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Bionique ta série...

Publié le 21 octobre 2007 par Brunoh

Ô toi, lectrice ou lecteur âgé de 30 à 40 ans, tu te souviens certainement de ces deux séries des années 70, qui mettaient en scène une jolie institutrice blonde nommée Jaimie Sommers et un ancien astronaute du nom de Steve Austin.
Ces deux personnages avaient pour particularité d’avoir survécu à de graves accidents (un saut en parachute pour la première, un crash d’avion pour le second), avec à la clef d’importantes séquelles, à savoir l’amputation des deux jambes et du bras droit, sans oublier la perte de l’oreille de l’une et de l’oeil gauche de l’autre...
Fort heureusement, comme l’affirmait le générique de l’époque : “Gentlemen, we have the power to rebuild him, we know the technology...” La technologie, en l’occurrence, provenait en droite ligne d’un (mauvais) roman de Martin Caidin, paru en 1972 et intitulé “Cyborg”.
En pleine guerre froide et à une époque où l’on pressentait déjà nettement les possibilités futures de l’électronique miniaturisée, les séries “Super Jaimie” et “L’homme qui Valait Trois Milliards” nous montraient l’implantation de membres bioniques (curieusement traduits par le néologisme “bio-ionique” dans la version française) qui remplaçaient fort avantageusement les organes devenus défaillants ou manquants.
Ainsi équipés, nos cobayes devenaient capable de courir à plus de 60 miles à l’heure (sans faire la conversion, je vous assure que c’est beaucoup mieux que Ben Johnson, même dopé, aux JO de Séoul en 1988), de sauter à des hauteurs de plusieurs dizaines de mètres et de tordre des barres de fer, voire de faire exploser des balles de tennis par la seule force de leur main droite. Le tout accompagné d’effets sonores extraordinaires, qui transformèrent durant plusieurs saisons les cours de récréation françaises en refuges de mini-débiles, courant dans tous les sens en faisant “ta ta ta ta ta ta ta ta ta ta ta ta ta...” (je vous jure que c’est vrai : j’y étais !)
Pourquoi est-ce que je vous parle de tout ça ? Tout simplement parce que la chaîne américaine NBC vient de ressusciter Jaimie Sommers !
J’ai eu le privilège immense de visionner les deux premiers épisodes de cette toute nouvelle série intitulée “Bionic Woman”. Autant vous le dire tout de suite : en dehors du nom du personnage principal, les rapports avec les précédents opus des seventies sont quasiment inexistants. Jaimie, la gentille instit, est devenue une barmaid courageuse, qui élève seule sa petite soeur de quinze ans. Elle sort depuis quelques mois avec un brillant chercheur, se retrouve enceinte, et - le soir même où elle avoue la chose à son amoureux - leur voiture se fait littéralement défoncer par un gros camion. Vous l’aviez probablement deviné : le chercheur sort indemne de cet accident, tandis que Jaimie est grièvement blessée. Sauf que le brillant universitaire appartient en réalité à une organisation secrète, qui travaille notamment sur l’implémentation d’organes artificiels possédant des capacités de résistance bien plus importantes que celles des pièces d’origines. Forcément, à une époque où même les voitures se font réparer directement par le biais de connexions électroniques, il devait y avoir un bug quelque part. Ce dernier concerne des séquelles quelque peu fâcheuses, liées à l’opération. Cette technologie ayant été initiée à des fins militaires, des puces ont été intégrées dans le cerveau de ces femmes et hommes “améliorés”, leur permettant de ressentir et d’activer leurs nouveaux membres artificiels, avec pour effet secondaire de révéler chez eux des réflexes de destruction parfois incontrôlables... Ainsi, dès le premier épisode, on découvre que la personne qui conduisait le camion à l’origine de l’accident de Jaimie n’est autre que... la première femme bionique, qui a visiblement pété un plomb malgré les tentatives de neutralisation de la part de l’organisation secrète, laquelle se révèle d’ailleurs de moins en moins nette sur le sujet... Bref un bon délire parano à la X-Files, agrémenté de touches de “Cold Case” ou de “FBI portés disparus”, avec malheureusement une psychologie trop sommaire des personnages... Malgré tout ça, la mayonnaise retombe dès l’épisode 2, et je crains le pire pour la suite. Comme quoi les remakes ne font pas forcément les meilleures séries !

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