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Castration chimique

Publié le 04 octobre 2009 par Jfa

La “castration chimique” est un traitement médical abolissant le fonctionnement des organes sexuels masculins (il est vrai que, généralement, les violeurs sont des hommes) en abaissant leur taux de testostérone. C’est un processus réversible, c’est à dire que l’arrêt des prises de médicaments la rend inopérante.

Selon les voeux du gouvernement, elle ne serait administrée, après qu’ils aient purgé leur peine, qu’à des volontaires et, selon MAM: “Ce sera la castration chimique ou la prison”. Or, selon M. Fillon (Reuters/Le Monde): “La castration chimique existe déjà aujourd’hui. Elle repose sur un accord de la personne concernée. Il faut regarder comment, dans le cadre des mesures d’accompagnement de la sortie de prison, on peut, le cas échéant, rendre ce dispositif plus contraignant”… Car, effectivement, des traitements de ce type sont déjà proposés aux délinquants sexuels libérés qui sont libres ou non de les accepter.

Au delà de la colère légitime des victimes et de leurs famille et de la nécessité de mesures adéquates, ce bref exposé des faits amène quelques réflexions:

- Encore une fois, dans l’émotion d’un fait divers horrible, la droite sarkozienne hurle qu’il faut de nouvelles lois, encore plus sévères (malgré un arsenal législatif voté impressionnant, au moins quantitativement, cf. NouvelObs ) et généralement tout aussi nulles, non-appliquées ou inopérantes vu la hausse continue des délinquances violentes. Au lieu de prendre le temps, sereinement, d’examiner les causes, les points faibles des dispositifs (qui, dans ce domaine sont connus et tiennent à l’inexistence de prise en charge pendant et après la détention, du fait d’un manque de moyens), on surfe sur la vague d’indignation de l’opinion publique et on pond des lois inefficaces ou inapplicables.

- Est-il possible, juridiquement, d’obliger un condamné qui a subi sa peine, toute sa peine, à en subir une seconde et revenir en prison s’il n’est pas volontaire pour la castration chimique ?

- Comme on le voit, ce dispositif existe déjà mais suppose le volontariat des délinquants et un suivi post-peine qui n’est que très peu ou pas assuré. La future loi votée prévoira-t-elle le budget nécessaire à ce suivi ?

- Les délinquants sexuels sont avant tout des malades, dangereux certes, voire criminels, mais malades. Une prise en charge psychologique durant la peine pourrait, soit diminuer ou faire disparaître leur dangerosité, soit les amener à demander une castration chimique, de longue durée avec tous les risques liés à un suivi qui risque de se diluer dans le temps si le malade ne coopère pas et n’est pas persuadé de son utilité. Là et là seulement se situe le problème. La future loi votée prévoira-t-elle le budget nécessaire à cette prise en charge ?

Là se situe un débat sérieux, Mais par pitié, qu’on nous évite les hurlements indécents des Hortefeux, MAM, Lefebvre et autre hordes sarkoziennes comme à chaque fait divers un peu horrible, crimes et violences dont, tels des charognards, ils se nourrissent politiquement.

J’avais déjà rédigé ce post quand je suis tombé sur cet article de Libération qui, à mon avis, pose très correctement le problème.

- Repéré chez Armando, ce magnifique petit texte qui me parle et chez Olivier, cette musique qui me chante.

- C’est très proche de ce que je pense et bien plus sereinement dit. Blog de S. Gatignon.


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