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un vrai par(t)i de gauche…

Publié le 09 septembre 2009 par Mister Gdec
… qui ne dérape pas vers la droite… comme sur l’image !

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Une déclaration du Parti de Gauche

Mardi, 08 Septembre 2009 15:35 Secrétariat National du PG E-mail Imprimer PDF

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L’université d’été du Modem et les commentaires qu’elle a suscité au Parti Socialiste ont accentué un peu plus ce week-end le glissement des socialistes vers le Centre. Certes, des divergences sont évoquées de part et d’autres mais la discussion s’organise de fait sur les conditions qui permettraient cette nouvelle alliance. La formation d’un camp de «l’alternance» proposé par François Bayrou et les primaires qui ont été au cœur des propositions du Parti socialiste en cette rentrée dessinent un paysage inquiétant pour toute la gauche : celui de sa disparition au profit d’une «opposition» réunie contre un épouvantail commun, Nicolas Sarkozy, mais incapable de proposer un programme alternatif à la politique de la droite. Cette construction politique, on en connait l’issue: la victoire pérenne, électorale et idéologique, de la droite. La situation en Italie le prouve amplement.

Le Parti de Gauche veut construire un autre avenir pour la gauche et pour la France. C’est la raison pour laquelle, dès notre création, nous avons mis en place le Front de Gauche avec le PCF afin de proposer les contours d’un autre projet à gauche. Même incomplète, cette alliance de l’autre gauche a prouvé sa pertinence lors des élections européennes. A l’heure où le PS et ses possibles alliés centristes ainsi qu’Europe Ecologie se projettent jusqu’aux élections nationales de 2012, le Front de Gauche se doit de proposer un débouché politique à la hauteur des enjeux. C’est le sens de notre proposition de «paquet»: l’engagement à s’unir pour les élections régionales, présidentielles et législatives, de toutes les forces désireuses de construire une alternative politique à vocation majoritaire en rupture avec les logiques capitalistes et les modèles productivistes. L’annonce de la construction dans la durée d’un tel rassemblement politique au service du changement serait un encouragement décisif à la bataille politique contre la droite ainsi qu’un formidable soutien aux mobilisations sociales qui la contestent.

A quelques jours du grand rendez-vous que sera la Fête de l’Humanité, nous saisissons nos partenaires de cette proposition. Elle est l’horizon naturel d’un Front de gauche qui ne demande qu’à s’élargir aux forces politiques qui adhéreraient à ce projet. Il ne peut donc inclure le Parti socialiste dont les récentes déclarations de ses dirigeants indiquent au contraire qu’ils choisissent une autre alliance et donc le programme qui va avec. L’objectif du Front de Gauche depuis sa création est toujours aussi pertinent: contester le leadership social-démocrate à gauche parce que c’est le seul moyen de transformer la gauche et donc de battre la droite. Il appartient au suffrage universel, à tous les électeurs de gauche, y compris ceux du PS qui ne se résignent pas à cette opposition molle et sans contours, de trancher entre deux lignes aussi clairement différentes. Nous voulons permettre ce choix tout en rappelant qu’au second tour nous ferons toujours le nécessaire pour battre la droite que ce soit sous forme d’alliance ou de désistement.

Parce qu’il travaille à proposer une alternative cohérente, gouvernementale et majoritaire au pays, le Front de Gauche ne peut se décliner au pluriel ni être à géométrie variable selon les élections. C’est une discussion que nous avons avec notre allié privilégié qu’est le PCF. Engager le Front de gauche dans des «ateliers d’élaboration» qui laisserait supposer que son périmètre peut inclure le PS serait source de confusion et d’illusion. Nous ne changerons pas la gauche ni le PS dans un colloque, mais dans une bataille politique, sociale et électorale permettant de bouleverser les rapports de force. Si nous avons à craindre un reproche de notre peuple ce n’est pas de manquer de propositions concrètes. Les propositions de loi déposées par parlementaires du PG et du PCF montrent en effet que nous n’en sommes pas démunis. Il nous est plutôt reproché de ne pas avoir de stratégie lisible dans la durée. Il nous serait reproché de ne pas savoir lier solidement et durablement projet, campagnes de mobilisations et batailles électorales.

Nous proposons donc de donner toute sa cohérence au Front de Gauche en l’installant dans la durée jusqu’en 2012. Un comité de liaison permanent du Front de Gauche pourrait travailler dès maintenant sur cette voie. Il aurait également pour rôle d’engager des campagnes d’urgences tout d’abord autour des trois propositions de lois déposées par nos parlementaires pour les salaires et l’ensemble des revenus, pour l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui versent des dividendes aux actionnaires, pour la défense et le développement des services publics; sur les convergences nécessaires à construire pour le droit et le financement des retraites dès l’âge de 60 ans et enfin pour la préparation du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique.

Enfin, dans ce cadre nous pensons utile que le Front de Gauche travaille à l’élaboration d’un projet alternatif. Des ateliers qui seraient conçus dans l’esprit du forum débat organisé par le front de Gauche à la Mutualité le 3 juillet (« trois heures pour une alternative de gauche ») permettraient d’associer l’ensemble des citoyennes et des citoyens qui le souhaitent à cette construction : syndicalistes, responsables associatifs, personnalités du monde de la création et de la recherche. Le Front de Gauche se doterait alors d’une plate-forme partagée,qu’il pourrait confronter à des débats publics avec les autres partis de gauche dont, le moment venu, le Parti Socialiste.

A présent, les élections régionales constituent un rendez-vous incontournable. Les choix du Front de Gauche dans cette élection doivent être cohérents avec la méthode qu’il propose pour construire une alternative au plan national.

Nous réaffirmons sur ce point la stratégie qui a déjà été si fructueuse pour le Front de gauche. Nous proposons un accord national qui porterait sur des listes autonomes au premier tour, dotées d’une ambition majoritaire pour les mesures de rupture qu’elles présenteraient, s’engageant à une fusion démocratique avec les autres listes de gauche pour battre la droite au 2èmetour et visant une participation conditionnelle aux exécutifs en fonction du contenu et du rapport de force d’une part et des accords du PS avec le Modem d’autre part.

Cette proposition concerne en premier lieu les forces qui composent aujourd’hui le Front de Gauche, celles qui souhaiteraient s’y associer mais aussi les partis de l’autre gauche qui voudraient une alliance sur cette base pour les Régionales. Évidemment cette proposition s’adresse au NPA que nous refusons de traiter en adversaire et d’ostraciser comme le font les dirigeants socialistes. A ceux-là, nous proposons dès maintenant de mettre sur pied le groupe de travail qui aurait pour rôle premier de travailler à un programme d’alternative à gauche pour les Régionales.

Tel est l’ensemble des propositions dont nous allons discuter d’ici la Fête de l’Humanité avec le PCF et la Gauche Unitaire et que nous mettrons en débat pendant la Fête avec tous les partenaires potentiels d’une telle stratégie.

Paris le 8 septembre

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