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A la santé de Tahiti !

Publié le 20 septembre 2009 par Argoul

Un fort intéressant article dans le numéro d’août de Tahiti Pacifique : « Les médecins du privé, des « Nantis » ? Il est interdit de se pencher au bord du gouffre de la CPS (Caisse de Prévoyance sociale de Polynésie), 8 milliards de FCP (francs pacifique) en 2009 (954 000€). Les généralistes libéraux sont accusés de creuser le déficit, il faut bien que quelqu’un soit responsable ! Le coût moyen par an par patient est de 14 172FCP (119€) et 36 393FCP (305€) pour un patient en Longue maladie. Chaque médecin toucherait selon les calculs d’un syndicat de la place 1,3 millions FCP mensuels bruts (10 894€). Un petit malin pense avoir trouvé la solution en faisant recotiser les popa’a qui cotisent déjà à la Sécurité sociale française et pour lesquels la CPS demande remboursement des frais médicaux engagés ici en Polynésie auprès des caisses françaises (Militaire, MGEN, CNAM, etc.).

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Il faut savoir aussi que les 600 employés de cette même CPS encaissent un salaire mensuel moyen (femmes de ménage inclues) qui dépasse les 600 000 FCP (5 000€), toutes prescriptions de santé remboursées à 100%, voyage payé tous les 3 ans avec la famille en Métropole. Le trou… voyons le trou il est où ? Qui va le boucher ? Avec quoi ? Ayant été attaqués de toutes parts par la CPS, par certains syndicats, par quelques politiciens, les médecins contrattaquent. Normal, non ? Je vais attendre les réponses des attaquants, des réponses chiffrées (et motivées s.v.p.) pour compléter ces infos.Même Rapa (dans les Australes) est frappée par l’épidémie de grippe. Là-bas ils sont à 1500 km de Papeete, n’ont pas d’aéroport, ne reçoivent la goélette qu’une fois tous les deux mois…

Les enfants sont contents, on a fermé plusieurs classes, et parfois toute une école, cela prolonge leurs grandes vacances ! C’est la faute à qui ? À l’Etat, au Pei, à pas de chance, à l’hiver austral. Il va falloir trouver un responsable quand même. Il y aurait 3 décès suite à la grippe A : un bébé et deux jeunes femmes qui auraient souffert de facteurs aggravants. Il y aurait 10 000 personnes atteintes de cette grippe ici. Un renfort de médecins et d’infirmiers est attendu en ce début de dernière semaine d’août.

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Nini s’en est allée. Après plusieurs mois de souffrance nous l’avons accompagnée au cimetière de la Pointe des Pêcheurs, en bordure d’océan. Nini, handicapée de naissance, ne parlait pas, émettait quelques sons que les siens interprétaient. J’avais pour habitude quand j’arrivais dans le fare de Ma. de l’appeler :- Nini, vient dire bonjour à la Popa’a ! Elle venait toujours m’offrir sa joue et me faire un sourire.

Ici, en Polynésie il faut vite enterrer les morts à cause de la chaleur. E. m’a appelée pour m’apprendre la nouvelle et m’inviter à me joindre à la cérémonie. A Tahiti, la couleur du deuil est le blanc. Prévoyant le très prochain départ de Nini, la maison avait été briquée, les rideaux blancs installés partout. La veille de l’inhumation, le corps avait été ramené, embaumé, dans la maison familiale, posé sur un « lit réfrigéré », recouvert d’un magnifique drap de dentelle blanc, entouré de couronnes et bouquets de fleurs. Une chorale de l’église adventiste était venue chanter pour Nini, une autre chorale de l’église catholique avait pris la suite. Les participants ont prié. Certains ont veillé.

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Samedi 15 août, à la mise en bière, c’est le clash ! L’une des sœurs de Nini, qui ne s’est jamais occupée d’elle, se jette sur le cercueil en criant « ma sœur, je veux que tu restes, je ne te laisserai pas partir ! » Les croque-morts sont atterrés. Je n’en reviens pas. Il flotte sur l’assistance un malaise indéniable. Je connais bien la famille proche. Ma. réagit très vite en dépêchant son frère calmer les ardeurs de la sœur. Elle aura droit à une sérieuse réprimande, la cérémonie terminée. Pour le moment on continue. L’office est mené par deux pasteurs adventistes, encore des chants (magnifiques). Les gens de la famille proche, les connaissances, tous sont en blanc. Certains hommes sont en short, en savates, mais ils portent tous une chemise blanche. Les femmes sont en robe de dentelle blanche pour la plupart, sinon jupe noire et corsage blanc. Une longue file de voitures s’est formée derrière le corbillard. Les Mutoi bloquent la circulation des autres véhicules. Au cimetière ce sont les hommes de la famille qui portent le cercueil et le mettent en terre. Les pasteurs ont lu quelques passages du nouveau Testament, la chorale a entamé plusieurs chants, une ou deux personnes ont parlé. Puis nous avons jeté une fleur, d’autres une poignée de sable noir dans la tombe, les vagues du spot de surf sont venues s’écraser sur les pierres noires… nana Nini.E. me dit : « Le cercueil était léger m’ont dit les porteurs, c’est bon signe. - Ah ?. – Cela veut dire, chez nous Polynésiens, que Nini est bien « partie » et qu’elle ne reviendra pas. – Et si le cercueil avait-été lourd ? – Alors là, ce serait très mauvais signe ! Cela signifierait que la personne ne veut pas partir et qu’elle viendra créer des ennuis. – Nini avait perdu quarante kilos, elle était donc légère.– Ah non ! Même si la personne pèse 150 kg, le cercueil estléger si elle accepte de partir. – Ok, j’ai compris. – Tu ne nous trouves pas bizarres, nous les Polynésiens ? – Honnêtement, il m’arrive parfois d’avoir des difficultés à assimiler certaines de vos coutumes, mais je les respecte et si tu me les expliques avec tes mots je les comprends. – C’estpour cela que notre famille t’aime beaucoup, même Popa’a tu es des nôtres. »

Sabine

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