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Le Sexe Enchanté

Publié le 19 octobre 2007 par Bloggn

PEINE, PÉNIS, PENNE
ou le sexe enchanté

Imaginez le contexte.
Une Nuit Curieuse organisée à la Ferme du Buisson, lieu dit d’art et de culture dont le décor sublime est planté au cœur du grand capharnaüm de Marne la Vallée. Une douce nuit de février… beaucoup trop douce pour février !
Tout le monde se presse. Trop de monde aussi devant la grande porte de ce qui a dû être une étable ou une grange. Douze personnes seulement pourront pénétrer. Douze convives seront invités à s’asseoir et à écouter.
Après avoir raté la première séance (seulement trois sont prévues cette nuit-là !), avoir rallé un peu, s’être éparpillé vers d’autres spectacles et expositions à caractère érotique, nous voici à nouveau à piétiner en s’inquiétant un peu de pouvoir assister à cette curiosité si bien protégée.
Ca y est ! Nous sommes de l’autre côté, à la fois dedans mais encore à l’extérieur du cube où se déroulera l’action.
Deux hôtesses nous proposent de nous débarrasser de tout ce qui pourrait nous tenir chaud !
Elles nous aident à revêtir une cape de nylon noir, matière aussi sublime qu’étrange, et qui dérange un peu et fait du bruit à chacun de nos mouvements.
Maintenant elles nous accompagnent un à un, lentement, très lentement, pour nous placer avec beaucoup de précision.
Chacun sa chaise dans ce grand cube aux murs de tissus noirs ;
Chacun sa chaise et plus question de bouger, nous chuchotent-elles à l’oreille avant de nous livrer définitivement au spectacle.
Le noir se fait totalement noir.
Impossible même d’apercevoir son voisin ou sa voisine.
Impossible de bouger tellement le nylon semble résonner de ses froissements dans l’espace confiné.
Tout juste respirer et attendre !
Quelques sons, une musique et du bruit…peut-être le chant d’un oiseau. Et la voix d’un homme, une voix grave et sensuelle qui nous raconte son histoire. Mais avant même la voix, il y a l’odeur de l’homme, mêlée de sueur et de chocolat, un peu comme une effluve à la fois repoussante et gourmande. Il est là avec nous, dans cette cage obscure, qui se déplace et nous enlace parfois. Il est là qui respire et qui parle, vit et bouge autour de nous qui sommes à sa merci, qui sommes ses proies dans l’ombre.
Soudain un éclair !
Juste le temps d’apercevoir une forme humaine.
Un corps viril, presque totalement dénudé…il porte un slip de cuir et puis…impossible d’en être sûr vraiment. Il continue de parler juste et haut, de sa voix calme… de déclamer son texte, une histoire de sexe et de cheveux. Sa présence est entière. Une voix. Une odeur. Une chaleur qui tourne dans la pièce.
Un nouvel éclair nous le donne à l’apercevoir au sol. Contorsionné. Déformé. Et puis un autre un peu plus loin.
Il est debout.
Il est plus grand que dans notre imagination.
Il s’apprête à sortir.
Il s’apprête à passer à travers le rideau.
Puis la lumière s’éteint à nouveau. Le noir total. Et puis le silence. Le silence lourd qui est le nôtre. Et puis déjà l’absence de l’autre. L’absence de ses paroles et de son corps qui nous ont quitté trop brutalement. Trop rapidement.
Le rideau semble se déchirer cruellement sur la lumière qui pointe la sortie.
Nous voici à l’extérieur de la structure. Comme à l’extérieur de notre propre corps. De notre propre tête. Quelques mots, presque rien, quelques remerciement à nos hôtesses, de l’ordre du balbutiement, un peu comme gênés de ce que nous avons vu, ou entendu plus que vu. Un peu encombrés de ce que nous avons vécu.
Quelques instants d’émotion après, nous sommes dehors. Il semble faire plus froid. Il semble faire plus noir encore qu’à l’intérieur. C’est février qui nous ramène à la réalité. C’est février et le rideau qui est retombé !

Texte de Marie Nimier, premier opus du spectacle Corpus Éroticus
monté par la compagnie Ce dont nous sommes faits.
Mise en scène par Virginie Deville.
Production prévue pour 2008


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