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Liberté de la presse en Algérie, le raport de RSF

Publié le 18 octobre 2007 par Adel Miliani

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Voici le dernier rapport annuel 2007, de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse en Algérie, notre pays est a la 123 ème dans le classement mondial de Reporters sans frontières,  qui mesure le degré de liberté de la presse dans 169 pays. Affligent constat a analyser minutieusement.

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Les autorités ont soufflé le chaud et le froid sur les médias algériens en 2006. La mesure d’amnistie, décrétée par le chef de l’Etat, pour les journalistes condamnés pour des délits de presse et la libération, en début d’année, de plusieurs journalistes incarcérés n’ont pas été accompagnées d’une réforme, très attendue, du code de la presse.

La décision du président Abdelaziz Bouteflika, le 5 juillet 2006, de gracier les professionnels de l’information condamnés pour “diffamation” et “outrage à institution et corps constitués” a certes libéré de nombreux journalistes du carcan judicaire auquel ils étaient soumis. Mais cette mesure n’a pas mis fin à la répression de la presse algérienne. Les médias n’ont pas échappé, en 2006, à des poursuites judiciaires et la peur de voir un nouveau quotidien fermé, comme ce fut le cas deux années auparavant pour le quotidien Le Matin, est présente chez de nombreux directeurs de publication. Au moins cinq journalistes ont été interpellés pendant l’année.

Alors que le code de la presse prévoit toujours des peines de prison - notamment pour toute “mise en cause du président de la République dans des termes injurieux, insultants ou diffamatoires” - , une nouvelle ordonnance, votée en février 2006, portant sur la mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, se révèle tout aussi dangereuse pour les professionnels des médias. Ce texte, qui peut donner lieu à de multiples interprétations, prévoit des peines de cinq ans de prison et des amendes pour tout individu qui “par ses déclarations, écrits ou tout autre acte, utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale, pour porter atteinte aux institutions de la République algérienne démocratique et populaire, nuire à l’honorabilité de ses agents qui l’ont dignement servie, ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan international”.

Une instrumentalisation de la justice

Les procès qui se sont ouverts cette année sont particulièrement représentatifs de l’instrumentalisation de la justice par les autorités algériennes. Les sanctions qui sont déjà tombées en première instance marquent le début d’un nouveau feuilleton politico-judiciaire dont l’issue semble jouée d’avance. Plusieurs journalistes ont confié à Reporters sans frontières ne pas avoir reçu de convocation à leur propre procès. C’est ainsi que le tribunal d’Hussein-Dey dans la banlieue est d’Alger a condamné, le 31 octobre, le directeur du quotidien Ech-Chourouk Ali Fadil et la journaliste Naïla Berrahal à six mois de prison ferme et 20 000 dinars (soit l’équivalent de 220 euros) d’amende suite à une plainte en diffamation déposée par le président libyen Mouammar Kadhafi. Le tribunal a également prononcé la suspension du journal pendant deux mois et l’a condamné à verser au chef d’Etat 500 000 dinars (5 500 euros) de dommages et intérêts. Dans une autre affaire, le tribunal de Jijel, à 360 km à l’est de la capitale, a condamné par défaut, le 25 décembre, Omar Belhouchet, directeur de publication du quotidien El Watan, et le chroniqueur Chawki Amari à trois mois de prison ferme pour “diffamation” après la publication d’un article, au mois de juin, dénonçant les malversations d’un haut fonctionnaire.

Par ailleurs, des journalistes ont découvert en 2006 l’existence de plaintes ou de condamnations judiciaires dont ils ne soupçonnaient pas l’existence. C’est le cas notamment d’Arezki Aït-Larbi, correspondant des journaux français Le Figaro et Ouest-France, qui a appris, après avoir essuyé un refus de renouvellement de son passeport, l’existence d’une condamnation à une peine de six mois de prison datant de décembre 1997. Une plainte aurait été déposée par un ancien directeur du département d’application des peines, rattaché au ministère de la Justice, dont la passivité face à des sévices subis par les prisonniers du pénitencier de Lambèse avait été dénoncée par M. Aït-Larbi dans un article.

Mohamed Benchicou, le directeur de publication du Matin, a purgé la totalité de la peine d’emprisonnement de deux ans à laquelle il avait été condamné, le 14 juin 2004, pour “infraction à la législation sur les mouvements de capitaux”. Il avait été interpellé à l’aéroport d’Alger en possession d’un reçu bancaire (bon de caisse), portant sur une forte somme d’argent et libellé en dinars. En février 2004, à l’heure où la campagne présidentielle battait son plein, il avait publié un pamphlet intitulé “Bouteflika, une imposture algérienne”. La même année, le siège de son journal avait été vendu aux enchères suite à un redressement fiscal et le quotidien contraint d’arrêter sa parution sous la pression d’une imprimerie d’Etat qui réclamait le règlement de ses dettes.

Enfin, l’Algérie n’a pas échappé à la fièvre déclenchée dans le monde arabe par la publication des caricatures danoises du prophète Mahomet. En février, Kamal Bousaâd et Berkane Bouderbala, directeurs des hebdomadaires arabophones Errissala et Essafir, ont été incarcérés pendant un mois pour avoir reproduit les dessins controversés. Le ministère de la Communication avait déposé une plainte sur la base de l’article 144 bis alinéa 2 du code pénal qui prévoit de trois à cinq ans de prison pour “toute personne qui offense le Prophète et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’islam”. L’affaire est toujours en cours. Dans le même dossier, les directeurs des chaînes publiques Canal Algérie et A3 ont été relevés de leurs fonctions par leur directeur général.


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