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C'est reparti comme en 40 (bis)

Publié le 06 octobre 2009 par Careagit
Revue de news sur la toile ce matin, le café est encore fumant. Sur Twitter, Koztoujours, pape de la droite sur Internet : « Banques augmentent leur K pour rembourser l'Etat. Bonne nouvelle sur confiance dans marché, mauvaise sur changement de comportement ? »
Il pose la question. Il connaît la réponse. Bien sûr, le marché se porte bien. Il se porte tellement bien que les plus grandes banques françaises se lancent dans des ouvertures de capital. Les investisseurs sortent de leurs abris, il y a des liquidités à placer. Il faut dire que les banques françaises ont passé avec succès les stress tests et font montre d’une solidité de fonds propres relativement rassurante.
Il s’en est passé, du temps, depuis ces jours noirs où les bilans de chaque banque semblaient vaciller toujours plus violemment. Depuis, la BCE (pour l’Europe) a contracté ses taux et la banques en ont profité pour se recapitaliser à moindre coût. Le rebond des marchés, doublé d’une valorisation très faible de certains établissement rouvrent la période de chasse… Un an seulement après les vastes plans d’aides aux banques, BNP Paribas, le Crédit Mutuel et Société Générale remboursent déjà l’Etat qui ne s’y retrouvera pas totalement.
Du côté des banques, tout va pour le mieux. Concernant leurs rôles dans l’activité économique, le bilan est bien plus mitigé. Les PME, particulièrement se plaignent des mesures de restrictions du crédit qui ont permis (entre autre) aux banques de reconstruire de solides matelas. L’objectif fixé par l’Etat de progression de l’allocation de crédits de 4% en 2009 ne sera pas atteint, à cause de « la contraction de la demande » disent en coeur les banquiers. Le médiateur du crédit confirme la baisse mais pointe du doigt l’absence des banques en Avril dernier et depuis la rentrée, précisément au moment où les plus petites structures ont besoin d’air pour perdurer. A ce titre, l’accélération du rythme des défaillances d’entreprises au mois d’Août n’y est sûrement pas étrangère (+23%).
Ils n’ont sûrement pas totalement tort, ce qui est bizarre, en revanche, c’est la différence de ton des déclarations de ces fameux « demandeurs » de crédits. La CGPME, par exemple, n’a cessé, durant l’année, de réclamer un assouplissement des conditions de crédits pour permettre aux PME de soulager bilans ou trésoreries. L’offreur regrette l’absence du demandeur, le demandeur regrette l’absence de l’offreur. Il y en a un qui ment.
Dans cette forêt de chiffres contradictoires, il semble acquis que le gros des difficultés aient quitté les marchés financiers pour se cristalliser sur les PME dont la situation ne cesse de se dégrader. Il ne faudrait donc pas trop compter sur une baisse rapide du chômage, ni sur une reprise dont, pourtant, tout le monde nous parle.
Les gros ont été sauvés des eaux. Il le fallait, au risque de rejouer 1929, d’enclencher une crise sociale d’ampleur historiquement connue, susceptible de mener où l’on sait.
Sauvés donc et désormais plein de peps, les banques s’envolent sans avoir fait d’efforts particuliers en matière d’allocation de crédits.
Un nouveau sujet copieusement évité lors du G20, tout comme celui dont je vous ai parlé dans le billet précédent.
Mais heureusement, la gauche et le peuple sont contents, les bonus commencent à être limités un peu partout.

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