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A propos de cette Coupe du Monde (DG)

Publié le 23 octobre 2007 par Pierre Salviac

Sur la durée ? La coupe du monde 2003 avait mis en lumière un sélectionneur nommé en 1997 et dont le mandat avait été prolongé malgré la cuisante défaite de 1999 contre les springboks. Cet exemple avait été suivi par d’autres nations qui avaient reconduit leur sélectionneur malgré des résultats décevants : Argentine (Loffreda), Irlande (O’Sullivan) et France (Laporte), par exemple.

Woodward a été encore prolongé après sa victoire, mais la suite fut nettement moins reluisante et il choisit de lui-même de passer la main.

D’un autre côté, certains sélectionneurs sont arrivés au lendemain de la Coupe 2003 : Jake White (Afrique du Sud), Graham Henry (Nouvelle-Zélande).

Plus nombreux encore sont arrivés très récemment les sauveurs d’une équipe à la dérive : Frank Hadden (Ecosse), Pierre Berbizier (Italie), Gareth Jenkins (Pays de Galles), John Connolly (Australie), ou Brian Ashton (Angleterre).

Aucune conclusion définitive n’est possible sur ce sujet, le dernier carré ayant rassemblé des représentants de chacune de ces catégories. On peut cependant remarquer qu’il est toujours possible de batir une équipe finaliste en 8 mois comme nous l’a montré Brian Ashton, au pris d’un jeu moins ambitieux toutefois...

Rester en poste sur deux campagnes ne semble pas être un atout définitif, et il ne faudra pas hésiter à l’issue de la prochaine coupe du monde, voire avant, à changer de sélectionneur si les avancées ne sont pas notables.

Préserver les joueurs ? La polémique qui fait rage en Nouvelle-Zélande concerne la préservation par Graham Henry de ses joueurs au début de l’année afin de les préparer physiquement à la Coupe ayant lieu 8 mois plus tard. Les joueurs ont pris du muscle, acquis un physique impressionnant, mais peut-être au détriment des capacités à jouer (l’exemple type concerne Dan Carter), ou de l’expérience des matches à enjeu engrangée pendant les phases finales du top 14 (2 clubs sud-africains en finale). On pourrait citer aussi en exemple la préparation à "Marcatraz" pendant le dernier tournoi, où certains joueurs ont fait plus de musculation que de jeu...

A contrario, la politique de Jake White de préservation de ses joueurs a eu lieu plus tard dans l’année, pendant le mois de juillet, avec plus de succès, après avoir laissé ses joueurs se frotter aux phases éliminatoires de super14 au début de l’année... Préserver les joueurs, oui, mais ne pas les priver du rythme et de la pression de matches à enjeu dans l’année.

Prime à le jeunesse ? La Nouvelle-Zélande arrivait avec l’une des équipes les plus jeunes du tournoi, l’Angleterre avec l’une des plus vieilles. Faut-il y chercher une conclusion ? L’expérience semble toujours un facteur essentiel, et l’apport d’Os du Randt n’est pas à négliger chez les champions du Monde. Mais ce besoin d’expérience ne doit pas conduire à une reconduction obstinée de joueurs usés quand la relève est là. La fraîcheur de la jeunesse est aussi un ingrédient indispensable (voir l’apport de Matthew Tait pour l’Angleterre).

A noter aussi : la victoire de l’Afrique du Sud s’est bâtie sur le socle de la victoire de leurs espoirs en -2& ans en 2002. Il y a sans doute là une leçon à tirer pour notre équipe de France dont les -21 ont gagné la timballe mondialle en 2006...

Rotation ou équipe-type ? Deux équipes ont bâti leur stratégie sur une forte politique de rotation lors des dernières années : la Nouvelle-Zélande et la France, avec l’objectif de mener en Coupe du Monde de quoi composer deux équipes de même niveau. Cette politique semble avoir butté sur le manque de repères collectifs des joueurs, ce qui fut criant pour la France quand il s’est agi de jouer à la main contre l’Argentine. Plus inattendu pour les blacks, leur déroute semble indiquer que la politique de rotation "éteint" les leaders et conduit les équipes à se limiter aux instructions de l’entraîneur sans pouvoir en sortir quand ces instructions mènent dans le mur...

L’Angleterre a contrario a affirmé son équipe après l’échec en poules, l’Argentine et l’Afrique du Sud se sont cantonnées à une équipe-type avec un certain succès. La balance penche définitivement vers le maintien sur la durée d’une équipe-type, mais avec un bémol : l’absence de remplaçants au niveau a failli coûter à l’Afrique du Sud le match contre les tongas et aurait pu être préjudiciable à l’Angleterre si Wilkinson ne s’était pas remis assez tôt.

Défense ou attaque ? Les différentes aventures me semblent amener à une conclusion : c’est au final la défense et le jeu d’avants qui permettent de gagner une finale, mais les 2 équipes ayant gagné la grande et la petite finale sont celles qui avaient les meilleures capacités de polyvalence. Armées d’une défense impressionnante, les deux ont su quand il le fallait déployer un jeu ambitieux, et ont su le restreindre quand c’était nécessaire.

Polyvalence dans le jeu, intelligence tactique et capacité d’adaptation semblent désormais les maîtres-mots...


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