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et de traverser la vie

Publié le 17 septembre 2009 par Lironjeremy
et de traverser la vie

Montage de l’exposition à Lyon samedi et dimanche. Le staf, les allées vides, les pass et tous artisans à ce moment à planter ses vis, vérifier l’horizon, ajuster. On a commencé le matin tôt samedi afin d’éviter les problèmes de circulation de la fin d’après-midi, devant charger par deux fois à l’atelier à Rillieux avant de rejoindre le quai Rambaud. 12 km allé et 12 km retour. Mais tout prenait plus de temps que prévu, le chargement, les trajets, et nous avons terminé à 19h00 sans avoir pu trouver autre chose à manger qu’un toast/jus de fruit à 15h00. Mal au bas du dos, déjà. Dimanche j’ai croisé quelques têtes vues lors du cocktail de l’IAC à Villeurbanne. C’est moins désagréable que de se sentir étranger à une foule solidaire, quelque peu importun. Avec le temps tout ça se simplifie, on s’habitue à ces parades et y sinue tout en s’en détachant. De focaliser sur les questions de peinture me fait prendre ces jeux sociaux avec une distance particulière. Et puis peut-être de gagner ma vie autrement. Suis rentré tard en moto, le ventre vide et me suis fait des pâtes au beurre vers minuit. Réveil à 6h30 le lendemain pour regagner le collège donner deux cours à mes classes de 6eme : comment définir un objet et qu’est-ce qu’une représentation. Le tableau de Magritte avec cette pipe qui n’en est pas une est un bon outil. « L’image d’une pipe », « sa représentation », ça les marque cette astuce. La vitrine et les plexiglas commandés n’étant pas prêts vendredi j’avais prévu de passer récupérer la voiture à Ecully pour charger la commande à Chassieu à 20km au sud de Lyon mais la vitrine était encore en cours de collage et ne serait achevée que vers 16h00. On allait devoir faire l’ouverture sans. Rien n’est simple et les choses échappent souvent. Je regagnais le stand vers 12h00 jusqu’à 19h00. Elle est arrivée livrée vers 16h30. Pas simple de l’enchâsser par-dessus le tableau à 2m50 en équilibre sur des escarbots. Et moi qui avait foiré mes côtes. Manou est arrivée vers 17h00 de Toulouse. Julie a été retenue par une réunion et m’a appelé pour que j’aille chercher Paloma à la crèche en urgence. Je suis arrivé avec 5 minutes de retard, ils m’attendaient pour fermer. J’ai du poser la moto devant et rentrer à pied avec la petite. Frigo vide, on a commandé des pizzas le soir. Le lendemain j’avais mes classes l’après midi, on est allés entre 10h et 12h au brunch presse de la rue Burdeau voir quelques galeries. Il s’est mis à pleuvoir. Pour petit-déjeuner j’ai du me contenter de deux chouquettes et d’un verre d’eau pour avaler un Doliprane. Les chouquette, elle appelle ça pattes d’ours, Manou. J’ai du remonter à pied sous la pluie, prendre le casque en vitesse et rechercher la moto laissée devant la crèche. Il pleuvait de plus en plus. J’ai regagné le collège après 45 minutes de route, trempé jusqu’aux os. A chaque changement de vitesses je sentais l’eau dans mes chaussures faire des mouvements de vagues et ça dégorgeait quand je posais pied à terre. Dégouté, épuisé et énervé de cet acharnement des éléments. Furieux. Ce qui passe dans la tête : abandonner la partie, exploser, tout plaquer. Une colère mal dirigée entre soi et le monde. Pas eu le temps de manger à midi, j’ai pris un chocolat chaud à la machine et suis monté en classe. J’ai vidé mes chaussures dans l’évier avant l’arrivée des élèves et ai essayé de trouver un sèche-cheveux en vain dans les placards de la salle. Distinguer images publicitaires, images de presse et images artistique, noter quelques difficultés, quelques ambigüités. Je hausse le ton souvent, il faut rétablir l’attention souvent. Cours jusqu’au soir. J’use de la voie, brûle de l’énergie. Réunion parents/professeurs à 18h00 après un second chocolat chaud à la machine, et retour en moto sous la même pluie. Le temps de me changer et prendre une douche, j’avais les doigts qui me brûlaient sous l’eau tiède. Vernissage jusqu’à 22h30, beaucoup de monde. C’est curieux, depuis quelques jours j’ai la gorge prise, le nez morveux et des quintes de toux qui m’ébranlent et me cassent régulièrement mais rien pendant ce laps de temps. Une trève. Isabelle me disait ce pouvoir de la scène. On tient avec les nerfs ? Par le stress ? L’énergie renvoyée par le public ? On se récupère à quoi ? Et c’est vrai que ces moments son pour nous, peintres, un peu ce que la scène est au chanteur, au musicien ou à l’acteur. S’expliquer, répondre : le seul moment d’un contact direct. On rentre au soir, tourne longtemps avant de trouver à garer la voiture. Le dernier kebab est fermé, le frigo toujours vide, rien mangé de la journée, reste par chance le Quick où l’on prend des menus in extremis. On est couchés à 1h30 le matin. Je me réveille à 4h00 croyant entendre dans les vibrations du frigo le bruit du réveil lorsque, entre deux stations, il ne capte que des murmures confus. Ne parviens pas à me rendormir. Puis 6h30, cette fois pour de bon. Vacciné de la moto sus la pluie, je m’essaie au train. Sur le panneau 10 minutes de retard annoncé. Ça va être juste. Je commande des tickets de métro par erreur, puis un billet TER à la borne voisine. Le contrôleur me pardonnera d’avoir composté le justificatif à la place du billet. Je lis Didier Semin sur Penone en relevant la tête à chaque arrêt. Belle et singulière approche par l’entremise de Ruyard Kipling. Une lecture de jeunesse dont je me rappelle. Plus le temps en ce moment de lire correctement, sereinement. Seulement quelques pages dans les interstices que l’on dégage difficilement du bloc de plus en plus compact de vivre. J’enchaine les cours. Train de 12h24, je regagne les quais pour une visite de la Sucrière, arrive en retard du groupe, visite seul. Je croise Agnès Varda, la suit un instant commenter ses cabanes à un groupe de médiateurs. Beaucoup aimé son dernier film. C’est amusant ce côté infantile, naïf et presque bête que le personnage qu’elle joue transfigure. Elle traverse la cabine et nous dit ce que l’on voit : des portraits des habitants de l’ile, les hommes une vue du port derrière la tête, les femmes une vue de plage. Et chaque groupe se faisant face. Elle dit un peu les métiers de chacun avec une façon de mamie radoteuse. En vis-à-vis, une moule sur la plage et une bite d’amarrage, pour enfoncer le clou. Je laisse le groupe, participe à une œuvre : un don contre un fragment d’os peint. Comme la toile que j’avais offert en enchère pour une aide à la réinsertion, l’impression que notre activité solitaire prend du sens aussi par ça. L’œuvre est un prétexte. Repart avec mon os. Quelques visites sur le stand, j’explique et écoute, serre des mains. Il serait bien qu’une vente se concrétise, Isabelle et moi avons beaucoup investi et les promesses ne sont pour l’instant qu’orales. Ça aiderait à trouver l’énergie qui s’épuise au fil des jours. Ça comblerait les dettes. Table ronde à 18h00, je rentre chercher Paloma avant fermeture de la crèche, courses d’urgences à Piccard pour manger ce soir, la sélection du mois. Manou est partie en début d’après-midi. Sur facebook, elle m’avoue s’être levée à 10h00. Elle aura dormi pour moi, elle dit. Matinée libre. 8h00, réveil en sursaut. Je vais déposer Paloma après l’avoir nourrie et habillée. Cours de 5eme et 6eme cet après midi. Julie est partie ce matin à 6h00 et rentre tard ce soir. Je dois m’excuser de ne pouvoir être présent à la réunion parents/profs ce soir : la petite à récupérer à la crèche. J'ai réservé mes billets de train en fonction de la nouvelle date de vernissage, ce qui donne: cours au collège jusqu'à midi, travail sur les modes de représentation de l’espace avec mes classes de 3eme, l’utilisation narrative des images en 5eme, puis le rapport des images avec leur référent en 4eme. Chargement des toiles avec le transporteur à Rillieux le vendredi 2 octobre à 14h, départ en train à 16h26 Lyon Part-Dieu, arrivée Lille 20h00. Je regagne Béthune le lendemain matin pour accueillir le transporteur le samedi 3 octobre à 10h00 devant la banque et monter les tableaux dans les étages. Montage samedi/dimanche matin. Train retour dimanche 4 octobre 14h50 à Béthune pour arriver à Lyon Part-Dieu à 20h00, cours le lendemain matin 8h00 à côté de Villefranche, au nord de Lyon. Deux classes de 6ème sur l’objet et la représentation. Si contretemps et nécessité de parfaire l'accrochage, je peux remonter pareillement le week-end du 10/11 oct. En dernière minute. A voir. Vernissage le mercredi 14 à 18h30: cours le matin à Anse, 30km de Lyon, départ Lyon 14h00, arrivée Béthune 18h15. Départ le lendemain matin jeudi 15 de Béthune à 6h50, arrivée Lyon 12h00, cours à 13h30. Une classe de 5eme, puis deux 6emes. La semaine n’est pas finie, pas eu le temps d’acheter un cadeau d’anniversaire à mon frère, mes parents qui passent ce week-end, décrochage de l’expo dimanche soir, cours le lendemain matin, train de 7h00. Bien s’organiser.


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