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Le vol de l'aiglon

Publié le 18 octobre 2009 par Malesherbes

M’inspirant très largement d’un article du Canard enchaîné daté du 14 octobre, je retrace ici les grandes étapes du vol triomphal de notre aiglon.

- Le 20 mars 2008, Isabelle Balkany, en compagnie du second vice-président du Conseil Général 92, Alain-Bernard Boulanger, s’oppose vigoureusement à Patrick Devedjian qui menace de lui retirer sa vice-présidence. Il convient de rappeler ici que les Balkany sont des amis de trente ans de notre président qui a su s’arracher aux obligations de sa charge pour assister au mariage de leur fille le 9 avril 2008. L’Elysée a donc appelé M. Devdjian et tout est rentré dans l’ordre.

- Le 16 juin 2008, sur sa lancée de son élection aux cantonales, Jean Sarkozy obtient la Présidence du groupe UMP suite à un accord entre les élus UMP et les quatre conseillers du Nouveau Centre qui renoncent à présenter leur candidat Hervé Marseille. On trouve des gens pour appeler cela une élection, je les laisse à leur appréciation.

- Le 15 octobre 2008, un décret nomme le sous-préfet Philippe Chaix directeur général de l’EPAD et de l’EPASA, établissements présentement distincts. M. Chaix avait été nommé le 20 février 2006 secrétaire général de la préfecture 92. Tiens, tiens !

- Le 23 janvier 2009, le sénateur UMP Dominique Leclerc propose un amendement à la loi sur la relance de l’économie afin de porter de 65 à 70 ans la limite d’âge pour les patrons d’établissement public. La limite actuelle de 65 ans contraignait Patrick Devedjian à libérer la tête de l’EPAD en décembre 2009. Mauvaise pioche. La décision 2009-575 DC du 12 février 2009 du Conseil constitutionnel déclare cet amendement contraire à la Constitution, comme « dépourvu de tout lien avec les dispositions qui figurent dans le projet de loi ».

- Le 15 juillet 2009, un décret présidentiel nomme Hervé Marseille au Conseil économique et social. D’après les statuts, c’est à l’honorable Maire de Meudon, soutien en 2007 de Nicolas Sarkozy, contre l’avis de son parti, qu’il revenait de succéder à M. Devedjian après son départ. Il a en outre l’élégance de démissionner du Conseil général fin septembre. Pas de chance, il va nous falloir y organiser une élection. La démocratie, quelle contrainte. Heureusement qu’il y a des grâces d’état (ou d’Etat ?).

Comme on n’est jamais assez prudent, de février 2008 à septembre 2009, huit des neuf fonctionnaires siégeant au Conseil d’administration de l’EPAD ont été remplacés, sans doute par des personnes mieux au courant de l’enjeu. Et ne voilà pas qu’à cause de ce déchaînement médiatique, on s’apprête à leur demander de ne pas voter. Tous ces mouvements pour rien, c’est à désespérer.

Enfin, j’espère que cet exposé vous aura convaincu de ce que, si Monsieur Fils accède à la tête de l’EPAD, c’est bien parce qu’il est le plus doué de sa génération, que dis-je, de toutes les générations depuis Bonaparte, général à peine sorti des jupes de sa mère, et qu’il y est parvenu tout seul, sans l’aide ni de son papa Nicolas, ni de sa marraine Isabelle, ni d’aucun ami, copain, obligé, affidé, serviteur, esclave, de notre Président à la gloire impérissable.


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