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Faire la paix avec ses parents

Publié le 22 octobre 2007 par Victoria Hautin
Nous sommes tous issus d'un père et d'une mère. quelles que soient notre origine ethnique, notre culture, la région du monde où nous vivons, il a fallu une rencontre improbable entre deux minuscules cellules pour qu'un être se forme et grandisse : nous ! Dans les sociétés occidentales, les deux parents sont généralement très présents pendant l'enfance. l'évolution des schémas familiaux depuis les années 1970 a réduit la cellule familiale à sa plus simple expression : le père, la mère et les enfants. Quand ce n'est pas un seul des parents (père ou mère) et les enfants. les grands-parents, oncles et tantes, cousins et cousines, ne font plus partie de la constellation familiale quotidienne. Du coup, les relations se tissent de manière très étroites entre les adultes tutélaires et les petits êtres en devenir.
Tous les courants de la psychologie sont d'accord sur un point : pour devenir adultes, nous devons faire la paix avec ces parents qui nous ont conçus, puis entourés, élevés, bien ou mal aimés, parfois sévèrement contrôlés, parfois négligés.... Qui qu'ils soient et qui que nous soyons, notre liberté et notre autonomie passent par cette indispensable expérience.
Pourquoi faire la paix? parce que forcément, à un moment ou à un autre, nous devons nous éloigner de nos parents pour accèder à notre autonomie. Et cet éloignement ne se fait pas sans une remise en question radicale de nos parents. Ces êtres à qui nous trouvions, enfants, toutes les qualités, se trouvent alors parés de tous les défauts de la terre. On s'oppose, on fuit, on devient agressif, on transgresse les règles, on fait toutes sortes de bétises pour se différencier d'eux.... Et on finit par se séparer de ses parents, parfois très douloureusement.
La paix est-elle faite pour autant? Que nenni! les uns et les autres gardent généralement des griefs qui minent lentement mais sûrement la relation parents/enfants. Voici un exemple : nos parents ne nous ont pas soutenus dans nos projets de vie parce qu'ils avaient pour nous d'autres visions d'avenir. De leur côté, décus de ne pas avoir été écoutés, ils rechigent à reconnaitre nos mérites et à nous féliciter pour ce succès. Et comme nous attendons impatiemment cette reconnaissance qui dirait : "Tu as eu raison de ne pas nous écouter!", nous ne pouvons être plainement satisfait par notre réussite.
D'un coté comme de l'autre, une insatisfaction sournoise gangrène peu à peu l'épanouissement personnel et l'atmosphère relationnelle. Nous ourrions mulitiplier les exemples à l'envi : certains parents étouffent leurs enfants sous un amour permanent qui ne laisse aucun espace de liberté; d'autres marchandent l'affection en échange de la dépendance absolue de leurs enfants... opurtant quelles que soit la situation, il est toujours possible de l'apaiser.
Il n'existe pas de parents parfaits, tout comme il n'existe pas d'enfants parfaits. Les adultes font comme ils peuvent pour élever leurs enfants, le plus souvent en toute bonne foi, en pensant que c'est ce qu'il peuvent faire de mieux pour leur enfants. De leur côté, les enfants se fraient un chemin comme ils peuvent vers la liberté et l'autonomie. Si les griefs accumulés le long de la route ne sont pas affrontés, acceptés et apaisés avant que les parents ne disparaissent, leurs enfants gardent au coeur le sentiment qu'il est trop tard, qu'ils aureint dû réagir avant, parler dire cette affecion qui ressurgit à l'occasion du deuil et qui n'a pas pu trouver son expression quand il était encore temps.
La solution est pourtant simple : il suffit de faire la paix avec ses parents. Comment? D'abord, en cultivant l'acceptation. Avons-nous la possibilité de changer de parents? Non! Alors à quoi sert de se lamenter et d'imaginer ce qu'aurait pu être notre vie s'ils avaient été différents? Nous sommes une toile tissée d'innombrables fils. Que l'on change un seul de ces fils, et nous disparaissons puisque le tissu devient différent.
Cependant, faire la paix avec ses parents ne signifie pas renoncer à identifier ses griefs, à les exprimer si c'est possible, à comprendre ce qui, dans notre éducation, nous a perturbé au point d'assombrir notre vie d'adulte... une fois ce travail effectué, nous pouvons essayer de comprendre ce qui, dans la vie de nos parents, les a amenés à être ce qu'ils sont. Car avant d'être nos parents, ils ont été les enfants de leurs parents. Ils ont aussi subi des injustices, des brimades, des incompréhensions, des excès ou des carences d'amour. Ils n'ont souvent fait que reproduire ce qu'ils avaient eux-même vécu.
En accomplissant ce travail d'exploration, de compréhension, d'acceptation et parfois de pardon, on se libère soi-même, on libère les parents et on libère ses enfants d'une répétition qu'ils auraient probablement subie. En prenant notre place d'adulte responsable, charnière entre nos parents et nos enfants, nous pouvons pacifier toute la constallation familiale...
Extrait de :
81 façon de faire la paix avec ses parents
Marie Borrel
Editions Tredaniel

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