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Fils d’appareil

Publié le 15 octobre 2009 par Christophefaurie

J’ai entendu M.Fromantin dire que Jean Sarkozy n’a pas de projet pour l’EPAD. D’après ce que l’on m’a expliqué des hommes politiques, ils sont tous ainsi : ils n’ont pas d’objectif pour la nation, ce qu’ils aiment c’est le « pouvoir » : notoriété, grand train de vie, discours, élections, intrigues, coups de théâtre…

Une classe politique peu préoccupée de nos intérêts

Et le résultat n’est pas très bon pour nous. Par exemple, voici ce que je perçois des trois leaders politiques français les plus remarqués :

  1. N.Sarkozy et S.Royal sont faits sur un modèle identique d’agitation brownienne.
  2. M.Aubry (fille de son père) possède une pensée politique qui s’est apparemment épuisée avec les 35h. D’ailleurs ce qu’elle a d’exceptionnel n’est-il pas sa capacité à diriger le PS, en dépit de luttes de factions incessantes, et d’un soutien minoritaire ? Autrement dit sa maîtrise des rouages de l’appareil ?

Jean Sarkozy pourrait être vu comme une illustration de la théorie du capital social de Pierre Bourdieu (selon laquelle la fortune, au sens ancien du terme, d’un homme dépend de sa place dans la société), cependant je me demande si celle de Merton sur la bureaucratie n’est pas plus appropriée :

La politique française victime des partis politiques

Robert Merton avait remarqué que les strates bureaucratiques suivaient des objectifs qui leur étaient propres. C’est le « détournement de but ». Il y avait « ritualisation », le moyen était révéré plutôt que la fin, l’intérêt de l’organisation globale. C’est ainsi que les directions de la communication font de belles campagnes de communication, sans toujours s’inquiéter de l’utilité d’une campagne de communication pour l’entreprise, que les directions techniques aiment la technique pour la technique, etc.

Notre système politique semble fonctionner de même. Il a une existence indépendante de celle de la nation. Il produit des êtres à son image, qui a leur tour le reproduisent. La raison du phénomène, comme pour la bureaucratie, est la professionnalisation. L’homme politique est un rouage d’une organisation, le parti politique.

En fait, le parti est fruit de la nécessité :

  • Pour se faire élire, il faut se faire connaître. Le coût de la publicité nécessaire est colossal.
  • La carrière politique ne peut être que continue, car un politique aura beaucoup de mal à trouver un autre type d’emploi.

Jadis les hommes politiques avaient une fortune, aujourd'hui ils ne l'ont plus, et ont besoin de l'aide d'un appareil.

Or, le parti et ses rouages vont probablement à l’encontre des principes de notre démocratie : nos élus ne devraient-ils pas être une sorte d’échantillon représentatif de la nation, qui exprime ce que Rousseau appelait « la volonté générale » ?

Une politique sans partis ?

Quelques pistes, à creuser, pour éliminer les structures politiques, dissoudre appareils et professionnels :

  • Réduire le besoin d’hommes politiques à plein temps. Découper les fonctions électives, de façon à ce qu’une grande partie d’entre elles soit accessible au bénévolat.
  • Faciliter la publicité aux actions et à la pensée des « meilleurs d’entre nous », probablement des gens dévoués à la cause commune sans être engagés dans la politique professionnelle. Le web social a peut-être des choses à dire sur le sujet.
  • Réduire les coûts de reconversion en fin de mandat électif.

Compléments :

  • Merton, Robert K., Social Theory and Social Structure, Free Press, 1968.
  • Un autre système qui aurait dû n’être fait que de bénévoles dévoués à la communauté et qui est devenu un appareil : Sociologie des syndicats
  • Les techniques « d’auto-gestion » de bien communs (sans nécessité d’appareils) : Governing the Commons.
  • Le contrat social / Rousseau.

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