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Carte scolaire et violences

Publié le 24 septembre 2009 par Soseducation

Depuis le début de l’année scolaire, douze agressions, dont celle d’une professeur, ont eu lieu aux abords ou au sein du lycée René-Cassin, à Gonesse (Val-d’Oise). Choqués, les parents d’élèves demandent plus de sécurité.

Dans ces cas-là, le changement d’établissement peut constituer une solution. Il est en effet préférable d’envoyer ses enfants dans des établissements sûrs.

Seulement, la carte scolaire assignant chaque élève à l’établissement de son secteur empêche les parents d’envoyer leurs enfants dans les établissements de leur choix, même s’ils subissent des violences comme à Gonesse. Et ce même si la carte scolaire a été officiellement assouplie.

Il est certes possible de demander une dérogation. Selon le ministère de l’Éducation nationale toutefois, plus du quart des demandes de dérogation pour l’entrée en sixième et plus du tiers de celles pour la seconde ont été rejetées.

Cette dérogation doit d’ailleurs être motivée : la proximité d’un établissement d’un autre secteur, la présence de frères et sœurs dans l’établissement demandé, l’existence d’options (linguistiques notamment) rares, peuvent faire l’objet d’une dérogation. L’existence de violences scolaires, non.

Et pourtant, comme l’avait démontré une étude du sociologue Robert Ballion publiée en 1985, et toujours d’actualité (1), les motifs invoqués par les parents dans leurs demandes de dérogation sont des alibis : c’est moins l’apprentissage de telle langue rare qui motive leur demande que la volonté de mettre leurs enfants à l’abri de l’échec scolaire et des violences propres à leur établissement de secteur.

Nous nous étions penchés, en mai dernier, sur le cas de parents s’étant vu refuser une dérogation pour l’inscription de leur fille dans un établissement de leur choix : si l’existence d’une option était la première motivation, la volonté de fuir un établissement violent et de mauvais niveau en était la seconde.

Il semble que, dans les cas où les parents voudraient changer leurs élèves d’établissement à cause de la violence qui règne aux abords de celui de leur secteur, le libre choix devrait être permis. La logique maintenue de la carte scolaire l’empêche.

La question de sa suppression pure et simple, envisagée lors de la campagne présidentielle de 2007 par Nicolas Sarkozy, se pose donc avec acuité.

Pour protéger leurs enfants de la violence, les parents devraient pouvoir choisir l’école de leurs enfants.

Roman Bernard

(1) In Nemo, Philippe, Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ? (Grasset, 1991)


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