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Question de citation...

Publié le 20 octobre 2007 par Christophe Foraison
Mardi soir, les cours à l'université pour tous ont repris.
C'est toujours un plaisir de rencontrer d'autres publics, d'échanger d'autres expériences.
C'est  vrai quoi...pourquoi limiter l'enseignement des Sciences Economiques et Sociales aux des jeunes de 16 à  20 ans ^^ ?). 

elias.jpg J'ai choisi dans un premier temps de poser la question-problème:
"Dans quelle société vivons-nous ?" (pour paraphraser François Dubet et Danilo Martuccelli).

Parmi les différentes approches, j'ai utilisé des éléments de l'analyse de Norbert Elias.
Voici quelques citations qui me paraissent lumineuses:

"Cherchons une image simple capable d’illustrer la différence entre l’insertion d’un individu dans une société différenciée et l’insertion de l’individu dans une société moins différenciée : tâchons de nous représenter le réseau des routes et voies de communication dans les deux types de société. Les routes représentent les fonctions spatiales de l’interdépendance sociale

Regardons les routes cahoteuses, mal pavées, défoncées par la pluie et les intempéries de la société de guerriers régie par l’économie de troc. La circulation sur ces routes est, à quelques exceptions près, minime ; la menace qui vient de l’homme se présente sous la forme d’une attaque toujours à craindre par des guerriers ou des brigands. Les voyageurs regardent à droite et à gauche, ils scrutent les collines et les bosquets, ils observent d’un œil méfiant la route devant eux, car ils risquent à tout moment une attaque armée ; ce n’est qu’en second lieu qu’ils songent à la nécessité de laisser le passage à quelque autre voyageur. Pour s’aventurer sur les routes de cette société, il faut être prêt à combattre, à faire appel à son agressivité pour défendre sa vie et ses biens. 

La circulation dans les rues principales d’une grande ville de notre société différenciée exige un conditionnement très différent de notre appareil psychique. Le danger d’une attaque armée est réduit au minimum. Des automobilistes filent à toute vitesse. Les piétons et les cyclistes cherchent à se frayer un passage dans les carrefours encombrés. Mais cette régulation de la circulation présuppose que chacun règle lui-même son comportement en fonction des nécessités de ce réseau d’interdépendances par un conditionnement rigoureux. Le danger principal auquel l’homme est ici exposé est la perte de l’autocontrôle d’un des usagers de la voie publique. Chacun doit faire preuve d’une autodiscipline sans faille, d’une autorégulation très différenciée de son comportement pour se frayer un passage dans la bousculade. Si jamais l’effort qu’exige cette autorégulation dépasse les possibilités d’un individu, ce dernier et bien d’autres se trouvent en danger de mort.

collinsst.jpg

C’est là une simple image. L’enchaînement des actes qui lie les membres d’une société différenciée les uns aux autres, l’autocontrôle auquel l’éducation les astreint depuis le plus bas âge vont beaucoup plus loin que notre exemple ne le laisse paraître. Mais il nous donne au moins une idée des rapports étroits entre la permanence et la différenciation de l’habitus de l’homme dit « civilisé » d’une part, et la différenciation des fonctions sociales, la grande variété des actes devant être accordés et harmonisés de l’autre »

Norbert Elias, La dynamique de l’Occident, Paris, Calmann-Lévy, 1975

Voici un extrait de Mon oncle de Jacques Tati (1958)


 

Deuxième citation:
« Nous faisons partie les uns des autres »

Norbert Elias, La solitude des mourants, Paris, christian bourgeois, 1987

Un autre extrait de Mon Oncle (Jacques Tati 1958)





Mes commentaires seront réservés à ceux et celles qui commentent ^^



Allez un must de la chanson, du lourd, du très costaud


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