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La Poste

Publié le 22 septembre 2009 par Jfa

Les postiers viennent de faire une grève, relativement peu suivie (de 17 à 40% de grévistes selon les estimations) pour protester contre la transformation en société anonyme qui, dans un premier temps, serait détenue exclusivement par l’état.

Les exemples de ce qu’il est advenu de France Télécom, de ce qui se passe pour EDF et GDF font mieux comprendre leur méfiance: l’établissement public devient société anonyme à capitaux exclusivement public puis, quelques années plus tard, on ouvre le capital au privé avant que l’état se désengage par étape et devienne actionnaire minoritaire, avec la remise en cause de tout ce qui caractérisait le service aux publics, les acquisitions au prix fort au prétexte de la “concurrence internationale”, la perte des avantages sociaux acquis par les ex-fonctionnaires, le tout s’accompagnant  de réductions massives d’effectifs. La boucle est bouclée: moins de services aux public, aggravant les inégalités, la conservation et le développement des activités les plus rentables, un management à la France Télécom poussant les personnels à la démission et les dividendes des actionnaires qui enflent.

Alors, certes, le climat social n’est pas bon à la Poste, en témoignent les grèves à répétition de ces dernières années qui désorganisent l’activité et gênent les usagers. Pour mieux les apprécier, il faut savoir que les effectifs de fonctionnaires ont fondu de  40 000 entre simplement 2004 et 2008 (-20%) alors que dans le même temps les emplois contractuels et précaires augmentaient de 16,5%. Alors, certes, le volume du courrier a baissé, selon la direction de 30%, quoique personnellement, comme beaucoup d’usagers, je n’ai pu que constater, malgré cette baisse, une dégradation continue de l’acheminement du courrier. Or, avec la création de la Banque Postale et autres filiales, l’activité globale n’a certainement pas baissé d’autant. Quel établissement subirait une telle saignée sans répercussions sociales ?

Un autre argument est celui de l’endettement (6,8 milliards d’€), il provient pour un tiers d’acquisitions et de prêts à ses filiales, mais le taux d’auto-financement de la Poste s’établirait, selon les calculs, à plus de 140% et la Poste aura versé en 2008, 143 milliards de dividendes à l’état. Sur ces points, voir la note de la Fondation Copernic: “Les sous de la Poste”.

En fait, la Poste est l’objet de toutes les convoitises des établissements financiers privés pour ses plus de 9 millions de clients, le nombre de ses établissements et leur répartition sur l’ensemble du territoire. La Banque Postale a déjà noué des partenariats avec la Société Générale, d’autres avec des établissements financiers et d’assurances; elle en prépare de nouveaux avec de grosses sociétés d’assurance (MédiaPart).

N. Sarkozy, au service de sa clientèle entend bien mener cette opération à son terme avec X. Darcos, ex-diététicien de l’Education Nationale.

On aurait pu pourtant rêver, si l’Europe avait été conformaux attentes des populations, à un service européen de la Poste, comme à des services européens du rail ou de l’électricité… avant que les libéraux n’entament leur sinistre besogne.

- Rage ouvrière. Marianne. “On en a marre de ces trois journées par an de manifs intersyndicales et des négociations des confédérations avec le Medef qui ne donnent rien”.

- “…la doctrine keynésienne est fondée sur quatre axiomes plus que jamais d’actualité. Tout d’abord, un marché non réglementé est instable par nature non seulement en raison des risques inhérents au libéralisme sans entraves, mais surtout de l’incertitude de l’avenir. Ensuite, une économie en état de choc a besoin d’un stimulus pour sortir de son état comateux. Tertio, la tâche des autorités est de réduire la probabilité de secousses systémiques. Enfin, le grand travers du capitalisme est de promouvoir la cupidité plutôt que le bien-être humain”. Le Monde.

- Affaire dite Clearstream: “C’est l’histoire dérisoire d’un escroc qui veut se refaire à sa sortie de prison en 2002, (…) …Telle est l’histoire que l’on a sciemment embrouillée pour semer la confusion afin de servir les intérêts d’une seule des 228 victimes de la falsification des listings de la chambre de compensation luxembourgeoise: Nicolas Sarkozy, devenu président de la République non sans l’aide de ce feuilleton dont il s’attacha à préempter le scénario, privatisant à son seul profit quatre ans d’instruction judiciaire. A la chimère des faux listings s’est ajoutée la légende d’un complot villepiniste destiné à abattre le seul Sarkozy, comme si les 227 autres victimes, personnes physiques ou morales, n’avaient été introduites dans les listings que pour cacher ce dernier,…”. MédiaPart.


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