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Grippe A H1N1: doit-on prendre le vaccin en grippe ?

Publié le 10 novembre 2009 par Rim

La grippe A H1N1: doit-on prendre le vaccin en grippe?

Le 11 juin 2009, l’OMS décidait le passage à la phase 6 ; la grippe A (H1N1) de 2009 était donc considérée comme une pandémie. Pour la semaine 44 de cette pandémie, on a noté une augmentation du nombre des consultations, en ville comme à l’hôpital. Si la proportion des prélèvements virologiques demeure élevée, il faut aussi dire que, sur beaucoup des tests utilisés en première intention (dit tests rapides), les faux positifs ? restent majoritaires.


Après avoir écarté le risque élevé de grippe A (en mai 2009), Roselyne Bachelot a annoncé en septembre le passage au niveau 6 de son plan de lutte contre la pandémie. Qu’est-ce donc cette grippe étrange qui nous vient d’ailleurs ? Est-elle différente de la grippe saisonnière ? Existe-il des risques à la vaccination ?


La grippe saisonnière :


Epidémiologie : les tranches d’âge sont affectées : environ 10% des adultes et 30% des enfants sont infectés chaque année.
En France et pour l’année 2009 :
Taille de l’épidémie : 2 800 000 personnes (CI95%= [2 700 000 ; 2 900 000] Durée : 10 semaines (du 15 décembre 2008 au 22 février 2009).
Age médian des cas rapportés : 27 ans.
Sexe ratio (m/f) : 0,48.
Taux d’hospitalisation : 0,2%.
Efficacité vaccinale de terrain : 76% chez les moins de 65 ans, et 57% chez les plus de 65 ans.
L’efficacité vaccinale de cette année peut-être considérée comme une bonne efficacité de terrain, y compris chez les plus de 65 ans.



Signes cliniques : Le plus souvent, les symptômes de la grippe apparaissent soudainement. Fièvre, fatigue, courbatures, maux de tête… sont les premiers signes de la maladie. Ces symptômes disparaissent en une à deux semaines. D’autres maladies peuvent donner les mêmes symptômes ; on parle alors de syndrome grippal.


Mortalité : La grippe saisonnière constitue la 1ère cause de mortalité par maladie infectieuse en France.
Le nombre de décès est évalué à posteriori d'après les courbes démographiques lors de l'épidémie : en général, on estime le nombre de décès à 6'000 à 8'000 / an.
Le taux de mortalité est évalué à : 0,87 pour 1'000.
La surmortalité liée à la grippe touche pour : 90 % des plus de 65 ans et pour 87 % des plus de 75 ans.
Grippe compliquée : Les complications sont dues aux virus eux-mêmes ou aux surinfections bactériennes (pneumonie) qu’ils peuvent engendrer.
En période d’épidémie, les grippes compliquées touchent principalement les personnes âgées et les personnes fragilisées (maladie chronique, cardiaque, pulmonaire, métabolique, immunologique…).

Grippe maligne : Rare, cette forme est due à la virulence de la souche et au terrain.
Le malade souffre de signes respiratoires graves, aboutissant à une insuffisance respiratoire aiguë pouvant être mortelle en quelques jours. Le malade peut également souffrir de manifestations viscérales.


La grippe A(H1N1) :


Epidémiologie : En France, pour la semaine 44, on note une augmentation des consultations pour grippe clinique, aussi bien en ville que dans les hôpitaux. Cependant les cas confirmés comme étant secondaires au virus de la grippe A H1N1 restent rares. Il faut noter qu’avec les tests diagnostic, appelés «tests rapides », le nombre de faux négatif et de faux positif reste élevé.
Transmission du virus : Comme les autres virus, la grippe AH1N1 de 2009 se transmet par gouttelettes présentes dans l'air (postillons, toux d'une personne infectée) ou sur des objets (poignées de porte, boutons d'ascenseurs, souris d'ordinateur, rampes d'escaliers, stylos, interrupteurs, poignées de caddies et vélos publics, etc.). Le virus reste de nombreuses heures sur les objets. Les études montrent que le virus reste plus longtemps vivant sur les surfaces dures et lisses (plastique, métal) que sur les surfaces poreuses.
Morbidité : liée à la contagiosité de cette forme (qui reste cependant insuffisamment connue), mais aussi à d’autres facteurs qui entrent en jeu, tels que l’état de santé (pathologies sous jacentes fragilisant le système immunitaire ou l’appareil cardio-respiratoire par exemple) et les conditions d’hygiène (alcoolisme, drogues, tabagisme, etc.) Il ne faut pas oublier, parlant de morbidité, que la grippe commune (dite « saisonnière ») a une morbidité élevée, touchant entre 5 % et 15 % de la population chaque année.
Mortalité : Le taux de létalité de la grippe A(H1N1) est probablement inférieur aux estimations antérieures et comparable à celui d'une épidémie modérée de grippe saisonnière, a estimé mercredi le Dr Marc Lipsitch, de l'université d'Harvard, avec une fourchette de 0,007% à 0,045%, sur la base de données de différents pays dans le monde, le taux de létalité pour la grippe saisonnière étant inférieur à 0,1%.

Fin août, la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, avait souligné le fait qu'il y avait encore beaucoup d'inconnues sur ce taux de létalité suite à la publication d'estimations de l'épidémiologiste français, Antoine Flahault, selon lesquelles la létalité directement liée à la grippe A(H1N1) serait 100 fois supérieure à celle de la grippe saisonnière.
22 décès attribués au virus grippal A (H1N1) 2009 en métropole dont 18 confirmés 27 décès attribués au virus grippal A (H1N1) 2009 dans les DOM-POM-COM (1 en Guyane, 1 en Martinique, 1 en Guadeloupe, 6 à la Réunion, 2 à Mayotte, 9 en Nouvelle-Calédonie et 7 en Polynésie française). Sur ces cas, un seul était bien portant, les autres victimes de celle grippe étaient porteurs de pathologies fragilisant leur système de défense immunitaire et/ou cardiorespiratoire.
Les symptômes sont comparables à ceux de la grippe saisonnière. Ils disparaissent généralement en une semaine à dix jours après leur apparition, mais la fatigue et la toux peuvent parfois persister deux à trois semaines. Le sujet infecté peut être contagieux un jour avant l'apparition des symptômes et le rester pendant sept jours environ.

Le vaccin :
La France est en tête de liste des pays ayant commandé des vaccins contre la grippe A H1N1, avec 94 millions de doses (pour environ 65 millions d’habitants au 1er janvier 2009), à quatre laboratoires. L’Angleterre vient en deuxième position.
Se faire vacciner contre la grippe saisonnière ne protège pas contre le virus de la grippe A H1N1. Les autorités sanitaires recommandent donc de faire les deux vaccins.
La vaccination contre la grippe saisonnière n’étant indiquée que chez les personnes fragiles ou à risque, se pose la question des indications d’une vaccination systématique contre la grippe A H1N1. A noter que ce vaccin n’est pas obligatoire.


La grippe A H1N1: doit-on prendre le vaccin en grippe?

Innocuité vaccinale ou roulette russe ? 


Devant l’épidémiologie et la morbi-mortalité de la grippe A H1N1 versus grippe saisonnière, doit-on tomber dans l’hystérie farouche d’un scénario catastrophe ? Le risque zéro n’étant pas (plus) admis, les autorités sanitaires redoutent sans cesse de « passer à côté » de leur devoir de « protéger » le citoyen. Mais après les fatals effets secondaires de l’hormone de croissance, les cas de sclérose en plaque suivant la vaccination contre le virus de l’hépatite B (même si aucune étude n’a établie de réelle relation de cause à effet), on a le droit de se demander si ce vaccin, censé nous protéger contre la pandémie de cette grippe, ne cache pas des effets secondaires handicapants, sinon mortels ?


Les avantages du vaccin antigrippal l'emporteraient largement sur les risques. L'effet secondaire le plus couramment observé est une sensibilité au point d'injection, qui peut durer quelques jours. D'autres effets, comme de la fièvre, de la fatigue et des douleurs musculaires, peuvent se manifester dans les six à douze heures après la vaccination puis disparaître après une journée ou deux. Après avoir reçu le vaccin antigrippal, certaines personnes souffrent du syndrome oculo-respiratoire, une affection qui se caractérise par une rougeur aux yeux et des symptômes respiratoires tels que la toux, une respiration sifflante, une gêne respiratoire, des difficultés respiratoires ou un mal de gorge. La plupart du temps, les symptômes sont bénins et disparaissent après 48 heures.


Les réactions allergiques sévères au vaccin antigrippal seraient rares. Le syndrome de Guillain-Barré, également appelé polyradiculonévrite démyélinisante aigüe, est une atteinte dysimmunitaire des nerfs périphériques qui se traduit par une paralysie rapide qui débute le plus souvent au niveau des membres inférieurs puis remonte vers le haut du corps, pouvant atteindre parfois les muscles respiratoires et les nerfs crâniens. Le Syndrome de Guillain-Barré est une maladie potentiellement grave. La récupération est le plus souvent complète, mais environ 5 % des patients décèdent et environ 10 % conservent des séquelles motrices.


L’association entre la vaccination antigrippale et la survenue d’un Syndrome de Guillain-Barré a été évoquée pour la première fois en 1976 aux Etats-Unis, lors de la campagne de vaccination contre le virus A/New Jersey /H1N1. Cependant, les expertises réalisées postérieurement n’ont pas établi de façon certaine de lien entre la survenue d’un Syndrome de Guillain-Barré et la vaccination pratiquée à l’époque.
La seule étude qui montre une augmentation du risque de Syndrome de Guillain-Barré liée à une grippe confirmée par diagnostic sérologique est une étude française qui a estimé l’incidence de 4 à 7 cas pour 100.000 sujets grippés. Un chiffre qui reste quand même élevé devant la gravité, même potentielle, de cette maladie.

Contrairement aux vaccins obligatoires, la vaccination contre la grippe A H1N1 est volontaire. Entre les données épidémiologiques de la maladie, et les risques ou effets secondaires, insuffisamment étudiés, un équilibre délicat se joue dans la décision du citoyen, informé jusqu’au harcèlement des risques de la maladie dans sa forme létale, mais qui reste démuni quant aux effets secondaires d’un vaccin pas encore assez bien étudiés.


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