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Article : Wild ARMs alter code F

Par Julien Peltier

Voilà presque une décennie qu’a vu le jour, Wild Arms, l’un des tout premiers RPG sur Playstation. En proposant une aventure à l’esprit western et agrémentée d’humour ce jeu séduisit un large public. Succédèrent alors plusieurs numéros qui ne s’accompagnèrent pas de l’engouement du début et l’on pense notamment à Wild Arms II : Second Ignition qui fut un échec et marqua la rupture avec les fans de cette série comptant quatre opus. Avide de reconquérir son public, Media Vision a pris le parti d’un retour aux sources en réalisant un remake fidèle au premier. Mais est-ce un portage Playstation 2 abusif de plus visant à s’asseoir sur un succès passé ou apporte-t-il réellement un intérêt que l’on soit familier ou non à cette saga ?




Un vent nostalgique souffle…
Passionnés de western spaghetti depuis toujours, le héros solitaire que vous admiriez et bien c’est vous ! Rudy. Vous vivez sur Filgaia, mille ans après une invasion démoniaque repoussée grâce aux technologies avancées de la race Elw tels que les golems, robots indestructibles, et les machines automatiques appelées ARMs, que l’on pourrait facilement assimiler à des armes à feux dont l’utilisation est réservée seulement à quelques élus. Mais lourd fut le prix de la victoire puisque les technologies se retournèrent contre Filgaia en la réduisant à l’état de désert et les gardiens, dieux protecteurs de Filgaia, épuisèrent leur énergie pour faire survivre la planète.
Filgaia, plus vulnérable que jamais, est alors menacée par les Quatre Chevaliers assoiffés de conquêtes et de sang. Pour empêcher ce fléau, hormis votre extraordinaire faculté à manipuler les ARMs, vous croiserez le chemin de Jack, un chercheur de trésors toujours accompagné de Hanpan (un rongeur rapide comme l’éclair), et de Cecilia une magicienne ayant le rare pouvoir d’invoquer les gardiens. Au commencement du jeu, en guise de présentation, vous adopterez, tour à tour, le point de vue de chacun des trois héros jusqu’à ce que ces filons parallèles se nouent pour délivrer notre équipe de choc. Dans ce remake, la trame scénaristique réussie, a été entièrement conservée et vos anciens compagnons sont de retour. Voici donc une histoire épique de plus abordant l’éternel thème de la lutte contre le mal me direz-vous ? Assurément. Mais le parti pris classique est assumé et même plus, le scénario est teinté de touches de fantastique et de science-fiction rendant le tableau surprenant pour ceux qui découvrent la série.

Des scènes cinématiques magnifiques rythment la progression du jeu et elles ont pour originalité de relater, en parallèle de l’avancée des héros, la situation des quatre chevaliers. On ne peut que se réjouir de ces moments où la parole est donnée aux forces du mal car les personnalités de ce quatuor sont bien exploitées et elles volent quasiment la vedette à nos héros, plus conventionnels.
Les dialogues sont simples, malheureusement non parlés et tombent parfois dans le cliché mais quelques répliques comiques viennent rafraîchir l’ambiance. Seul le mutisme inébranlable du héros est malvenu et casse l’harmonie du groupe. Vous évoluez dans des décors désertiques sensés poser l’atmosphère aride du monde dépéri de Filgaia mais les concepteurs ont traduit cette idée littéralement par une pauvreté graphique. Certes, il ne faut pas bouder les nettes améliorations par rapport au premier opus mais compte tenues des possibilités offertes par la Playstation 2, on pouvait s’attendre à mieux. Par contre, le trait des personnages est détaillé et coloré, et les villages sont agréables à visiter. Si l’univers visuel n’est pas toujours envoûtant, la musique elle, fidèle au premier jeu et remarquablement retravaillée, ne laisse pas indifférent. Dès l’instant où un doux sifflotement chante une mélodie mystérieuse et lointaine, lors de la scène d’introduction, on est transporté d’une énergie héroïque et prêt à mordre la poussière !

…un mirage naît.
Le classicisme de ce jeu transparaît dans le gameplay dont le but est l’exploration de donjons. Mais ne vous y fiez point ! Ceux-ci sortent de l’ordinaire car ils sont accompagnés de systèmes de puzzle à résoudre, marque de fabrique de la série. En effet, chaque personnage dispose d’une panoplie d’outils qui vous permettront de démêler de véritables casse-têtes. Par exemple, Rudy démolit des murs avec des bombes, Jack peut envoyer sa souris afin d’actionner des leviers et Cecilia communique avec des animaux. L’intérêt est de savoir utiliser les personnages au bon moment et au bon endroit pour pouvoir progresser dans les niveaux.
Pas de place à l’hésitation car de nombreux combats ponctuent ces périodes d’intenses réflexions. Une capacité appelée « migrant meter », apport issu de Wild Arms 3, permet manuellement d’éviter les combats mais celle-ci s’épuise et se recharge lentement, par exemple, en effectuant (encore !) des combats. De ce fait, la fréquence des rencontres reste mal dosée. Ceci est d’autant plus ennuyeux que le challenge n’est pas au rendez-vous, les ennemis répétitifs et, exceptés quelques boss, les affrontements sont plus subis qu’amusants. Heureusement la « vitality meter » permet de recouvrer des points de vie à la fin de chaque combat évitant le long labeur de guérison des personnages. En revanche, la variété de techniques des personnages brise la monotonie de certains combats comme les différentes formes d’attaques de balles de l’ARM de Rudy, les techniques d’épée de Jack ou les divers sorts et invocations de gardiens de Cecilia.

Plus que jamais il faut avoir l’âme d’un explorateur dans ce volet car vous aurez à parcourir la carte par tous les moyens de locomotion possibles et imaginables et, vous devrez à l’aide d’un radar rechercher de nouveaux endroits sans avoir parfois d’indications précises. L’aventure dure en moyenne 30-40 heures mais pour vous, amis chercheurs forcenés, pas de repos ! En effet, ce RPG regorge de puzzles à difficulté variable qui récompenseront les plus vaillants de clés cachés ouvrant des coffres, de donjons optionnels, de techniques ultimes, etc… Vous l’aurez compris, la richesse des quêtes annexes sera une délicieuse échappatoire à la trame principale du jeu et vous occupera tout autant. Wild Arms Alter Code F revisite l’univers du premier opus en introduisant des améliorations tant au niveau du gameplay qu’au niveau graphique. Néanmoins ces changements ne constituent en rien des innovations car tout le système de jeu est tiré de Wild Arms 3. Si l’ensemble donne un RPG honorable, il n’en reste pas moins juste aux vues des productions concurrentes. Ainsi, le remake laissera peut-être un goût d’insatisfaction aux fans vu qu’il ne s’écarte guère des sentiers battus par le succès des précédents jeux.
Toutefois, ce jeu, concentré des meilleures évolutions de la série, est une aubaine pour les non initiés curieux de découvrir ce monde. Nul besoin de passer par quatre chemins !
Lizzylup

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