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Pollution : L'Afsset s'inquiète des effets nocifs du dioxyde d'azote (NO2) des véhicules diesels sur la santé

Publié le 08 septembre 2009 par Bioaddict @bioaddict

Pollution : L'Afsset s'inquiète des effets nocifs du dioxyde d'azote (NO2) des véhicules diesels sur la santé

Pollution : Les effets nocifs du dioxyde d'azote (NO2)

A fortes concentrations, le dioxyde d'azote (NO2) émis par les véhicules diesels engendre des problèmes sanitaires en zone de trafic dans les agglomérations. L'Afsset recommande donc un renforcement de la réglementation et des mesures pour contrer ces émissions de NO2.
En plus de contribuer à la formation d'autres polluants comme l'ozone et particules secondaires, le NO2 est un irritant respiratoire, typique de la pollution due au trafic routier. Ce trafic fait qu'il ne diminue pas depuis le milieu des années 90. Seulement le dioxyde d'azote continue de poser des problèmes sanitaires en agglomération (exacerbation de l'asthme, irritations respiratoires...).

" C'est un gaz oxydant puissant, qui pénètre facilement dans les poumons. A des concentrations dépassant 200 μg/m3 sur de courtes périodes, il provoque des irritations et des inflammations de l'appareil respiratoire et une augmentation de l'hyperréactivité bronchique chez les asthmatiques ", indique l'Afsset, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, dans un communiqué.

Le NO2 est soumis à un dispositif d'information et d'alerte en cas de pics de pollution (niveau d'information : 200 μg/m3 sur une heure ; niveau d'alerte : 400 μg/m3 sur une heure).
Dans l'air ambiant, les niveaux de NO2 ont eu tendance à stagner ou augmenter en proximité du trafic automobile depuis le milieu des années 1990. Mais au sein de grandes agglomérations comme Paris, Lyon Marseille, Grenoble ou encore Rouen, la valeur limite annuelle (40 μg/m3) n'est pas actuellement respectée sur de nombreux sites trafic.

" C'est actuellement essentiellement dans le flux de circulation en agglomération et notamment à l'intérieur de l'habitacle de véhicules que des niveaux de NO2 les plus importants sont relevés (de 100 à plus de 500 μg/m3). Ces niveaux peuvent tout à fait induire des effets toxiques sur le système respiratoire, en particulier pour les populations sensibles (asthmatiques notamment). "

Renforcer la réglementation

" La réglementation européenne " EURO " sur les émissions des véhicules a pris du retard sur la maîtrise des émissions de NO2. Elle a fait une priorité de la lutte contre les polluants organiques et les particules. Elle fixe ainsi des contraintes sur les émissions de particules pour les véhicules diesel qui entraîneront une généralisation des filtres à particules dans les années à venir. En contrepartie, elle a négligé le NO2, qui n'est aujourd'hui comptabilisé qu'au sein d'un agrégat, les oxydes d'azote (NOx) ", souligne l'Afsset.

Selon les scénarios étudiés par l'Afsset, si rien n'est fait, l'application des normes EURO successives sur les émissions des véhicules ne produira pas d'effet significatif sur ce polluant d'ici à 2014 (entrée en vigueur d'EURO VI et EURO 6). Il faudra attendre 2014 et la sixième génération de norme EURO avec de nouvelles réductions à l'émission sur plusieurs polluants (hydrocarbures et NOx notamment) pour envisager de premiers effets bénéfiques.

Comment éviter ces émissions de NO2 par les véhicules diesel ?

L'Afsset recommande de prendre un certain nombre de mesures :

- Retenir systématiquement le NO2 comme critère dans toutes les nouvelles réglementations sur les émissions de véhicules routiers, et non plus seulement l'agrégat " NOx totaux ". Le NO2 devrait être mesuré lors des tests sur les véhicules neufs (cycles d'homologation) et de le retenir comme un des critères de choix pour évaluer les performances des technologies moteur et de post traitement des émissions. En particulier, certains filtres à particules accroissent les émissions de NO2 ; les technologies de ces filtres évoluant rapidement, seules les plus performantes vis à vis du NO2 doivent être retenues par les industriels.

- Ne retenir que les filtres à particules les moins émissifs de NO2 lorsqu'ils sont installés sur les flottes captives de véhicules (bus, véhicules utilitaires, taxis...). Le nouveau " deuxième plan national santé environnement " encourage la mise en place de filtres à particules, par exemple sur des flottes captives. L'Afsset recommande de retenir le critère NO2 pour le choix des technologies de filtres.

- Mettre en place un dispositif d'évaluation de l'efficacité des technologies de contrôle des émissions diesel. Ce dispositif prendrait notamment en compte la réduction des particules, la réduction des NOx, la limitation des émissions de NO2 et la résistance dans le temps des performances des technologies.

- Renforcer les connaissances dans le domaine de la toxicologie des émissions des véhicules diesels équipés de dispositifs de post-traitement. En particulier, il est préconisé de renforcer les travaux sur la toxicité des émissions considérées dans leur globalité (aérosols émis comprenant les phases gazeuse et particulaire).

Consultez l'avis et le rapport de l'Afsset

Sources: Afsset, Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail


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