Magazine Humeur

N'est pas celui que l'on croit connaître

Publié le 23 octobre 2007 par Fanette

Dans la vie je pars du principe qu'aucune personne n'est mauvaise jusqu'à ce qu'on m'en apporte la preuve contraire, ce qui m'évite de passer à côté de personnes inédites. Certes, il y a bien cette expression "On ne peut pas faire une seconde première impression", moi, personnellement j'applique celle ci à l'envers, esprit de contradiction oblige !Je pars du principe que si la personne en face de toi veut réellement te connaître, elle fera l'effort de gratter le masque pour découvrir qui tu es.

C'est exactement ce que je fais avec toutes les personnes que je rencontre, je ne me fie jamais au personnage, à cette "fameuse première impression", ça c'est quelque chose que j'ai mis en place avec les entretiens d'embauche pour voir ce que j'ai vraiment en face : je creuse, m'interroge, m'informe sur la ou les personnes lit leurs oeuvres ou études et assiste à des cours ou conférences, entretiens et réunions et là seulement on peut commencer à se faire une "première" opinion de quelqu'un.

Il était petit, sec, il arrivait en cours du soir en douce, toujours quand on ne l'attendait pas, avec son vélo qu'il adossait à un mur fraîchement tagué, au fond de la salle parfois.La pipe à la bouche, toujours un petit rire en coin mystérieux, parfois sarcastique : le silence se fait.Il traverse la salle avec sa sacoche qu'il déplie devant nous sur un pseudo meuble faisant office de bureau.C'était toujours ainsi avec lui.Il déposera sa pipe toujours sur le côté du bureau en haut à gauche, et sortira quelques documents, une petite histoire sympathique une petite morale à prendre comme on le sent, allant directement au vif du sujet.

Ce que j'aimais le plus chez lui, c'était autant sa manière d'enseigner, son personnage dont il prenait grand soin, sa manière de remettre les gens à leur place.Outre le fait que j'étais archi nulle en maths, ce que peut témoigner Nicolas, en DAEU A à la Fac du Mirail, tu as 4 matières à apprendre pour obtenir le diplôme qui te donnera l'équivalence du bac.

J'avais pris les maths, mon petit coté sadomaso têtue, et puis je m'étais résolue à bucher bêtement Pomme C pomme V Pomme P.Le résultat a été sans appel : 5 au final, et encore c'était cadeau je crois ;-)

Les maths avec ce phénomène de prof, attention, ce ne sont pas des cours ordinaires, ceux qui ne l'ont pas compris ont viré de bord, à droite ou à gauche toutes, il y a eu aussi les exclus : jamais vu en quelques décénnies de lycée et de soumission patronale un personnage aussi autoritaire et colérique, mais il faut avouer : il avait raison.Il n'avait pas envie de s'emmerder une année avec des branleurs, qui peut le lui reprocher ? Que voulez vous répondre à des petits merdeux qui le tançaient sans cesse et le provoquaient jusqu'à le mettre hors de lui ? J'ai plus appris en assistant à ces cours sur la nature humaine et cosmopolite qui constituaient ses cours que les maths en eux mêmes.

Et moi, je me pinçais les lèvres pour ne pas rire, tant sa façon de faire nous déclenchait des fous rires nous rendaient hillare : il y avait des scènes d'accrochage entre lui et certains élèves, je vous garantis qu'il n' y avait point besoin de se planter devant le Théâtre Sorano certains soirs, gare à nous lorsque son regard nous fusillait.Je peux certifier qu'il n' y en a pas beaucoup qui lui ont tenu tête à cette époque là.

Il est un fait qui m'a toujours rendue hillare : le culot qu'ont certains jeunes et adultes à remettre en question des méthodes d'enseignement et à mettre en doute les enseignements : nous étions tous d'horizons différents (salariés, chômeurs, étrangers en situation régulière ou irrégulière, parents, célibataires ou paumés de la vie) avec tous ou presque le même but au départ, obtenir un diplôme-clé nous ouvrant les portes du paradis.

Durant cette année de DAEU A j'ai tout entendu : "Il fait partie d'une secte", "tu as vu comme son teint est terne, il fait noir, t'es sûre qu'il n'est pas possédé?" ou bien encore "vous savez que la fac veut le foutre dehors ?" et puis, vous avez les recalés de la session précédente, aussi maso qui y reviennent "vous verrez c'est un fou, mais c'est le seul moyen de prendre de bonnes notes sans rien faire..quand on est bon en maths"(on se demandait ce qu'il fichait là celui là)."C'est un prof de stats il nous teste", il avait raison de rire ce prof en arrivant en cours, il savait à quel genre de zoo, de public il se dévouait !Parfois je me demandais si j'avais vraiment ma place là, et puis, je m' y suis habituée, j'étais là pour moi et mon petit observatoire perso que j'avais installé principalement dans ses cours : il y avait matière à réflexion !

La rentrée se faisait en octobre, on pouvait considérer qu'à partir de décembre et après 3 mois de grèves assidues et les vacances de Noël passés, les deux tiers des effectifs s'envolaient.Si les directeurs, les profs des lycées et des collèges prenaient exemple sur lui, ils ne se feraient pas marcher sur les pieds et pourraient "tenir un établissement scolaire" tout en ayant passionné des jeunes, mais ceci est un autre débat.

Ce n'étaient pas des cours de maths traditionnels, c'étaient les siens, je les avais surnommés "Les cours philosophiques du Maître".ça faisait rire le petit groupe qui s'acharnait à me faire entrer dans mon crâne imperméable à la logique mathématique les valeurs absolues. Plus tard dans l'année j'apprenais que je faisais de la dyscalculie, chouette ça me fait une belle jambe de le détecter à 32 berges !

Revenons à notre phénomène : j'ai gardé précieusement ses cours en souvenir, je les ai fait relire à une personne âgée qui l'avait connu, on se marrait ensemble de l'intelligence des démonstrations de ce prof, je travaillais à mi-temps à l'époque, je faisais des "ménach" tous les matins, je passais les après midi à bucher mes cours et tous les soirs, quand je le pouvais (si NounoursDesCavernes ne bossait pas tard)je courrai en cours, parfois avec Petite sous les bras qui griffonait à côté de moi des dessins sans mots dire : c'était la belle époque !

En plus d'essayer de comprendre les cours, je crois n'avoir (avec l'année de GEA à l'UPS)jamais autant noirci de doubles pages à carreaux d'exercices.Je suis arrivée jusqu'à un certain niveau, en DUT GEA qui m'avait assez étonnée quand j' y pense. Mais, je me suis promis que dans une autre vie je corrigerai ma dyscalculie pour devenir l'Assistante attitrée d'Yves Coppens (c'est mon gourou).

Ah oui ? Vous ne le saviez pas ? Alors je suis l'attachée de presse de Filaplomb, et dans une autre vie je serai celle d'Yves Coppens et de Bertrand Cantat, on peut rêver non ? Niak niak niak !

Ce prof avait une réputation bien taillée tant au niveau local, la Faculté du Mirail, qu' au niveau national, à l'époque il était en procès avec le prix Nobel Charpak les Oies, pour une affaire qui me dépasse.Certes il y a la science et il y a des phénomènes inexpliqués, je ne mettrai jamais en doute ses études ni ses enquêtes, un parce que je n'ai ni ses connaissances ni ses bagages, que la Faculté et le Cercle Zététique lui taillent une réputation, c'est un fait, ce que je trouve minable de leur part c'est le non respect de sa personne, de ses connaissances, qu'on lui fiche la paix, je ne vois pas quel crime il a commis si ce n'est passer ses weekends et son temps libre à chercher l'inexplicable.

Pourquoi tout devrait avoir une réponse, tout devrait s'expliquer ? Je ne suis ni une fan des extra terrestre, ni des fantômes mais reste persuadée que beaucoup de phénomènes naturels restent inexpliqués tant que nous n'aurions pas utilisé plus de la moitié de notre cerveau (on en est encore très loin).Nous étudions et travaillons les mêmes parties de notre cerveau depuis des siècles, nous n'évoluons pas plus, alors que d'autres ethnies, peuples et tribus ont développé des dons ou de réelles évolutions cérébrales lire le magazine Les Nouvelles Clés de ce mois ci avec un superbe article signé de Stéphane Allix "Quand l’oracle de Dalaï-Lama entre en transe".

Je ne juge pas ce que je ne connais pas, j'écoute, je lis, mais jamais je ne me permettrai tailler un costard à un homme en public ou sur net dans la seule volonté de le nuire, ce qui est fait actuellement et ce depuis plus de 9 ans.

Cherchez dans Google, tapez Yves Lignon voyez le résultat affiché, à part son laboratoire qui arrive en première position, tout le reste a été écrit en vue de lui nuire, c'est ce que j'apelle du lynchage public médiatique, je n'ose imaginer si une personnalité du nom de Charpak accepterait ce genre de lynchage sur internet.Voyez la biographie d'Yves Lignon sur Wikipedia.

Il a raison de ne pas relever ces faits finalement Yves Lignon, c'est la force de son intelligence.C'est un homme qui se joue des autres, qui provoque ecrtes et qui nargue ceux qui pensent détenir la vérité entre leurs mains, qui pensent détenir le monopole du savoir, qui se moque (presque)de toutes les critiques.

Pour ceux qui se seront arrêtés à son personnage, je leur souhaite bien du plaisir à étaler autant de niaiseries sur internet, j'espère seulement que le retour leur fera moins de mal.

C'est peut être une des rares personnes du monde scientifique à rester humble, simple et courtois, disponible, abordable et à admettre que la vérité peut être ailleurs et peut s'expliquer autrement : vade retro satanas crie le monde scientifique qui est, rapellez vous une science exacte !Oups qu'ai je dis là ?

Je ne vous convaincrais pas, je ne le cherche pas, lisez simplement ses livres, prenez du recul, soyez intelligents et vous comprendrez !

Lisez les 76100 articles du moteur de recherche de Google : faites vous votre propre opinion d'un personnage et ne vous arrêtez pas aux "on dit".


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