Magazine Journal intime

92.4

Par Crapulax

cabanonToujours aux Baléares…. depuis 3 semaines déjà. A se demander si on va parvenir à en décoller. A mon sens, on peut y passer au moins trois mois. Bonne brise bon plein sous spi pour les 45 milles entre Majorque et Minorque avalés à presque 7 nœuds de moyenne. Le vent est de la partie chaque jour depuis et, même au près serré systématiquement, en tirant des bords, il nous assure des transitions rapides et agréables. Cette fois-ci, nous choisissions plutôt l’est festif que l’ouest sauvage. Malgré ma legere tendance à la misanthropie, je me laisse influencer par BY et les recommandations de l’édition espagnole de Elle «special Ibiza». Le reflux des cong’ pay’ qui s’en retournent à leur labeur est net.beach_bar Aussi, même si nous relachons encore dans quelques mouillages déserts, je rechigne moins désormais à pointer l’étrave vers des zones plus hype et frequentees.

L’arrière saison est délicieuse. La lumière rasante des fins de journée se prolonge, les belles calas et plages probablement bondées il y a encore peu sont désormais clairsemées et les beach clubs comme seuls les espagnols en ont le secret brillent de leurs derniers feux. Juste assez de monde pour l’ambiance, pas trop pour risquer la noyade anonyme.

A Cala Talamanca, le mouillage à proximité de la ville d’Ibiza, nous rencontrons Norbert, skipper, broker et bidouilleur marin en tout genre qui vit sur son bateau et revient de 3 ans de virée avec femme et enfant. Avec ses amis, il sort BY pour une tournée nocturne d’Ibiza. Je suis de garde cette fois-ci d’autant qu’un coup de vent est annoncé pour la nuit et que nous sommes mal orientés.

affiche
Je préfère rester sur le bateau et biper Norbert dans le cas où ça se gâterait pour son cata aussi. Je suis content de revoir BY revenir saine et sauve vers les 6h du mat’, après avoir vaillamment passé en annexe les déferlantes qui déboulent régulièrement depuis le milieu de la nuit sur les hauts fonds malsains où nous avons mouillé. Il est plus que temps de dégager. Seule option rapide: Formentera, l’île babos la plus sud de l’archipel où je n’avais pas initialement prévu de m’arrêter. Ça aurait été dommage….

Pas trop envie de traîner avec cette houle qui grossit et qui deviendra franchement mauvaise au passage de Freu Grande par moins de 6m d’eau entre les cailloux. Je maintiens Galapiat surtoilé avec un seul ris dans la GV et génois pas assez réduit. Malgré ses deux heures de sommeil, BY, à la barre, sourit dans ces conditions, lorsque Galapiat se met à surfer, que des vagues traitres claquent contre le franc bord, nous trempent et que le loch s’affole. J’aime ces moments. Les kids se racontent des histoires dans leur cabine. Thao gerbe juste un peu son chocolat du matin mais ne se plaint pas plus que ça. De vrais petits marins.

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Le danger a eu aussi raison du coma de Norbert et, sans avoir eu le temps de nous consulter, nous avons le plaisir de le voir arriver pour se protéger comme nous à Espalmador. Il est notre hôte ce soir là. Ultra social, il connait un peu tout le monde et à peu près partout dans le monde. Le lendemain, après les curieux bains de boue sulfureux déserts d’Espalmador, un poil plus au sud, Norbert donne une fête sur son cata, excellente. Thao et Ewen dorment sur Galapiat à 30m de nous, fermé à clef. Parents indignes? Bah!
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Les autres convives sont de bons cas sociaux avec lesquels nous accrochons immédiatement. Didier et Karine, ex-architectes bruxellois ont tout quitté il y a 20 ans pour s’installer à Formentera et, pragmatiques, se lqncer dqns un business juteux de laverie. Ils doivent partir d’ici peu sur leur bateau pour un programme similaire au nôtre; Manu, skipper pro est charmant et doux. Il a navigué sur à peu près tous les bateaux et, à peu près partout. Il nous donne des tuyaux de première main sur les pays où nous comptons poursuivre notre périple, Brésil et Sénégal en particulier où il habite pendant une bonne partie de l’année Un autre couple de retour de voyage remet ses finances à flot en louant une fortune leur élégant Cata à la semaine.

Sans grande surprise finalement, l’intermède estival tirant à sa fin, nous commençons à faire de vraies bonnes rencontres de voyage. En me réveillant brumeux ce matin, j’étais déterminé à profiter de ce bon flux NE pour attaquer efficacement les 400 milles qui nous séparent de Gibraltar mais, ce midi au restau avec nos comparses, Didier et Karine nous ont fermement invités à un barbecue dans leur finca qui, aux dires de Norbert, est merveilleuse et a le bon goût de se trouver au pied d’un mouillage fantastique. Ok, Ok. Après tout, si comme me l’écrit Philippe de Zéro, qui navigue en ce moment dans les lochs écossais dans son dernier message, Gibraltar est «sale et bruyant», elle nous attendra un peu plus.

Dans la série «le monde est petit», je croise aussi aujourd’hui sur le port Fernando, avec qui j’avais passé cette semaine si improbable au Panama pour voir, tester et finalement acheter Galapiat. J’avais même pensé le prendre comme équipier pour la transat retour, ça collait avec ses projets, mais son caractère imprévisible et la perspective de le fouiller à l’embarquement pour m’assurer qu’il ne cacherait pas quelques kilos de coke dans les fonds m’avait dissuadé. Il travaille actuellement avec Manu et je suis sûr que nous nous recroiserons encore vers la Colombie ou les San Blas.

Ce soir, calmos sur le bateau, juste avec de l’excellente techno d’Ibiza que distille en continue 92.4. Aux abords des Baléares lors de la transat de l’année dernière, en écoutant la bande FM, Jérôme et moi avions été particulièrement frustrés de ne pas nous y arrêter. Aujourd’hui, l’équipage a vraiment beaucoup de mal a en partir…


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