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Cécilia et Nicolas Sarkozy : faut-il en parler ?

Publié le 15 octobre 2007 par Christophe Laurent
Nous sommes le 17 octobre, voilà maintenant plus d’une semaine que le journal suisse la Tribune de Genève a révélé ce dont manifestement nombre de journalistes français savaient depuis un mois ou plus mais dont ils avaient choisi en toute conscience de taire. J’évoque ici la seule information dont il ne faudrait pas parler : l’improbable séparation de Nicolas et Cécilia Sarkozy.   Mais en réalité le premier média national à en faire part est le site satirique d’information Bakchich.info dont les fondateurs se désignent eux-mêmes comme « de jeunes godelureaux inconscients marqués au fer rouge par une première expérience dans la presse satirique ». Ceux-ci sous un titre digne du Canard Enchaîné « Cécilia, Championne de la rupture pour l’UMP ? » reconnaissaient néanmoins qu’il s’agissait là d’une antienne que l’on ressort à chaque coup dur « donnée comme imminente avant l’élection présidentielle, repoussée après des retrouvailles lors de la croisière du couple près de Malte et les vacances américaines, la rupture serait désormais imminente, selon les plus mauvaises langues. »   L’annonce faite de la [im] probable séparation du couple élyséen fait cependant aujourd’hui l’objet de toutes les rumeurs dignes des tabloïds britanniques alimentant démentis, polémiques et autres conséquence médiatiques. Les moteurs de recherche sur Internet ne savent plus où donner de la tête. Ah … si l’équipe de France avait remporté sa demi-finale contre la perfide Albion, certainement que les médias français auraient-ils pu retarder encore un peu le déferlement médiatique au sujet d’un événement somme toute banal : le divorce [im] probable d’un couple. Eh oui, la banalité de la vie quotidienne est aussi susceptible d’atteindre ceux-là mêmes qui n’ont de cesse que de courir après leur vie.   La vraie question serait donc celle posée par le journal Libération dans sa rubrique « Le Making-of – Les coulisses de Libé » renvoyant à son forum numéro 666 (rien à voir avec le diable !?) : « Le couple Cécilia-Nicolas : en parler, ou pas ? »   En parler trop revient à se comporter comme ces tabloïds britanniques dont tant de journalistes français critiquent régulièrement la médiocrité pour finalement accepter de les imiter sous la pression de leurs patrons.   En parler trop c’est aussi risquer de se voir traîner devant les tribunaux pour « intrusion et atteinte à la vie privée » (Cf. Wikipédia : « En mai 2005, en pleine campagne du référendum français sur la constitution européenne, elle n'apparaît plus aux côtés de son mari. Les médias français se font l'écho de la rumeur de problèmes conjugaux [3]. Ailleurs en Europe, des journaux comme Le Matin de Suisse romande et La Libre Belgique indiquent qu'elle est partie à New York et entretiendrait une liaison avec le directeur de Publicis Events, Richard Attias. Nicolas Sarkozy, selon la rumeur, aurait pendant cette période entretenu une relation suivie avec une journaliste du Figaro, Anne Fulda. En août 2005, on voit Cécilia Sarkozy à la une de Paris-Match avec Richard Attias. Nicolas Sarkozy attaque en justice Le Matin, qui diffuse quelques centaines d'exemplaires en France, pour « intrusion et atteinte à la vie privée » et obtient partiellement gain de cause … »)   Alors, ne pas en parler pourrait être considéré soit comme de la sagesse en refusant de céder aux sirènes éditoriales des tabloïds qui n’ont d’autre objectif que celui de la polémique soit comme de la couardise de la part de patrons de presse peu friands de contentieux qui préfèrent suivre leurs confrères étrangers qui leur ouvrent la voie.   Mais alors la vraie question est de savoir comment peut-on faire confiance aux journalistes ? Car comme le souligne la Tribune de Genève « c'est que les absences de la première dame de France commencent à poser de sérieux problèmes aux services du protocole. On l'a vu aux Etats-unis, où Cécilia a boudé la soirée chez les Bush en prétextant un mal de gorge. On l'a encore vu il y a quelques jours puisqu'elle a refusé de se rendre en Bulgarie où elle était pourtant très attendue. Les ennuis de couple du président français ne sont plus du domaine de la sphère privée. Pourtant, la presse française ne sait toujours pas comment les aborder. Une question d'éthique? Pas seulement. Les patrons de presse sont tous amis avec le président. Tant que l'info n'est pas officielle, elle n'existe pas. »   Entre temps nous aurons passé sous silence bien d’autres informations qu’il aurait été bien plus utile de commenter que cet [im] probable divorce de Cécilia et de Nicolas :   * La génétique qui sert une politique nationale de la haine au travers cet ADN dont la consonance prête trop ouvertement à la dérision ADHaine   * La faim dans le monde qui menace plus de 850 millions de personnes   * la tenue du congrès du Parti Communiste Chinois dont l’objet est tout de même de fixer les orientations pour les cinq années à venir d’un pays qui compte plus d’un milliard et trois cent millions de citoyens !   En résumé commenter   * Le recours aux test ADN : une politique nationale dont le ridicule et l’absurdité ne sont même plus mis en évidence par des journalistes dont le conformisme est décidément de trop bon ton (le déficit démographique de la France et de veille Europe en général est un sujet dont on entend peu parler en ce moment !). Seule bonne nouvelle, Nicolas Sarkozy apporte un soutien inconditionnel à l’accueil dans les centres d’urgences y compris des personnes sans papiers. "Je soutiens l'accueil inconditionnel dans les centres d'urgence, vous n'êtes pas les substituts de la police ni de la justice, vous n'êtes pas obligés de demander leurs papiers aux gens que vous accueillez", a déclaré le chef de l'Etat, selon Michel Faillard, président du Secours catholique.   * La faim dans le monde : un scandale qui donne froid dans le dos. Dans le même moment, les français en sont à se demander si le Grenelle de l’environnement sera un succès ou pas ! Oubliant que si le développement des biocarburants est vécu dans nos pays comme une victoire digne des plus glorieux combats, elle se traduit mécaniquement par une augmentation sensible du prix des céréales (ce n’est pas la seule cause, mais …) conduisant les pays en voie de développement à gérer encore plus difficilement l’alimentation de leur population. Nos pays riches donnent ainsi l’image d’enfants gâtés préférant mettre des céréales dans leurs moteurs que de nourrir des enfants qui meurent de faim …   * La présentation au Journal Télévisé de 20 heures de la tenue du congrès de Parti Communiste Chinois prend moins de temps que l’organisation de la semaine du goût en France …   Voilà une gestion de l’information qui a de quoi nous faire réfléchir sur notre démocratie …    

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