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De la lutte collective à la souffrance individuelle

Publié le 12 octobre 2009 par Jfa

Je ne poste aujourd’hui qu’un extrait d’un remarquable article de MédiaPart datant de quelques jours, signé de Pierre Dardot (philosophe) et Christian Laval (sociologue) qui retrace l’histoire du passage de France Télécom à Orange.

“L’un des  symptômes les plus éloquents des transformations en cours est justement le remplacement dans le discours sur le travail de la problématique de la « lutte » par celle de la « souffrance ». La lutte avait une dimension collective, elle avait pour sujet un groupe, elle s’opposait à un autre groupe, elle prenait à témoin la société, s’adressait à ses représentants officiels et participait d’un mouvement historique beaucoup plus vaste qui reliait les générations, faisant ainsi le pont entre le passé et l’avenir. La « souffrance » est en revanche individuelle. Si la lutte est collective, les individus souffrent seuls. Le rapport professionnel conflictuel est intériorisé, la violence subie est comme « privatisée », comme retournée contre soi. Et dans les cas de suicide, ce sont des individus isolés qui, un par un, passent à l’acte.  C’est dire à quel point la dimension « sérielle » des suicides ne suffit pas à en faire un acte collectif”.

“On assiste indiscutablement à l’érosion du collectif qui protégeait les individus, l’affaiblissement de la solidarité qui rendait supportable un travail pourtant physiquement très dur dans les usines taylorisées… La définition d’objectifs individualisés, les pratiques d’évaluation, l’accélération des mobilités en interne, la promotion  de la réussite individuelle, toutes ces pratiques entraînent inmanquablement une désocialisation du travail, une déperdition de sa valeur et de sa portée sociale. On travaille pour soi comme on vit pour soi. C’est ce que les sociologues du travail  appellent « travailler sans les autres » (Danièle Linhardt).  Mais en raison de la grande porosité entre le travail et la vie personnelle, cette logique pénètre toute la sphère de la vie : chacun est convié à « vivre sans autrui », selon l’expression du psychanalyste  Jean-Pierre Lebrun. Le sujet, réduit à un corps et à un moi, se coupe des dimensions symboliques et sociales qui lui donnent un statut, une existence avec et pour les autres”.

(…)

“On pourrait cependant avancer une hypothèse plus pessimiste au vu des pratiques en usage dans une entreprise comme France Télécom. Les nouvelles formes d’organisation du travail et les nouveaux rapports sociaux induisent chez les salariés de plus en plus de rivalité, d’inimitié, d’hostilité les uns à l’égard des autres. Le salarié n’est pas seulement amené à travailler sans les autres, il est conduit à travailler contre les autres, et donc à vivre non seulement sans les autres mais contre les autres. La peur de perdre son emploi, l’évaluation et les contrats d’objectifs, les primes individuelles, le recours à la sous-traitance, la mobilité systématique, tout une batterie de techniques ont affaibli le collectif et développé la concurrence entre salariés”.

Cela me fait irrésistiblement penser à la campagne électorale de N. Sarkozy qui avait passé son temps à monter des catégories de français les uns contre les autres, prenant appui, à l’instar de Le Pen mais dans un autre registre, sur ce que chacun de nous a de moins noble: l’envie et la jalousie du voisin. Le libéralisme économique commence à nous ronger les cerveaux.

- Le siècle des réseaux. InternetActu.

- Se prémunir des emails frauduleux. Le Monde.

- Les réactions de la presse étrangère à la nomination du Prince Jean. Rue 89, Le Monde, NouvelObs. Nous n’avons plus grand chose à envier à l’Italie de Berlusconi ni au Gabon de Bongo. La pétition en ligne a déjà recueilli plus de 27 000 signatures en 3 jours.

- Mitterrand-Polanski vu par NewsWeek.

- Les Régionales en Paca vues par Marianne.

- “Une nouvelle méthode d’analyse des sédiments a permis de reconstituer les niveaux de CO2 durant les derniers 20 millions d’années. Il faut remonter 15 millions d’années en arrière pour trouver un niveau de CO2 proche des 387 ppm actuels. A cette époque, durant le Miocene, l’athmosphère contenait 400 ppm de CO2. Les températures étaient alors supérieures de 3 à 6°C par rapport à aujourd’hui, et le niveau des mers de 25 à 40 mètres”. ContreInfo.


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