dit pas. Mais si ce que dit Mr Gentilini est vrai, ou si le budget attribué à la gestion de grippe A est équivalent à celui de la gestion du paludisme, c’est criminel. Je choisis cet exemple car le traitement sanitaire par la métropole des départements d’outre mer est complètement bien loin de la réalité épidémiologique. Les gens crèvent en forêt, mais c’est pas très grave. sans compter toutes les maladies diverses et variées, SIDA, dengue, etc.

Au delà de tout cela, la communication semble devenir une alternative à la démocratie, tuant dans l’œuf le débat d’idée avant qu’il n’ait lieu. Définir plus précisément ce qui devrait relever du principe de précaution, du choix de l’utilisation des deniers publics dans l’accompagnement des épidémies, du choix de santé publique qu’on veut, voici des problématiques politiques et scientifiques médicales à la fois. Mais on joue encore sur l’opinion, c’est à dire sur l’émotion et, dans ce cas ci, sur la peur. Le saviez-vous ? La présidence a consomme en 2008 134 études d’opinion. Un choix tous les cinq ans, par contre.

Également entendu sur France Inter ce matin : 13 morts dont 40 % qui n’avaient pas d’autre problème médical connu. 13 est un échantillon peut être un peu faible pour faire des statistiques. 40% (soit 5,2 individus) n’avaient pas de problème médical connu. Voici une statistique précise dont on peut être fier : nos experts scientifiques et en communication sont vraiment des génies.


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