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Scoop étrange : les amours révélées de Valéry Giscard d'Estaing avec Lady Diana ?

Publié le 21 septembre 2009 par Sylvainrakotoarison

(dépêches)
Scoop étrange : les amours révélées de Valéry Giscard d'Estaing avec Lady Diana ?
(VGE et Lady Di en 1994)
VGE-Lady Di, le vrai roman de la rentrée
Philippe Cohen - Marianne | Dimanche 20 Septembre 2009 à 18:11 | Lu 13727 fois
Dans un roman à clefs à paraître à la fin du mois, l'ancien président de la République s'apprête à suggérer certains éléments de sa vie privée et notamment une relation très particulière avec Diana dans les années 1980.
Quand un Président rencontre une princesse (dessin: Louison)
Le secret était assez bien gardé. Le livre est bien sûr édité sous X, comme on dit dans le jargon des maisons d'édition, c'est-à-dire que le diffuseur, en l'occurrence Hachette, livre les libraires sans bons de commande, « à la fourchette » de palettes d'ouvrages rendues anonymes, tandis que la presse est tenue à l'écart du processus de promotion du livre, sauf un journal choisi qui publiera les bonnes feuilles.
Le scoop, le voilà : dans ses mémoires à paraître à la fin du mois, co-éditées par de Fallois et Fixot, l’Ex évoque sa love affaire avec Lady Di dans les années 1980. Bien sûr, le passage sur cette croustillante affaire peut toujours être supprimé au dernier moment. Mais Fallois et Fixot misent bien sur ces révélation pour établir leur tirage à 100 000 exemplaires, un tirage tout à fait exceptionnel.
A l’origine, l’auteur ne souhaitait pas être publié par Fixot, maison dirigée par son gendre, ce que l’on peut comprendre compte tenu des révélations sur sa vie privée qu’il se préparait à publier. Mais ce dernier a fait le forcing, et le livre est donc coédité par les deux maisons, de Fallois et Fixot.
 
Bernard de Fallois est l’éditeur du livre. Un vieux monsieur du métier qui revendique l'artisanat, s'affiche comme un farouche défenseur de son indépendance, et ami de Giscard. Bref, il n’est pas le genre à s’épancher devant un journaliste. La discrétion était donc assurée de son côté, même lorsque Marianne a tenté – gentiment – de le harceler.
 
Tout a donc été conçu pour aménager l’effet de surprise, supposé être la clef d'un bon marketing éditorial. Mais l’édition d’un livre et la publication de bonnes feuilles dans la presse, implique de mettre au parfum un nombre tel de personnes qu’elle finit bien souvent par « fuiter ». Et même si Hachette refuse évidemment de confirmer ou d'infirmer cette info, plusieurs informations montrent que le coup se prépare même si on n'en connait pas encore toutes les modalités.
La gestion du scoop doit poser un problème d'une toute autre nature, redoutable, à l’auteur. Certes, en publiant une telle information, il est sûr de damer le pion aux deux autres « papy flingueurs » Balladur et Chirac qui s'apprêtent eux aussi à publier des livres de mémoires (1). Mais si la  communication autour du livre se résumait à une affaire de gaudriole, le prix à payer ne risque-t-il pas d’être trop coûteux ? Que retiendra la postérité de VGE ? L’homme qui a inventé la modernité ? Le libéralisateur de l'avortement ? L'inventeur du droit de vote à 18 ans ? Le premier président à prendre des femmes ministres au gouvernement ?  Le résident noble de l'Elysée, qui petit-déjeune avec des éboueurs ? Telle était en tout cas, l'image qu'il a tentée de donner de lui-même durant des années.
En parlant de Diana, Giscard se donnerait plutôt comme le grand inventeur de la pipolisation élyséenne. Un président-midinette qui doit recourir aux compétences d’un psychanalyste pour affronter l’histoire. Bref, si la promotion du livre tournait autour du cas Diana, elle éviterait à l'Ex de s'expliquer sur des épisodes  autrement plus considérables pour l'Histoire, du fameux scandale des diamants - qui lui a probablement coûté sa réélection en 1981 - à sa rédaction du Traité constitutionnel européen dont l'Union européenne paiera le prix politique durant des années encore.
(1) Le tome 1 des mémoires de Chirac doit paraître en novembre chez NiL, une fililale de Robert Laffont. Quant à Edouard Balladur, il publie jeudi ses « Conversations avec François Mitterrand » chez Fayard.
Actualisation lundi 21 septembre 7h29 : Le Figaro de ce matin, qui a pu se procurer le livre, nous apprend comment Valéry Giscard d'Estaing a tenté de contourner la difficulté d'une exploitation littéraire trop ouverte de sa vie amoureuse : l'Ex l'a fictionnée, romancée. Apparemment bien informé, Etienne de Monthéty s'interroge dans le Figaro sur la nouvelle carrière de romancier de VGE : « Et si c'était vrai ? Cette formule empruntée à Marc Levy traverse le roman, lancinante, indiscrète, tant la relation de ce coup de foudre est précise. Le brio de l'auteur, son habileté dans les descriptions qu'il fait des lieux, des propos et des toilettes sont tels que le récit paraît toucher à la vérité. On y est. Jusqu'à ce qu'il choisisse de s'éloigner du vraisemblable pour plonger dans l'imaginaire .» Une remarque qui confirme - et complète - l'information délivrée par Marianne2 hier.
Les amours romanesques de la princesse et du président
Étienne de Montety
21/09/2009 | Mise à jour : 11:14 | Commentaires  68 | Ajouter à ma sélection
Valéry Giscard d'Estaing et Lady Di à Versailles, en 1994 (capture).
EXCLUSIF - Nous avons lu le prochain roman de Valéry Giscard d'Estaing (Éditions de Fallois-XO). Fiction ou réalité ? Seul l'ancien président de la République a la clé de cette troublante histoire.
 
Aquoi les anciens présidents de la République occupent-ils leurs loisirs ? On sait que le général de Gaulle conversait avec la France, se pénétrant de l'insignifiance des choses, en regardant les étoiles. Valéry Giscard d'Estaing raconte des histoires d'amour. Il montre par là qu'il poursuit l'œuvre de modernisation de la fonction présidentielle commencée en 1974. En 1994, il publiait un roman assez anodin, Le Passage. Son prochain ouvrage (1) devrait faire plus de bruit. Il s'intitule La Princesse et le Président, titre qui dit assez bien le sujet du livre : l'auteur, membre de l'Académie française, met en scène un président de la République au milieu des années 1980 et une princesse britannique fort jolie, très médiatique et malheureuse en ménage.
Tout le monde a désormais en mémoire le début du roman de Madame de La Fayette, La princesse de Clèves : «La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en était pas moins violente.»
Dans le roman de Giscard, le président se nomme aussi Henri, Jacques-Henri Lambertye plus précisément, et l'objet de ses pensées, non pas Diane, c'eût été par trop évident, mais Patricia, prénom qui pour n'être pas princier n'en est pas moins pourvu d'une certaine grâce. Patricia est princesse de Cardiff, «ville située dans le pays de Galles», tient à préciser l'auteur. Leur passion, comme celle des héros de Madame de La Fayette, est également violente.
«Promesse tenue»
Le livre s'ouvre sur une épigraphe intrigante : «Promesse tenue», qui semble signifier que Valéry Giscard d'Estaing s'acquitte là d'une dette, par-delà le temps et peut-être par-delà la mort. Mais envers qui ? À la fin du roman, il écrit : «“Vous m'avez demandé l'autorisation d'écrire votre récit”, me dit-elle. “Je vous la donne ! Mais faites-moi une promesse…”» Il est possible qu'il y ait là une clé.
La rencontre du président Lambertye et de la princesse Patricia a lieu au palais de Buckingham, pendant un dîner officiel de clôture du G7, «le groupe des sept pays les plus industrialisés de la planète qu'un de mes prédécesseurs avait invité pour la première fois en 1975» , note malicieusement l'auteur.
Le président est veuf. La princesse inconsolable : «Une dizaine de jours avant mon mariage, mon futur mari est venu me dire qu'il avait une maîtresse et qu'il était décidé à poursuivre ses relations avec elle après notre mariage.» Elle multiplie donc les aventures sans lendemain et plus sérieusement les engagements dans l'action caritative internationale (enfants sidéens, lutte contre les mines antipersonnel, etc.). À propos de son héroïne, Giscard avoue : «Je lui ai baisé la main, et elle m'a interrogé, ses yeux, maintenant ardoise, agrandis dans son visage, qu'elle tient incliné en avant.» On la voit.
Pendant son septennat, l'auteur avait fait l'admiration de ses concitoyens en montrant sa remarquable connaissance de l'œuvre de Maupassant. Nulle surprise donc à voir son héros demander à la littérature des guides pour ses initiatives amoureuses : «Je pense à l'exaltation de Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir, lorsqu'il aperçoit, tout près du sien, le bras de Mme de Rênal.» Plus loin, c'est un autre Normand, Barbey d'Aurevilly, qui donne à Lambertye le courage de faire le premier pas. Dans le train officiel qui les ramène, après les cérémonies de commémoration du Débarquement (1984), il s'empare de la main de la princesse posée sagement sous la table, comme il est d'usage en Grande-Bretagne. Ce faisant, il déclare s'inspirer de la scène du Rideau cramoisi qui réunit Alberte et le vicomte de Brassard. Ailleurs enfin, le président se détend en lisant Dumas et l'on se prend à penser que Giscard s'amuse à rejouer au XXe siècle la grande passion franco-anglaise, Anne d'Autriche et Buckingham, Lambertye et Patricia - mousquetaires en moins, paparazzi en plus, et in fine complications diplomatiques inchangées.
Henri et Patricia - au fil des pages, le formalisme protocolaire laisse place à une tendre familiarité - vont s'aimer dans les nombreux palais nationaux ou royaux que tous les régimes offrent à leurs dirigeants. Leurs nids s'appellent Kensington ou Soucy (qui abrita d'autres amours présidentielles et surtout leur fruit, prénommé Mazarine). Le château de Rambouillet, que l'auteur décrit avec force détails qui attestent qu'il a de bons souvenirs de l'endroit, occupe une place centrale dans le roman : on sait que lorsqu'il était en fonction, le président Giscard d'Estaing aimait y organiser de grandes chasses. On ne s'étonnera donc pas que la liaison d'Henri et Patricia se noue sur une métaphore cynégétique. «Le rituel de la chasse est toujours le même», écrit-il, avant d'en administrer la preuve.
Et si c'était vrai ? Cette formule empruntée à Marc Levy traverse le roman, lancinante, indiscrète, tant la relation de ce coup de foudre est précise. Le brio de l'auteur, son habileté dans les descriptions qu'il fait des lieux, des propos et des toilettes sont tels que le récit paraît toucher à la vérité. On y est. Jusqu'à ce qu'il choisisse de s'éloigner du vraisemblable pour plonger dans l'imaginaire. Il délaisse alors le genre du roman sentimental et s'essaie à la politique fiction. En marge de son amour pour la princesse de Cardiff, on apprend dès les premières pages que le président Lambertye vient d'être réélu : «Il se plonge dans les activités de son second mandat qui lui a été renouvelé l'an dernier avec plus de cinquante-six pour cent des voix.» Si cette faveur réitérée à son endroit le comble, il renoncera pourtant au septennat, s'imposant à lui-même le quinquennat aux seules fins de se libérer au plus vite de sa charge, pour profiter de sa dulcinée. Le quinquennat : l'anecdote est plaisante quand on se souvient du rôle que joua Valéry Giscard d'Estaing, en 2000, pesant de tout son prestige sur ce débat constitutionnel qui allait avoir de grandes conséquences sur la vie politique - celle de ses successeurs.
Prince consort
Jacques-Henri Lambertye fera l'objet d'une tentative d'assassinat (que les lectrices se rassurent, il en réchappera sans dommage) en inaugurant le Salon du livre. L'assaillant n'est pas un romancier jaloux, mais un Kosovar hostile à la politique libérale du président à l'égard des Serbes : «Je soutiens le droit des gens, écrit Giscard, s'engouffrant dans le domaine réservé de la politique étrangère. Les Serbes qui habitaient au Kosovo avant la conquête turque ont le droit qu'on reconnaisse leur identité et leur religion. Ce sont des chrétiens orthodoxes.» Au-delà de l'hommage rendu par l'auteur à Paul Doumer et Louis Barthou, comment ne pas songer au général de Gaulle et, surtout, à Ronald Reagan et à Jean-Paul II, victimes à l'époque où se déroule le roman de deux attentats qui conférèrent à leur action géopolitique une densité exceptionnelle ? Mais cette tragédie n'est pas donnée à tous.
Enfin, pour parfaire son union avec la splendide Albion, Lambertye imagine un rapprochement institutionnel entre la France et la Grande-Bretagne. L'amour étant aveugle et oublieux du monde, il balaie la guerre de Cent Ans, Jeanne d'Arc et Napoléon et se déclare résolu à faire entrer son pays dans la concorde et la modernité. Ce grand Européen met ainsi ses pas dans ceux de Jean Monnet, qui avait préconisé une union franco-britannique. De Gaulle, dit-on, y aurait un temps consenti. Il vrai que c'était le 16 juin 1940. L'armistice aura raison de cette utopie. Lambertye, lui aussi, rêve de cette fusion symbolique en des temps plus sereins. Ce qui semble l'attirer, au fond, c'est l'idée monarchique dont la Grande-Bretagne est porteuse et qui s'exprime notamment par le jeu des alliances. À de nombreux détails, on sent que le faste des rois ne lui est pas indifférent. Les deux enfants du président portent des prénoms de la maison de France, François et Jean. Rêve-t-il d'un destin comparable à un autre Henri - de Montpezat celui-là - transformé par son mariage en prince consort du royaume du Danemark ? S'il devenait le mari de la mère du futur roi d'Angleterre, à quel titre et à quel rang aurait droit le président de la République française Jacques-Henri Lambertye ? Ce problème dynastique, on l'abandonne volontiers à Stéphane Bern.
Un scénario impeccable
Il se trouvera certainement des plumes taquines pour railler la prose giscardienne. Quelle audace ! Les critiques souriront à la lecture de «ce glaive de l'amour absolu tournoyant dans un sifflement au-dessus de nos têtes», s'esclafferont devant la maladresse d'un «étroitement proche». «Peut-on écrire ainsi ?», s'alarmeront les puristes. Il faudrait pourtant se garder d'être excessif. Juge-t-on Cécil Saint Laurent et Margaret Mitchell avec les armes réservées à Proust et Faulkner ? En d'autres termes, pourquoi ne pas admettre que le genre du roman sentimental existe avec ses conventions : jolies jambes, regards de braise, baisers ardents ? C'est l'affaire de l'auteur et de ses lecteurs. De ce point de vue, La Princesse et le Président remplit parfaitement son contrat, construit autour d'un scénario impeccable où la séduction règne sans partage. Serait-il interdit à un ancien président de la République d'y sacrifier ? L'inspection des Finances prémunirait-elle contre la littérature du cœur ? Un siège de droit au Conseil constitutionnel empêcherait-il de rédiger à la fois la Constitution européenne et La Princesse et le Président  ? Injuste condamnation. Il suffit de le dire avec assurance : contempteurs de Caroline chérie et autre Mam'zelle Scarlett, passez votre chemin. Amateurs, voici Patricia, my love.
Il faut admettre que Valéry Giscard d'Estaing écrit sans souci du qu'en dira-t-on littéraire, des convenances d'image politique, des précautions diplomatiques. Découvrant cette incroyable histoire contemporaine, on ne peut à aucun moment oublier celui qui la raconte. On songe, ébahis, à son statut dans la vie publique internationale en lisant ces mots prêtés à la princesse de Cardiff : «I wish that you love me.» Cette liberté est à son crédit, que l'on goûte ou non les amours de Lambertye et de sa «lady Pat». Si le titre n'avait pas été pris il y a vingt cinq ans par Françoise Giroud, pour un livre ayant aussi pour cadre l'Élysée, le roman de Valéry Giscard d'Estaing aurait pu s'appeler Le Bon Plaisir.
Reste une question : jusqu'où un roman peut-il aller dans le mélange entre imagination et réalité ? Quelle part la mémoire et le rêve peuvent-ils prendre à son élaboration ? Fiction totale, songe d'écrivain, histoire vraie ? Seul l'auteur a la clé de cette énigme qui est, elle, à la racine de toute littérature.
» Lady Di à Versailles en 1994, aux côtés de Valéry Giscard D'estaing.
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Verbatim
«I wish that you love me»
« Je me suis levé et j'ai reculé (ma chaise) pour permettre à la princesse de Cardiff de s'asseoir. Elle m'en a remercié d'un de ces regards obliques qui me faisaient ressentir tout son charme.»
«Je suis rentré à l'Élysée et j'ai monté les marches du perron, la tête en feu et le cœur étincelant de bonheur.»
«Je n'avais pas ce qu'on appelle l'appétit du pouvoir, mais plutôt un intérêt pour le pouvoir.»
«Je l'entends encore le dire en anglais. Ce n'est pas ma mémoire qui me le rappelle, c'est sa voix : “I wish that you love me”.»
«Je vais vous raconter ce qui m'est arrivé (…) Une dizaine de jours avant mon mariage, mon futur mari est venu me dire qu'il avait une maîtresse et qu'il était décidé à poursuivre ses relations avec elle après notre mariage.»
«Le Morning Telegraph a un titre de première page que je traduis : “La princesse de Cardiff a passé la nuit dans le château du président français”.»
«La Princesse et le Président», Éditions de Fallois-XO. En librairie le 1er octobre 2009


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