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Être indépendant de tout OS.

Publié le 01 septembre 2009 par Ccarvounas

J’en ai marre d’entendre ceux qui disent que Microsoft est le diable, que Vista est un échec, que Windows 7 ne passera pas par eux, que Linux c’est mieux car complètement Open Source, d’autres qu’ils ne quitteront jamais leur Mac parce que depuis qu’ils ont fait le changement ils ne reviendront jamais en arrière et que leur vie a changé. Je suis fatigué de ces querelles de clochers. Le meilleur OS est celui qui vous rend la vie simple tous les jours… En ce qui me concerne j’ai tout fait pour profiter au mieux de tous les OS disponibles, en m’affranchissant de ces derniers. Comment et dans quelles limites, c’est ce que je me propose de partager avec vous ici. Vous trouverez au sein de ce billet, des références à d’autres parutions sur ce blog, ce qui évite de rendre le billet que vous avez sous les yeux trop long, ou simplement de vous ennuyer à lire le « comment » si ce comment pour les points mentionnés ne vous intéresse pas.

En synthèse dans cet article

  • Qu’est ce que réellement un OS (Operating System), un système d’exploitation ?
  • OS : Le choix d’un écosystème : Payer pour avoir payé, payer pour avoir plus, ou payer pour ne plus payer ?
  • Comment l’OS nous tient (entreprise et/ou individu) ?
  • Comment se débarrasser d’un OS : Windows 7, Linux, Mac OS…

Qu’est ce qu’un OS?

Comme à l’accoutumé, un coup d’œil sur Wikipedia qui nous dit :
« Un système d’exploitation (SE, en anglais Operating System ou OS) est un ensemble de programmes responsables de la liaison entre les ressources matérielles d’un ordinateur et les applications informatiques de l’utilisateur (traitement de texte, jeux vidéo, etc… ). Il fournit aux programmes d’applications des points d’entrée génériques pour les périphériques. »

Faisons simple : Un système d’exploitation est un gestionnaire de ressources faisant interface entre ces ressources le consommateur de ces dernières : Interface utilisateur, applicatif, couche de middleware…

OS : Le choix d’un écosystème

Il y a vingt ans le monde était divisé en autant de clans que de plateformes matérielles.
Que les plus « expérimentés » ;-) se souviennent :

  • Les machines tournant sous Z80 et compatibles avec leur CP/M – MP-M
  • Les Rockwell rendus célèbres avec Apple et son Apple DOS
  • Les Sinclair… les Commodore et j’en passe…

A cette époque, on choisissait une machine et son binôme d’OS, en fonction des applications existantes pour ce couple… Mais un jour tout a basculé. Ce jour là lBM a demandé à une toute petite entreprise alors spécialisée dans la conception de « micro-logiciels » embarqués et dédiés à la gestion du trafic routier, de concevoir un OS pour leur plateforme à base de processeur Intel…Oui vous avez deviné cette entreprise s’appelle Microsoft et le produit s’appelait IBM-PC DOS ou MS-DOS en fonction de qui le vendait.

Le coup de génie d’IBM fût d’autoriser les clones, afin de faire de sa plateforme matérielle+OS le standard alors manquant. On a commencé à comparer les constructeurs de machines pouvant supporter le DOS d’IBM, le choix de la plateforme matérielle devenant avant tout financier… Un vrai produit de masse… Les constructeurs se battaient à coup de présence ou non de tel ou tel périphérique, de telle ou telle quantité de mémoire vive. Le choix d’applications s’exécutant sur ces plateformes étant toujours plus importants, alimentant par là même la vente des IBM ou de leurs clones le tout au sein d’un joli cercle vertueux… poussant un seul et unique système d’exploitation, supportant des applications toujours plus nombreuses poussant à son tour une seule plateforme supportant un seul et unique système d’exploitation et ainsi de suite à l’infini… IBM, Intel, et Microsoft avaient créé un écosystème dont le plus petit dénominateur commun était le système d’exploitation (l’OS), ses interfaces de programmations et les applications compatibles.

Cette approche, toujours valide aujourd’hui, permet à Microsoft de « piloter » cet écosystème en poussant de nouvelles version d’OS, ces derniers consommant plus de ressources de tel ou tel composant (processeur, carte graphique, mémoire), transformant ainsi le « standard », la « référence » de la plateforme matérielle nécessaire à son OS. Ce qui tire le marché du matériel, rendant obsolète les configurations précédentes, le tout pour notre plus grand bien, puisque cela nous permet de profiter de nouvelles fonctionnalités offertes par l’OS, qui seront exploitées par les applications, qui à leur tour nous simplifieront notre vie de tous les jours (c’est ainsi que nous sommes passés du « prompt » c: à un environnement graphique intuitif, etc…).

Oui mais pourquoi être obligé de suivre ? Pourquoi devons nous obligatoirement payer plus pour avoir déjà payé ?

Tout simplement pour profiter des nouvelles fonctionnalités ? Celles du système d’exploitation, ainsi que celle des applications ? Et si on décide que l’on n’en veut pas ? Que l’on ne souhaite pas payer plus ? Aha ! Et bien c’est simple… à plus ou moins brève échéance vous n’aurez plus de support, soit plus de corrections de bugs (aucun logiciel n’étant sans faille…), et vous vous retrouverez seul avec votre configuration figée… On paye donc pour avoir payé, on paye parfois plus en espérant avoir plus (succès mitigé de Vista… je parle de résultat en terme de renouvellement de licences sur du matériel existant et non pas en terme de nouvelles licences sur du matériel neuf…puisque Vista accompagne obligatoirement ce premier).

Tout ceci est normal… Microsoft est une superbe entreprise, faisant travailler 25000 cerveaux en permanence rien que sur son site de Seattle ! C’est une entreprise à but commercial, qui a besoin de nouvelles rentrées d’argent ne serait ce que pour rentabiliser sa recherche et développement soit les améliorations qu’elle apporte. Pour être rentable, elle se doit abandonner le support d’une ancienne version de son OS afin de pouvoir se concentrer sur la version courante et à venir…

Tout ça a beau être normal, nous ne sommes pas obliger d’aimer ça… Alors qu’autour de nous on nous parle de solutions alternatives, d’autres OS existent, supportant notre plateforme matérielle, il est tentant de se demander si on ne pourrait pas arrêter de payer pour avoir payé ?

Comment l’OS nous tient?

Avant d’essayer de changer d’écosystème, il est bon de se demander comment nous sommes tenus à celui dans lequel nous sommes tombés, ou que nous avons choisi.

Ok, supposons donc que l’on souhaite changer d’OS, ce faisant on change de plus petit dénominateur commun au niveau des applications et tout naturellement au niveau des interfaces de programmation (APIs) sur lesquelles ces dernières se basent.
Un certain nombre de questions se posent alors :

  • Vais-je trouver des applications m’offrant les mêmes fonctionnalités ?
  • Pourrai-je au travers de ces applications continuer à utiliser les données que j’ai produites au sein de mon précédent écosystème ?
  • En changeant d’écosystème, est ce que je m’affranchis de ma plateforme matérielle ?
    • Pourrai-je mixer les plateformes matérielles pour les mêmes applications, exploitant mes données existantes ?
  • En faisant le choix de cette transition pourrai je continuer à communiquer, travailler, échanger avec ceux qui sont restés fidèles à mon ancien environnement ?
  • Si je suis une entreprise et que j’ai déjà payé pour des applications métiers puis je les réutiliser ?

Prenons comme postulat de réflexion (démontrable ultérieurement au sein d’autres billets disponibles depuis cet article) qu’il est « aisé » de trouver des applications offrant les mêmes fonctionnalités que celles existantes au sein de votre écosystème initial, les vrais problèmes commencent en fonction de votre profil :

  1. En tant que particulier ou salarié vous devez pouvoir continuer à exploiter et enrichir les données existantes.
  2. En tant qu’entreprise vous devez pouvoir continuer à utiliser vos applications métiers… le hic, c’est que celles-ci sont rattachées à votre environnement initial par les APIs de ce dernier

Les applications et le cauchemar des données existantes

On touche ici du doigt le problème global d’interopérabilité des données et des APIs. Sujet galvaudé s’il en est… saint Graal de l’informatique depuis son apparition… Puisque depuis la nuit des temps numériques on s’est toujours cassé la tête sur la reprise de l’existant…

Essayons d’en dire plus en mettant provisoirement de coté le problème des applications métiers et des APIs.

L’Interopérabilité des données est aujourd’hui totalement possible pour  toutes les applications bureautiques, au-delà du sacro saint OpenOffice couvrant toutes les données de type :

  • Traitement de texte (A qui il manque néanmoins et depuis des années un mode PLAN aussi puissant que Word dans l’écosystème Microsoft).
  • Éditeur de formules de maths.
  • Présentation (Avec néanmoins certains effets d’animations en moins, voire moins de facilité pour les mettre en œuvre que dans l’écosystème Microsoft, à mon humble avis…)
  • Feuilles de calcul

Il est aisé de se libérer de l’emprise d’outils comme Outlook ou Thunderbird pour la gestion de :

  • Ses emails
  • Son carnet d’adresse en y incluant ses catégories
  • Ses tâches
  • Ses notes de type encre, voix, image, ou simplement textuelles.
  • Son calendrier en y incluant les catégories, ainsi que la possibilité de le partager en lecture/écriture ou simplement en lecture.
    (Vivre et travailler sans Outlook – Cliquer sur lien pour lire le billet)

On peut aussi facilement faire sans ActiveSync pour toute synchronisation de son appareil mobile avec toutes les données précédemment citées et même le faire sans l’intervention d’une machine tierce (toute en gardant synchronisée la ou les machines et l’assistant numérique). (Vivre et travailler sans Outlook)

On peut se passer de l’excellentissime OneNote (jetez un coup d’œil à Evernote) même si ce dernier restera pour moi LA raison pour laquelle je continuerai à installer une instance de Windows quelle qu’en soit la version.

De même on peut passer outre Photoshop qui n’a comme défaut que de ne supporter qu’un seul OS. On peut presque complètement remplacer par l’excellent Gimp, du moins pour les travaux les plus usuels.

Je pense que nous venons de couvrir 95% des usages classiques d’une plateforme, quel que soit son écosystème (je suis conscient de ne pas avoir été exhaustif et prêt à réfléchir à toute autre domaine applicatif non couvert ici), aussi reprenons maintenant les questions que nous nous sommes précédemment posées :

  • Vais-je trouver des applications m’offrant les mêmes fonctionnalités ?
    • Réponse : Oui
  • Pourrai-je au travers de ces applications continuer à utiliser les données que j’ai produites au sein de mon précédent écosystème ?
    • Réponse : Oui
  • En changeant d’écosystème, est ce que je m’affranchis de ma plateforme matérielle ?
    • Pourrai-je mixer les plateformes matérielles pour les mêmes applications, exploitant mes données existantes ?
      • Réponse : Oui
  • En faisant le choix de cette transition pourrai je continuer à communiquer, travailler, échanger avec ceux qui sont restés fidèles à mon ancien environnement ?
    • Réponse Oui

Oui à tout, car en mettant en place ces solutions, parfois totalement gratuites, et en se focalisant sur la construction d’un écosystème ou règne l’interopérabilité des données au travers de solutions applicatives par nature multiplateformes, on s’affranchi alors totalement de sa plateforme matérielle -Sa valeur ajoutée se résume alors à sa puissance de calcul, ainsi qu’aux périphériques qu’elle me permet de gérer – et de son système d’exploitation pour n’en faire que ce qu’il est…un gestionnaire de ressources de la machine que vous utiliserez. Il devient alors possible et j’insisterai la dessus, Ô luxe suprême, d’utiliser l’OS le mieux adapté, à la machine du moment ! Ce n’est vraiment pas rien, puisque cela me permet de rentabiliser au mieux un matériel !

Au travers de toute cette approche, on arrête de payer tout en continuant de bénéficier de mises à jour et de support, ou au pire des cas on payera un peu, pour avoir plus… l’abstraction de l’OS et du matériel, et par la même son indépendance vis-à-vis d’un écosystème !

Je crois à ces solutions, je les ai personnellement mises en place et testées, elles apportent toutes leurs valeurs ajoutées à un individu, voire même un salarié non dépendant d’une application métier… car il nous faut maintenant couvrir, la question que nous avons laissée en suspens :

  • Si je suis une entreprise et que j’ai déjà payé pour des applications métiers puis je les réutiliser (en changeant mon écosystème initial) ?

Je n’aime pas la réponse que je vais faire, car ce n’est pas une réponse d’ingénieur (et je ne pense pas que l’on puisse totalement se défaire de sa formation…) en vous disant : Peut-être…siggg !

Peut-être car votre application métier est lié à un dorsal, domaine ou règne les serveurs d’applications. De grosses solutions, tant par les ressources qu’elles consomment que par les fonctionnalités qu’elles mettent à disposition, et que le lien entre votre application qui se veut indépendante d’un écosystème à votre serveur se nomme APIs ou Application Programming Interface.

Les APIs (Application Programming Interface)

Les APIs sont le cheval de Troie des constructeurs d’écosystèmes, dont le but est de vous garder chez eux à tout prix surtout si ce dernier est payant…

S’il est gratuit, comme dans le cas de l’écosystème Linux, cela veut dire que vous y êtes parce que des gens au sein de votre entreprise ont les compétences humaines nécessaires pour vous faire produire au travers de solutions non payantes. Aussi si vous souhaitez en changer c’est certainement parce que vous désirez utiliser une plateforme matérielle bien spécifique, ou une solution serveur particulière issue d’un autre écosystème. Pour ces deux cas de figures il existe des solutions permettant soit de porter votre écosystème sur ce matériel un peu particulier soit de faire interface entre deux écosystèmes différents…

Les APIs sont un cheval de Troie car malheureusement, elles ne sont disponibles et accessibles qu’au sein d’un seul et unique couple Matériel+OS – Le cas Mono est un cas particulier, poussé et porté par la communauté du libre, et malheureusement ( ?) assujetti au bon vouloir de publication des APIs d’un tiers.

Tout changement d’environnement devient alors très difficile voire impossible, sans refonte de la solution, ce qui revient à payer plus (puisque vous avez déjà payé) pour ne plus payer ou payer moins, en fonction de l’écosystème cible choisi… La migration devient alors un choix financier et stratégique pour l’entreprise qui souhaite l’entreprendre.

Comment se débarrasser d’un OS ?

En résumé :

  • Nous avons vu, que s’affranchir de son OS est hélas très difficile pour les entreprises tenues par les APIs au travers d’applications métier… Difficile mais en rien impossible.
  • Nous avons vu que cela est totalement et définitivement possible pour les individus et les entreprises qui n’ont pas recours à des applications métiers les liant au travers d’APIs à des serveurs. Dans ce cas le leitmotiv est simple :
    • Ne pensez plus en termes de matériel et d’OS offrant la possibilité de faire tourner telle ou telle application, mais demandez-vous si cette ou ces applications sont en premier lieu multiplateformes, et en second lieu quelles sont leurs facultés d’exportations des données vers des formats de fichiers tiers.
  • Si vous êtes une jeune start-up, prenez tout de suite de bonnes habitudes vous affranchissant de tout écosystème (j’ai récemment divisé par CINQ le devis d’installation d’une entreprise souhaitant démarrer), vos investisseurs de demain vous le rendront bien, et si vous avez besoin d’un coup de main, faites le moi savoir, ce sera avec plaisir.

Vous passez trop de temps devant votre écran

;-)

Au plaisir de vous lire.
Christophe Carvounas


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