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Les français et la télévision

Publié le 18 octobre 2007 par Béatrice Sutter

Une étude TNS Sofres réalisée pour Télérama fait le point sur les rapports qu'entretiennent les Français avec la télévision. Principaux enseignements : par rapport à 2006, la part des personnes qui trouvent que la télévision est meilleure qu’avant est stable par rapport à 2006 (43%). Par ailleurs, on assiste à une stabilisation de la hiérarchie des chaînes les plus crédibles, avec un léger sursaut pour ce qui est des chaînes publiques. L'indépendance de la télévision est perçue comme fragile, tandis que celle de la radio apparaît plus solide aux yeux de l'opinion. Enfin, la dynamique d’écoute audiovisuelle depuis l’Internet à haut débit apparaît largement défavorable à la télévision.


Stabilisation dans le jugement plutôt positif du petit écran
La part des personnes qui trouvent que la télévision est meilleure qu’avant est stable par rapport à 2006 (43%), elle reste donc minoritaire. On note une légère augmentation de la part des individus estimant que le niveau de la télévision est «Beaucoup moins bon qu’avant» (20% en 2007, pour 17% en 2006). Le niveau de satisfaction du petit écran reste, lui aussi, stable par rapport à 2006 avec une majorité satisfaite des programmes diffusés à la télévision (54%). Tout comme l’année dernière, ce niveau de satisfaction est surtout porté par la mention «assez satisfait» (51%, pour 3% pour la mention «très satisfait"). La palme du satisfecit est décernée par les proches de TF1 dont 70% se déclarent satisfaits par les programmes diffusés par la télévision. Inversement, les proches d’Arte sont 67% à ne pas être satisfaits. Les individus estimant que la télévision est meilleure qu’avant : les jeunes, abonnés à une offre de télévision payante et les «proches des chaînes privées». Comme les années précédentes, les jeunes sont plus tolérants : les 18-34 ans sont 52% à trouver que le niveau actuel de la télévision est meilleur qu’avant (43% sur l’ensemble). Les abonnés à la télévision payante viennent tirer à la hausse la perception que l’on a du petit écran (51% d’entre eux pensent que le niveau de la télévision est meilleure qu’avant). Si en 2006, la proximité avec la chaîne TF1 avait une influence positive sur le jugement du niveau de la télévision, la tendance se généralise aujourd’hui à toutes les chaînes privées puisque les proches Canal+ et les proches M6 sont plus nombreux à penser que le petit écran est mieux qu’avant (respectivement 59% et 55%).
Malgré son statut particulier de bien de communication et son rôle proéminant dans le façonnement de l’opinion, la télévision n’échappe pas à des comportements de consommation qui sont dans l’air du temps. Ceux-ci se caractérisent notamment par un narcissisme accru. Les téléspectateurs veulent pouvoir consommer la télévision comme ils veulent, quand ils veulent à travers de programmes extrêmement personnalisés. A l’autre bout du fil, des chaînes comme TF1 et, à un degré moindre, M6, pérennisent une télévision de l’offre par excellence. Ils proposent en effet des programmes dont la finalité est de rassembler le plus grand nombre sans distinction d’âge ou de revenus. Ils font partie des derniers vecteurs encore susceptible de créer du lien au sein d’une sociétéde plus en plus atomisée. Ainsi, dans l’opinion positive vis-à-vis de petit écran, télévision de l’offre et de la demande continuent donc à s’alimenter mutuellement : la pratique de la télévision s’inscrit dans les tendances de consommation actuelle tout en conservant sa spécificitéde média rassembleur pour partager des émotions communes.
A l’inverse, les individus estimant que la télévision est moins bonne qu’avant sont les 50-64 ans, les non abonnés à la télévision payante, les proches des chaînes publiques et les proches d’Arte. A noter que l’insatisfaction augmente considérablement pour les proches d’Arte : 39% déclarent que le niveau actuel de la télévision est «beaucoup moins bon qu’avant» contre 28% en 2006.
La typologie des Français face à la télévision confirme la tendance observée l’année dernière. Le signe d’une amélioration dans la perception de la télévision observé en 2006 se confirme cette année. Le groupe des «frustrés» (pour qui les programmes actuels non seulement ne sont pas satisfaisants, mais continuent en outre à se dégrader) ne cesse de baisser depuis 2005. Il représente toujours la part la plus importante mais est largement rattrapé par le groupe des «Comblés» (pour qui les programmes actuels sont meilleurs qu’avant et satisfaisants). Il n’existe plus qu’un seul point d’écart entre ces deux groupes : 33% de «frustrés» et 32% de «comblés».
Stabilisation dans la hiérarchie des chaînes les plus crédibles malgré un léger sursaut des chaînes publiques
La hiérarchie 2006 se maintient en 2007. Nous avions observé un bouleversement dans la hiérarchie des chaînes entre 2005 et 2006. Cette année, la tendance est à la stabilisation.
TF1 est toujours la chaîne qui correspond le plus aux attentes personnelles. Elle répond aux attentes de 23% des individus (24% en 2006). Arte perd 3 points (13%) mais conserve sa deuxième place devant France 2 (11%) et M6 (11%). A signaler une légère baisse de M6 (-2 points) qui se fait rattraper par France 2 (+1 point), les deux chaînes se classant en 3e position.
Les chaînes privées sont rattrapées par les chaînes publiques. Les chaînes publiques qui avaient considérablement chuté en 2006 devancent de nouveau, même si l’écart est faible, les chaînes privées (43% contre 41%). Le score des chaînes publiques demeure toutefois loin du score de 2005 (55%). En outre, cette amélioration, est liée à une hausse très succincte de chaque chaîne à l’exception de Arte qui baisse. Les quatre autres chaînes publiques (France 2, France 3, France 4 et France 5) gagnent chacune un point par rapport à 2006. La proximité aux chaînes privées est plus importante auprès des individus de droite (48% contre 41% pour l’ensemble de la population). Cette tendance est d’autant plus forte auprès des personnes proches de TF1 : 30% des individus de droite se disent proches de cette chaîne contre 20% parmi les individus de gauche.
La distinction n’est pas toujours perçue entre les chaînes publiques et privées (44% estiment qu’il n’y a aucune différence). La part des individus estimant qu’il y a de grandes différences décroît (19% en 2007, pour 26% en 2006 et 29% en 2005). La réponse la plus citée lorsque l’on interroge les individus sur les différences entre chaînes du service public et chaînes privées est «peu de différences» (37% des individus). Quand cette différence est perçue, elle se situe principalement au niveau des programmes (58%) et peu au niveau de l’information, même si ce taux a augmentéepuis 2006 (17% en 2007, pour 11% en 2006). Signe de la relative obsolescence de cette distinction aux yeux du public, TF1 est toujours en première position dans la liste des chaînes incarnant le mieux le service public (29%). De surcroît, un tiers (33 %) des chaînes dont on estime qu’elles incarnent le mieux le service public ne sont pas publiques. Davantage que la distinction entre public et privé qui a longtemps prévalu, une séparation tend de plus en plus à se dessiner entre TV de la demande et TV de l’offre.
Une indépendance fragile de la TV, plus solide pour la radio
Si la majorité des interviewés pensent que les chaînes de télévision sont aussi indépendantes qu’avant vis-à-vis du pouvoir en place (70%), près d’1/4 d’entre eux estiment toute de même que les chaînes sont moins indépendants qu’avant. Il en résulte une «dynamique» négative avec un score de -8 (différence entre les interviewés estimant que la télévision est plus indépendante et ceux qui estiment qu’elle est moins indépendante).
Impact sans doute de la dernière présidentielle et à plus long terme du fait que la gauche n’a plus remporté cette élection suprême depuis plus de 25 ans, ce sont les personnes de gauche qui sont le plus sensibles à cette baisse d’indépendance (40% «moins indépendantes qu’avant») alors que les individus de droite sont 83% à estimer que les chaînes sont aussi indépendantes qu’avant. Signe là encore du dépassement clivage public / privé, la chaîne à laquelle les interviewés pensent en 1er en parlant d’une indépendance réduite est TF1 (77%), chaîne privée par excellence, largement en tête devance France 2 (48%) et France 3 (23%). La recherche d’une audience maximale serait-elle un signe de faible indépendance car comparable en termes de valeurs à mettre en avant avec la recherche de leadership politique ? Concernant la radio, seulement 14% estiment que les stations sont moins indépendantes qu’avant avec dans l’esprit des interviewés. C’est là aussi le support avec la plus forte audience qui est perçu comme le moins indépendant, malgré son statut privé : RTL (28%). France Inter (24%), Europe 1 (19%) et France Info (8%) suivent. Les autres stations sont plus anecdotiques. 22% des personnes estimant que les stations sont moins indépendantes qu’avant ont ce sentiment de manière générale mais ne citent pas de stations en particulier.
Pas de perturbation dans les programmes de France Télévisions
Depuis la nomination de Patrick de Carolis à la présidence de France Télévision, peu de changement ont été perçus dans la programmation des chaînes du groupes France Télévision : 26% des interviewés estiment qu’il y a eu des changements et 4% seulement pensent qu’il y a eu beaucoup de changements (72% estiment qu’il y a eu peu ou pas de changements). Les plus jeunes sont plus sensibles aux changements, ils sont 46% a avoir noté une évolution dans les programmes de France Télévisions. Lorsque des changements sont perçus, ils sont jugés comme étant plutôt positifs (pour 78%). Les personnes jugeant négativement ces changements sont soit des personnes non satisfaites de la télévision et trouvant que celle-ci se dégrade de manière générale, soit des personnes proches d’Arte qui ne retrouvent certainement pas dans les programmes de FTV ce qu’elles apprécient sur la chaîne qui leur correspond le plus.
Internet, menace pour la télévision ?
La dynamique d’écoute depuis l’équipement d’Internet à haut débit est largement défavorable à la télévision. Plus de la moitié (55% en 2007 pour 44% en 2006) passent moins de temps qu’avant devant la télévision alors que seulement 3% estiment passer plus de temps. Cette tendance est d’autant plus forte auprès des jeunes (18-34 ans) qui sont 72% à déclarer regarder moins la télévision qu’avant depuis qu’ils disposent d’une connexion Internet haut débit. Cette importance d’Internet est confirmée par le fait que si les personnes interrogées ne devaient garder qu’un seul média, c’est Internet qui serait gardé (34%) devant le téléphone portable (27%), la télévision (22%) et la radio (17%). Depuis 2005, Internet a pris le pas sur le téléphone mobile et la télévision sur la radio. Cette hiérarchie change radicalement selon la génération des personnes interviewées. Ainsi, les plus jeunes sont plus nombreux à favoriser Internet (42% auprès des 18-34 ans), les 50-64 ans préfèrent garder en 1er la radio (34%) et enfin les plus âgés sont plus attachés à la télévision (44% auprès des 65 ans et plus). Média de la demande par excellence, Internet répond parfaitement aux attentes des jeunes générations qui veulent pouvoir décider eux-mêmes de leurs pratiques média.
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Fiche Technique
Etude réalisée du 20 au 25 août 2007 pour Télérama auprès d'un échantillon national de 1007 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées par téléphone. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d’agglomération.
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Plus d'informations :
Stanislas SEVENO
Département Médias
Tél : 33 (0)1 40 92 31 39
Fax : 33 (0)1 40 92 31 98
stanislas.seveno@tns-sofres.com

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