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Cinq raisons pour lesquelles je retournerais bien faire du kayak

Publié le 24 octobre 2009 par Amaury2point0

Cinq raisons pour lesquelles je retournerais bien faire du kayakAu mois de mai dernier, j’ai réalisé l’étrange projet de remonter le canal du Midi en solitaire et en kayak. Etrange dis-je, car c’est une idée complètement en décalage avec mon mode de vie habituel : soyons francs, je ne suis pas sportif le moins du monde, ne prends jamais de vacances et l’idée de lâcher quelques jours mes activités habituelles a de quoi en surprendre plus d’un parmi ceux qui me connaissent. Reste que je me suis lancé, que j’en suis revenu et que l’idée d’un nouveau départ me travaille depuis le kilomètre 257. Voici donc mes cinq bonnes raisons de repartir pagayer.

1 - Une coupure dans le quotidien

La première raison de partir évidemment c’est de prendre des vacances. Fini le régime métro, boulot, dodo (à l’occasion métro boulot seulement). Terminé les incidents de production, les opérations techniques du weekend, le reporting, les réunions et les objectifs annuels. En avant pour quelques jours à me lever avec le soleil, découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles personnes, et m’arrêter quand la nuit tombe et que je suis fatigué.

C’est en brisant la routine qu’on prend le mieux conscience de son existence.

2 - La satisfaction d’un projet accompli

J’ai pour habitude de dire que j’exerce un métier sans avenir. Tout au plus y a-t-il un vaste présent : demain, comme aujourd’hui, sera fait d’incidents à résoudre. Mon métier n’est pas celui de capitaine ni de navigateur, il est celui du type écoppe pour éviter que le bateau ne coule : indispensable, mais on n’a pas vraiment l’impression d’avancer.

A l’inverse, la réalisation du projet de randonnée en kayak m’a laissé une impression durable d’accomplissement. L’idée m’est venue sur un coup de tête en octobre 2008. Un an plus tard je m’étais entraîné, avais acheté le matériel nécessaire (dont le kayak évidemment), effectué toutes les démarches administratives et finalement effectué le voyage. A l’arrivée je pouvais enfin me dire « Je l’ai fait, et je saurai le refaire. » Ce sentiment de réaliser quelque chose me manque beaucoup au quotidien.

3 - De l’exercice pour une bonne santé

La division est rapide : parcourir 250 km en 12 jours signifie pagayer quotidiennement sur 25km et, à la vitesse d’un kayak, cela prend bien 7 ou 8 heures. A ce rythme les effets sur ma condition physique étaient bien visibles : mon tour de poitrine était supérieur à mon tour de ventre et mes bras avaient doublé de volume. N’ayant pas réussi à maintenir cette silhouette, je me dois de repartir.

Au-delà du développement musculaire, la vie en plein air et la sensation de liberté à faire quelque chose qui ne m’est pas imposé ont un effet certain sur mon niveau de stress. A dire vrai, malgré quelques orages et quelques cailloux entre les omoplates j’ai rarement aussi bien dormi.

Résultat des courses : je suis rentré de randonné serein, en pleine forme et prêt à conquérir le monde. Il fallait au moins ça pour soutenir la vague de cellules de crises du mois de juin…

4 - En tête-à-tête avec moi-même

Partir deux semaines, c’était déjà quelque chose. Partir deux semaines seul, ça c’était une nouveauté ! Je dois dire que je ne regrette absolument pas. On m’a dit que c’était dangereux, que ça serait plus dur, que j’allais m’ennuyer… Permettez-moi d’en douter.

A vrai dire je n’ai pas eu d’impression de danger. Le canal est peuplé de retraités sur des pénichettes, trop heureux de monter la garde devant mon embarcation en prenant l’apéro pendant que je vais au ravitaillement. J’imagine que je peux compter sur les mêmes pour me repêcher et me conduire à la première écluse en cas d’accident. Quant au danger lié à une mauvaise gestion de l’effort, je pense qu’il aurait été plus grand à deux : la tentation aurait été forte de faire le malin et de vouloir aller plus vite que l’autre. Seul, je vais à mon rythme. Plus dure la randonnée en solitaire ? Peut-être. Mais les difficultés ne sont pas insurmontables (la preuve, j’ai réussi). De plus, je n’ai jamais été vraiment seul : la population des bateliers est solidaire et il suffit de demander un peu d’aide. Quant à l’ennui, qui pourrait s’ennuyer en découvrant la nouveauté à chaque méandre ? Et à partir la tête pleine de deux années sans quitter Paris, on n’a pas trop de deux semaines seul avec soi-même pour tout remettre en ordre.

Ce dernier point est une raison suffisante pour repartir : en me retrouvant seul, je n’avais plus l’excuse des sollicitations extérieures pour éviter de me regarder bien en face. Les occasions d’introspection sont trop rares. C’est sans doute pour ça que les gens sont aussi nerveux.

5 - A l’école du minimalisme

Enfin, pour partir seul pendant deux semaines, il faut bien réfléchir à ce qu’on emporte. Trop, vous n’arrivez pas à tout porter (il y a 64 écluses à franchir et c’est parfois un défi d’effectuer le portage). Trop peu, vous manquerez. La longue randonnée enseigne l’art du minimalisme. J’ai réfléchi pendant des mois sur le thème « ai-je vraiment besoin de ça ? ».  Comme l’a un jour écrit Antoine de Saint-Exupéry « La perfection est atteinte non pas quand il n'y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à enlever. »

De retour à Paris, j’ai continué d’appliquer cette réflexion à mes possessions. Depuis j’ai moins d’affaires inutiles, plus de place dans l’appartement, plus d’argent sur mon compte et une plus grande sensation de liberté (même si on peut encore en enlever).

Bonus - il faut bien rentabiliser le kayak

L'achat d'un kayak et de tout le matériels nécessaire à ce projet n'est pas une dépense anodine (compter environ 1500€).Ne m'en servir qu'une fois serait quand même un beau gâchi.

La fin du mois d’octobre approchant, je ne pense pas remettre mon embarcation à l’eau avant le printemps (Kayak est un terme d’origine esquimau mais bon). J’envisage en revanche un nouveau parcours pour le printemps 2010. Peut-être la Vézère ?


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