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Décroissance ou développement durable

Publié le 13 octobre 2009 par Faunus

La décroissance est un ensemble d’idées soutenu par certains mouvements anti-productivistes, anti-consuméristes et écologistes appelés « objecteurs de croissance ». Ils rejettent l’objectif, en tant que tel, d’une augmentation du taux de croissance économique, dont certains prônent même une réduction contrôlée. Le terme est parfois complété par des adjectifs : « décroissance soutenable » ou « décroissance supportable » (sustainable de-growth).

Décroissance
Les objecteurs de croissance, appelés aussi « décroissants » dans la presse, s’opposent aux défenseurs du « développement durable » ou « développement soutenable » (sustainable development), ceux-ci ne remettant pas en cause l’idéal de croissance.

Les partisans de la décroissance contestent en effet l’idée d’un développement économique infini : selon eux, le taux de production et de consommation ne peut pas être durablement accru ni même maintenu, dans la mesure où la création de richesse mesurée par les indicateurs économiques comme le PIB correspond à une destruction du capital naturel et que ce dernier est épuisable.

Les objecteurs de croissance prônent au plan individuel la démarche dite de « simplicité volontaire » et, au plan global, une « relocalisation » des activités économiques afin de réduire l’empreinte écologique et les dépenses énergétiques.

Origines :

Le concept de décroissance trouve son fondement théorique chez différents écrits et penseurs du XXe siècle. Parmi les pères de la décroissance, on peut trouver le Club de Rome et Nicholas Georgescu-Roegen sur des aspects théoriques et techniques, mais aussi Jean Baudrillard, André Gorz et Ivan Illich qui avancent des idées assez proches de celles proposées par des économistes contemporains comme Serge Latouche.

L’intérêt porté par les mouvements décroissants à l’articulation de l’individuel et du collectif, via la démarche de simplicité volontaire notamment, les amènent à trouver dans les écrits de Gandhi une base théorique à leur réflexion sur la place de chacun dans la société.

Source :Wikipédia

Qu’est-ce que la décroissance ?

La décroissance n’est pas un concept mais un « mot-obus » pour mettre à bas l’idéologie de la croissance pour la croissance. Cependant la décroissance n’est pas le contraire de la croissance économique, elle n’est donc pas la récession, car il n’y a rien de pire que l’inverse de la croissance dans une société de croissance.

La décroissance n’est donc pas un autre modèle économique, ni même une politique économique alternative. Pour mieux comprendre la signification du mot d’ordre de « décroissance », on devrait même parler d’« a-croissance » comme l’on parle d’a-théisme.

La mouvance de la décroissance entend ainsi faire décroître l’empreinte écologique de nos sociétés, tout en remettant en cause l’économisme qui empreint nos imaginaires collectifs et individuels. C’est-à-dire qu’il faut par la décolonisation de notre propre imaginaire « sortir de l’Economie » pour la remettre à sa place, c’est-à-dire la réenchâsser dans le social et le politique, et plus largement dans nos vies. Pour une société où il y ait « plus de liens et moins de biens ! »

C’est aussi l’idée de ne produire que ce qui est vraiment utile et de trouver des modes de productions cohérents avec des besoins cernés. Nous voulons être responsable et gagner notre autonomie.

C’est enfin, maintenant que nous approchons sensiblement des limites de notre écosystème, l’idée d’apprendre à vivre avec lui au lieu de le détruire.

Pour se questionner plus :
Un dossier de decroissance.info

Quelle est la différence entre « décroissance » et « développement durable »

Ces deux notions peuvent paraître proches mais ne le sont pas.

decroissance
En quelques mots on peut dire que le ’développement durable’ cherche à concilier croissance économique et respect de l’environnement alors que la ’décroissance’ considère que la croissance économique est un des principaux facteurs de la destruction de notre environnement. Par ailleurs la problématique de la ’décroissance’ déborde largement la question écologique.

Pour plus d’informations consultez la comparaison détaillée de ces deux concepts. On peut également voir la traduction en anglais de ce même tableau : « Degrowth vs. Sustainable development ».

Si le terme « décroissance » vient s’opposer à « développement durable », c’est aussi en raison de la récupération simple et sans complexe qui a été faite de ce dernier par les industriels.

Voir par exemple  » le bétisier de la décroissance « , établi sur le site www.décroissance.org

Qu’est ce que la simplicité volontaire ?

C’est le fait d’adopter un mode de vie sans fioriture, où seul l’essentiel a sa place, en tout cas d’un point de vue purement matériel.

En pratique, cela va consister à avoir peu de besoins et à utiliser les produits de la manière la plus économique, de manière à aller le moins souvent possible dans les magasins.

Cela a pour conséquences directes de tranquilliser l’esprit, d’économiser la planète, et de faire gagner moins d’argent aux multinationales.

On peut tenter de résumer la simplicité volontaire en citant Mahatma Ghandi : « Vivre plus simplement pour que d’autres puissent tout simplement vivre »

Est-ce que la simplicité volontaire c’est se priver ?

Certains reprochent aux décroissants de refuser en bloc le confort et la technologie, de prêcher l’ascétisme et la privation lorsqu’ils parlent de simplicité volontaire, bref d’être un peu des crispés. C’est là se méprendre sur un point essentiel, car ça sous-entend qu’une simplicité volontaire ne peut pas être agréable et appétissante, et qu’on ne peut adopter un tel mode de vie qu’en s’y contraignant.

Une simplicité volontaire est un mode de vie qui pollue moins, produit moins de déchets, et qui consomme moins de ressources non renouvelables.

Mais vivre dans une simplicité volontaire ne consiste aucunement à se priver ni à s’auto-réprimer, ce n’est pas vivre dans la frustration. Il ne s’agit pas par exemple de prendre les transports en commun ou son vélo « pour la bonne cause » en pensant que quand même on préfèrerait y aller en voiture, de se forcer à ne pas acheter des choses dont on a envie, de préparer ses repas au lieu de réchauffer des plats cuisinés au micro-ondes mais en râlant parce que ça prend du temps, etc… Il ne s’agit pas de se forcer à le faire, mais de le faire parce qu’on en a envie.

La simplicité volontaire consiste dans un premier temps à décoloniser l’imaginaire, à désirer autrement, comme le dit entre autres Miguel Benasayag. Comment peut-on trouver le vélo plus désirable que la voiture individuelle ? Comment cultiver un potager peut-il être plus désirable que de consommer des légumes achetés en grande surface ? Comment, pendant trois heures et demie par jour [1], faire autre chose que regarder la télé peut-il être plus désirable que de la regarder ?

Pour cela, il s’agit d’abord de garder un regard critique, de ne pas considérer comme une certitude que le mode de vie classique des pays riches est par essence le meilleur, et surtout il s’agit de découvrir d’autres modes de consommation associés à d’autres modes de vie, plus riches, plus agréables, plus appétissants. Peut-être ce site vous permettra-t-il de trouver quelques pistes de réflexion à ce sujet.

[1] Durée moyenne que passe un habitant de l’union européenne à regarder la télévision

Pourquoi la décroissance propose de  » sortir de l’économie  » ?

Pourquoi les objecteurs de croissance ne revendiquent-ils pas l’écologicisation de l’économie ou des sciences économiques, ni une sorte de croissance économique zéro et encore moins une croissance économique à l’envers (une décroissance économique), mais carrément une sortie de l’économie ?

« Sortir de l’économie », c’est instiller le doute sur ce qui peut paraître évident : les catégories de base de l’économie. Car est-il si universel et évident que les échanges soient réglés par l’argent, le salaire, la valeur d’échange, les prix, les dites « lois » économiques ? D’où sortent toutes ces représentations devenues notre réalité quotidienne ? Quelle est leur histoire, quelle est leur genèse, où et comment sont-elles apparues ? Ce sont là des questions que peu de personnes posent… donc, nous les posons en nous inspirant de travaux d’anthropologues, d’historiens, de philosophes, voire d’économistes en rupture de ban. En effet, les catégories de base de l’économie (aussi bien classique que fordiste, keynésienne, néo-libérale comme altermondialiste) sont-elles les seules conditions de possibilité de l’échange ?

Cette généalogie des catégories de base de l’économie, permet ainsi un relativisme qui chasse l’évidence si partagée du caractère normal et naturel des conditions actuelles de nos existences réduites à des marchandises et à de simples choses. En sortant de ces catégories de base de l’économie, nous montrons clairement que nous pouvons construire sur autres choses que l’universalisme d’une vision dominante qui réduit la réalité du monde et la sensibilité humaine à de la simple « réalité économique ». La vie n’est pas la « vie économique ».

Pour aller plus loin voir cet article : Sortir de l’économie ça veut dire quoi ?. On peut aussi lire ce livre de Serge Latouche, L’invention de l’économie, Albin Michel, 2005. Gilbert Rist, Le développement. Histoire d’une croyance occidentale, Presses de Science-Po, 2001. Ou encore, Anselm Jappe, Les Aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur, Denoël, 2003.

Source : Decroissance.info

http://www.decroissance.info/-Foire-aux-questions-#question_5

Tags:autonomie, capital, croissance, décroissance, developpement durable, écologie, economie, ecosysteme, PIB, produire, récession, société

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