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Crise économique : Moral des Salariés en berne et MEDEF toujours à la recherche des temps nouveaux

Publié le 08 septembre 2009 par Slovar
Crise économique : Moral des Salariés en berne et MEDEF toujours à la recherche des temps nouveauxIl ne fait décidément pas bon être salarié depuis le début de la crise financière qui s'est transformée en crise économique avec un chômage dont nul ne sait jusqu'où il peut aller :
" ... / ... Au deuxième trimestre, le chômage s'est établi en moyenne à 9,5 %, DOM compris, et à 9,1 % sur la seule France métropolitaine, soit près de 2,6 millions de personnes. Il faut remonter début 2006 pour retrouver une aussi mauvaise performance. En trois mois, la hausse est particulièrement importante, puisqu'elle représente 0,6 point. Seule - relative - bonne nouvelle : le taux de chômage au premier trimestre a été révisé à la baisse, à 8,5 % en métropole au lieu de 8,7 %. Les jeunes paient toujours un lourd tribut à la crise. Le taux de chômage des 15-24 ans a en effet atteint 23,9 % d'avril à juin. C'est sur ce public qu'il a le plus progressé, sur un trimestre comme sur un an, (respectivement + 1,6 point et + 5,2 points) ... / ... " - Source Les Echos
Chiffres qui continuent à progresser compte tenu des très nombreux plans sociaux, licenciements individuels et depuis peu "grace" à la rupture du contrat de travail par consentement mutuel qui est en passe de devenir le meilleur "outil" pour se séparer de salariés tout en chargeant la barque de l'UNEDIC
" ... / ... Ainsi, entre août 2008 et juin 2009, les Directions départementales du travail (DDT) ont eu à traiter 142.477 demandes d’homologation de rupture conventionnelles. Et, les chiffres de la Dares montrent que le nombre de demandes croît de mois en mois. Au cours du seul mois de juin 2009, ce sont plus de 20.000 demandes d’homologation qui ont été enregistrées. Sur les 142.477 demandes d’homologation reçues, 111.670 ont été homologuées. Entre les demandes déclarées irrecevables et les demandes refusées, le taux de refus s’élève à plus de 20 % ... / ... " - Source Net PME
Même si Hervé Novelli continue de pavoiser avec son statut d'auto-entrepreneur , il ne faut pas oublier que celui-ci est un parfait trompe l'oeil : " ... / ... Depuis le 1er janvier en effet, tout salarié, retraité, étudiant, chômeur peut arrondir ses fins de mois en développant une activité complémentaire grâce au nouveau statut d'auto-entrepreneur. Nouveau statut certes, mais surtout réaménagement d'un régime simplifié de micro-entreprise, l'auto-entrepreneur ne cesse de rassembler et diviser. Les prochains remaniements du statut prévus pour la rentrée parlementaire continueront à alimenter le flux d'informations pour les futurs créateurs d'entreprises". - Source Création entreprise
Car comme expliqué plus haut, si ce statut convient bien à : "tout salarié, retraité, étudiant, chômeur qui veut arrondir ses fins de mois " il ne résout pas le problème de plus de 2,6 millions de personnes sans emploi
Des responsables politiques aux nombreux experts, chacun propose sa ou ses solutions. Les seuls que personne n'interroge, bien qu'ils soient les premiers concernés, ce sont justement les salariés des entreprises . Et pourtant, sans salarié, que deviendraient les entreprises ! Car, faire réussir une entreprise, pour son ou ses dirigeants, c'est avant tout, avoir des "troupes" efficaces, motivées et confiante dans l'avenir.
Or, les propos de Christine Lagarde, tenus à fin août, n'ont absolument rien de rassurant, surtout lorsqu'on qu'elle déclare :
" ... / ... nous avons préparé treize fiches pour apporter des réponses pratiques aux chômeurs, aux salariés et aux employeurs, selon leur situation ... / ... Nous devons soutenir la montée en puissance de certains outils comme l'apprentissage ou la convention de reclassement personnalisé (CRP). Ces fiches détaillent de manière pédagogique à qui la mesure s'adresse, les avantages et comment cela marche, en prenant des cas types. Par exemple, on explique comment Anne-Marie, une salariée de 48 ans qui travaille dans une entreprise de transformation de saumon, peut bénéficier d'une CRP à la suite d'un licenciement économique. Cela lui permettra de suivre une formation pour se reconvertir dans un autre métier - en l'occurrence travailler avec des personnes âgées - grâce à l'obtention d'un diplôme d'Etat d'auxiliaire de vie sociale. Les fiches pourront être consultées sur le site Internet du ministère et sur celui de Pôle emploi, et elles seront distribuées dans les chambres des métiers, les maisons pour l'emploi, etc." - Source 20Minutes
Dérisoire lorsque, si on en croît Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), on apprend que "la montée du chômage va se poursuivre dans les pays développés en 2010 et en 2011" !
Quant à ceux qui ont encore un emploi, si en 2008, on pouvait lire : "... / ... On note une montée en puissance de la résistance passive des salariés, qui préfèrent lever le pied et se désengager de l'entreprise plutôt qu'agir. Ce qui peut présenter à terme un risque pour la compétitivité », commente Annick Allégret, directrice de l'unité management chez Cegos. Quant à leur avenir, les salariés ne semblent pas l'envisager avec beaucoup d'optimisme. Un salarié sur deux déclare avoir confiance dans celui de son entreprise. Les trois quarts d'entre eux faisant également part de leur insatisfaction quant à leurs perspectives d'évolution en interne ... / ... " Source 20Minutes
Quel est leur état d'esprit en 2009 ?
Le site Juritravail, en collaboration avec le site Monster, a réalisé une enquête très complète sur sur le moral des salariés français portant sur plusieurs trimestres de 2009. Les résultats du troisième trimestre 2009 ( 20 pages de chiffres et graphiques) est disponible et présenté en ligne sur leur site.
Nous vous en donnons quelques extraits ci-dessous :
Les conclusions de l'Enquête Juritravail / Monster sur le moral des salariés en France du troisième trimestre sont disponibles. 10 961 salariés ont répondu ... / ... Enquête menée en ligne sur le site www.juritravail.com auprès de 10.961 salariés du 20 mai au 17 juillet 2009.
Synthèse : Une baisse de moral significative des salariés au troisième trimestre 2009.
Alors qu'au deuxième Trimestre 2009 le moral des salariés du secteur privé remontait, l'indice du Troisième trimestre enregistre une baisse significative de 1,16 point et atteint 43,13 (sur une base de 100).
- Les hommes ont moins bon moral
Bien que les femmes aient toujours moins le moral que les hommes (42,97 contre 43,28), ces derniers montrent plus de signes d'inquiétude au troisième trimestre, notamment face à la garantie de leur emploi où l'on constate une baisse de l'indice de 1,34 point (de 45,66 à 44,32).
Crise économique : Moral des Salariés en berne et MEDEF toujours à la recherche des temps nouveauxSchéma publié sur le site Juritravail

- Les salariés entre 30 et 50 ans de plus en plus inquiets

Habituellement le moral des jeunes salariés était meilleur que celui de leurs aînés. Or au troisième trimestre, le moral des salariés entre 30 et 50 ans rejoint celui des plus de 50 ans creusant ainsi l'écart entre les moins de 30 ans (44,79) et les plus de trente ans (42,73).
Cette baisse de moral des 30/50 ans est encore plus notable chez les professions intermédiaires (techniciens et agents de maîtrise) qui perdent plus de 2 points de confiance par rapport au deuxième trimestre (42,25).
- L'ensemble des catégories socioprofessionnelles concernées par la baisse de confiance
Les cadres et les ouvriers enregistrent chacun une baisse semblable de 1,40 point maintenant ainsi l'écart de plus de 5 points entre les deux (45,15 pour les cadres contre 39,64 pour les ouvriers).
- Les salariés de l'Est et du Sud Ouest font grise mine
Aucune région n'est épargnée par la baisse de moral du troisième trimestre y compris l'Ile de France qui enregistre habituellement l'indice le plus élevé.
Les régions du Sud Ouest et de l'Est (42,8 et 41,53) marquent le pas en perdant plus de 2 points de confiance positionnant ainsi la seconde parmi les régions les plus pessimistes (avec le Nord).
Une dégradation du climat social
La baisse de moral la plus notable concerne la confiance des salariés dans la garantie de leur emploi. L’indice de confiance dans l’emploi a en effet baissé pour les salariés entre 30 et 50 ans (43,96 sur une échelle de 100, - 1,77 point), ainsi que pour les ouvriers (40,68, -1,75 point).
Les salariés avouent une dégradation de leurs conditions de travail par rapport au deuxième trimestre 2009 : 55 % sont insatisfaits (+ 5 points). Le stress au travail ne cesse d’augmenter : 74% des salariés (+ 3 points) disent subir un stress dans l’exercice de leurs fonctions et, parmi eux, les femmes devancent toujours les hommes (76 % contre 72 %). Enfin lorsque les salariés sont interrogés sur leur état d’esprit au troisième trimestre, les termes de découragement et de résignation remontent (40 %, + 4 points) pour talonner ceux de la motivation et de l’implication (45 %, - 4 points).
Une question de salaire
Au troisième trimestre, plus des 3/4 des salariés n’approuvent pas leur rémunération et déclarent ne pas être payés à leur juste valeur, 76 % au lieu de 74 % au deuxième trimestre. Ils sont toujours plus nombreux parmi les cadres (62 %, + 2 points) et parmi les ouvriers (85 %, + 3 points). Les salariés entre 30 et 50 ans affichent également un malaise grandissant face à leur rémunération (l’indice de confiance tombe à 35,75 sur une échelle de 100). Quant aux perspectives sur les douze prochains mois, l’inquiétude demeure : 87 % des salariés pensent que leurs revenus vont au mieux rester stables, au pire, diminuer. - Source FocusRH
Télécharger l'enquête au format PDF
Consultez également
les résultats du 1er trimestre 2009
les résultats du 2ème trimestre 2009
Participer à la prochaine enquête du quatrième trimestre 2009
Dans le même temps, le MEDEF qui tenait son université d'été continuait à discourir sans même prendre le temps de discuter de l'emploi comme l'expliquent des patrons de PME ( article paru sur le site du journal Le Point ) :
"L'université d'été du Medef, c'est le divertissement pascalien. Les trois quarts des patrons ont la trouille, mais on vous occupe l'esprit avec des réflexions générales pour vous éviter les pensées les plus sombres..."
"Le changement de ton est brutal. L'année dernière, on nous vantait les mérites des technologies derniers cris. Cette fois, de grands problèmes ont été soulevés et souvent survolés. Du coup, l'impression de flottement est palpable. Le sentiment qui domine, c'est que personne ne sait trop quoi penser."
"Ce qui nous préoccupe au quotidien n'a que très peu été évoqué, renchérit Michel Le Tallec, patron d'une fédération industrielle. Mais est-ce le lieu approprié pour traiter des problèmes concrets ? J'aurais quand même aimé plus d'expertise et de conseils sur les moyens de circonscrire la crise. Le diagnostic est dressé. Les solutions ne sont pas encore là."
"La plupart des banques et des grandes entreprises ont été restructurées. Ça va pour elles, merci. Mais les PME, dépendantes de ces grandes entreprises, ont été la variable d'ajustement, elles ont amorti les charges de la crise"
Et le Point de constater : " Internet, industrie, éthique, transports, dette, ONG, etc. : les thèmes de discussion de l'université d'été ont ratissé large et beaucoup mordu sur les plates-bandes sociétales. Mais en trois jours, aucun débat n'a été consacré à l'emploi "
Pourtant, lors de l'université d'été, un des intervenants a souhaité indiquer son sentiment sur la situation actuelle et même proposer des solutions. Il : "... / ... a fait le procès du capitalisme financier, du dogme absolu du marché, du libre échangisme, du libéralisme et de "la loi de la jungle, où ceux qui doivent crever, crèvent". "C'est un système qui n'a plus d'ancrage moral. Ce n'est plus possible, ni tolérable" ... / ... Il a réservé ses flèches aux traders "qui ne produisent pas grand chose et qui s'enrichissent sur l'intelligence des autres, c'est-à dire des entrepreneurs". "Il y a là une forme de racket" ... / ... la gravité de la crise bancaire et financière a "ouvert des failles dans l'opinion publique qui ne se refermeront pas". "L'indécence, a-t-il assuré, ne sera plus supportée car elle n'est plus supportable". Mais il a aussi stigmatisé les libéraux qui refusent de voir dans la crise une crise du capitalisme. "Il faut en finir avec la langue de bois, s'est-il emporté. Il ne s'agit pas d'un débat entre libéraux et anti-libéraux. Nous n'avons pas assisté à une crise des subprimes, c'est l'ensemble du système qui s'est déréglé. Il faut arrêter d'avoir une vision anecdotique de la crise financière" ... / ... la crise que vient de traverser le monde est la conséquence d'une "perversion du capitalisme qui résulte de choix politiques et idéologiques parfaitement assumés à la fin des années 70". Face au capitalisme financier, il défend le capitalisme des entrepreneurs. "Que Bill Gates ai gagné une fortune n'est pas un problème, car il n'a cessé de créer des valeurs pour tout le monde. Alors que les sommes gagnées par les traders ne sont justifiées par rien". La solution ? il l'a esquissé, sans le nommer, le principe d'une taxe carbone à la frontière. "L'Europe ne défend pas assez ses entreprises", a-t-il conclu. - Source Le Monde
A la lecture d'un tel plaidoyer, vous vous dites qu'il doit s'agir probablement d'un extrait de l'intervention de Laurent Fabius (invité aux journées d'été) ! Et bien non. Dans ce cas, vous vous dites que c'est dommage que Nicolas Sarkozy ne prenne pas plus souvent conseil auprès de cet oracle ! Et bien sachez qu'il le voit pourtant tous les jours puisque ces propos sont de son conseiller spécial : Henri Guaino.
Et oui, après : les évocations d'Hugo, Jaurès, Blum et Guy Môquet, "Ensemble tout est possible" est de retour .... pauvre de nous !
Crédit et copyright dessin
JIHO
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