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Ne plus parler au mur

Publié le 03 novembre 2009 par Chroneric

En regardant le documentaire sur le mur de Berlin ce mardi 3 novembre 2009 sur France 2, je viens de réaliser combien j'étais loin de m'imaginer les évènements et les drames qui se sont déroulés à deux pas de nos frontières. Qu'est-ce qui peut bien passer par la tête de dirigeants pour en arriver à semer le désarroi parmi un peuple, un seul peuple, de même langue, de même culture et dont les symboles monétaires et nationaux sont censés faire l'unité.

Je viens de réaliser qu'à deux pas de mon pays, dans les années 80, des gens ont fui leur pays pour trouver la liberté à laquelle ils aspiraient après une deuxième guerre mondiale meurtrière en dizaine de millions d'hommes, de femmes et d'enfants. Fuir au péril de sa vie, quitter sa terre et ses racines pour échapper à une dictature qui semblait indétrônable. Cette forteresse de centaines de mètres de large a coupé des vies complètes, sans se soucier des conséquences. Des enfants qui n'ont plus vu leurs parents pendant des années, des fratries déchirées pour des dizaines d'années, des couples croyant à jamais séparés.

L'Allemagne que je connais aujourd'hui, unie, forte et grande nation, a creusé cet écart avec l'Allemagne des années 60, et c'est, je pense, ce qui a fait que le choc et l'émotion de voir ces images a été plus fort. J'en ai presque eu les larmes aux yeux à certains passages. Ces gens qui fuient à travers les barbelés, qui franchissent le mur par des moyens de fortune, la traversée à la nage. Terrible. Incroyable aussi que tant de films aient été conservés.

Mais, heureusement, ce mur est tombé. Le mur de la honte, le mur de l'impuissance des hommes à s'accorder et à trouver une solution pacifique. La liesse populaire, les pans de mur qui tombent, et puis Rostropovitch qui se met à jouer du violoncelle. C'est d'ailleurs les seules images que j'avais en tête et qui m'avaient marqué en cette fin d'année 1989. Jamais je ne me serais douté de toutes ces victimes tombées sous les balles, fusillées comme sur un peloton d'exécution, dont les nazis étaient maîtres en la matière. Et ces gardes aux frontières qui ont laissé passé le peuple avide de liberté, de courir à l'Ouest pour retrouver les leurs. Des gardes, voyant que la fin arrivait à grand pas, avaient bien compris que l'Histoire était en marche et qu'il était temps de mettre un terme à cette verrue, à cette absurdité de béton. Finalement, ces gardes de l'Est n'aspiraient-ils pas non plus que cela cesse enfin ?

12-13 août 1961. 9 novembre 1989. 3,6 mètres de haut. 302 miradors. 14 000 gardes et 600 chiens. Un camp de concentration géant en pleine Europe. 28 ans c'est une vie. Les Allemands qui sont nés à l'Est pendant cette période ont du avoir un choc en découvrant l'autre côté. Et ceux qui y sont morts qui n'auront plus connu la liberté. L'Union européenne, d'aucuns critiquent, est peut-être imparfaite mais elle a l'avantage de nous protéger contre la folie des hommes, et je l'espère contre une guerre ou un conflit entre nos peuples. A l'instar des états unis d'Amérique qui a mis fin à une guerre civile et à amener la paix depuis plus de 140 ans, les états unis d'Europe doivent pouvoir vivre en harmonie et en paix et favoriser l'épanouissement de ces habitants.

Plus jamais ça.


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