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Coldplay au Parc

Publié le 08 septembre 2009 par Antoine Dubuquoy

005.JPGColdplay au Parc des Princes un soir de septembre où il fait beau. Un soir où le quartier de la Porte de saint-Cloud est encombré comme jamais, par un public plus calme que celui du PSG... Le fan de Coldplay n'est pas un hooligan. On va voir Coldplay en famille, un pull jeté négligemment sur les épaules. On sait qu'il n'y aura pas de baston. Que la fosse sera calme. Que l'on boira de l'eau et un doigt de bière. Que le spectacle sera rodé, lissé, posé, chaque note à sa place, chaque cheveu de Chris Martin bien coiffé.  Qu'il ne dira pas "Goodnight Motherf*ckers"! Qu'on n'aura pas d'acouphènes en sortant. Bonnes perspectives.

Qu'attendre? Un happening? "A la suite d'une altercation en coulisse entre Chris Martin et son épouse, le groupe est dissout, le concert est annulé, la tournée aussi"... Que nenni. Qu'il pète un cable et se montre cul nu sur scène, fouetté par des danseuses en tenue S&M? Pas le genre de la maison. Chez les Martin, on a de la tenue.

Contingence... C'est le mot qui vient à l'esprit de l'analyste quand il évoque Coldplay. Coldplay

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a connu le succès. Sans faire de vagues. Keane aurait pû être encore plus gros. Muse aussi. Une belle pop de luxe. Bien produite, parfois accrocheuse, parfois molle, parfois fade. Une pop dont on se demande ce qu'elle peut donner sur scène. Impros? Le groupe peut-il, sait-il sortir des rails? Assurer autre chose que le service après-vente de Viva la Vida? Contingence. Ils ont connu le succès dès le début. Impossible de l'expliquer rationnellement. A l'écoute des précédents opus ou de leurs extraits connus? Succès, pur fruit du hasard. Le groupe rassurant. Comme ces bordeaux suffisamment boisés pour ressembler à des grands crus. Que trahit une dégustation approfondie. Coldplay, ça se déguste sur le pouce. Comme une joie simple.

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Réécoute ce matin de Viva La Vida. Apprécié en son temps par le chroniqueur  (la preuve icitte). Réécoute agréable. Diversité des climats. Belle production de Brian Eno qui a donné une âme au groupe. Rien à dire. Comment se fait-il que cette production léchée passe mal en live? La faute à une acoustique approximative. Les tribunes du Parc des Princes ne sont pas l'arène idéale. Est-ce la structure en béton? Est-ce la configuration des lieux. La basse gronde, énorme, brouillée. Ronflement qui couvre clavier et voix. Perturbé uniquement par les beat, très synthétique. Chris Martin court, se déchaîne. Parle trois mots de français. La voix est courte, à la limite de la justesse. Manque d'ampleur. Coldplay occupe l'espace avec le lightshow, lasers, écrans géants, ballons et confettis jusqu'au feu d'artifice final. Un moment de proximité avant les rappels. Une séquence acoustique sur une petite scène en fond de stade. Au milieu de la foule. Reprise de Billie Jean, hommage à MJ... Ola de fans le portable à la main... A propos de ola... Etonnant phénomène... Tu mets des mecs dans une arène sportive... Au bout d'un quart d'heure, ils font la ola... Spontanément. Autre moment bref... Chris Martin joue du Satie, un extrait des Gymnopédies. Fait une fausse note. Dit "F*ck!". Il devient humain. Reprend son morceau. Il s'est lâché, l'espace d'un instant.

Enjoy!


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