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Blanche Maupas

Publié le 11 novembre 2009 par Philippe Thomas

Ce soir, sur France 2, ne manquez pas le film de Patrick Jamain et d’Alain Moreau sur le combat mené par Blanche Maupas pour la réhabilitation de son mari Théophile Maupas, l’un des quatre caporaux de Souain fusillés pour l’exemple le 17 mars 1915, au terme d’un simulacre de procès. Je serai devant ma télé et, comme bien d’autres dont la Ligue des Droits de l’homme et le Grand Orient de France , je souhaite qu’enfin soient réhabilités tous ceux qui comme les caporaux de Souain ont eu le courage de dire non à une mort absurde et inutile, non à des ordres stratégiquement idiots donnés par des généraux sanguinaires et si peu soucieux de la vie de leurs troupes, non à la connerie militaire et patriotarde.

Ce film a été projeté en avant-première à la mairie du 9ème au cours d’une soirée organisée par le GODF et en présence des descendants de Théophile et Blanche Maupas (on peut voir des extraits du film et les temps forts de cette soirée sur le site du GODF,onglet « Médiathèque » et rubrique GO-TV, pas de lien direct, apparemment). Le combat de Blanche Maupas a abouti en 1934, à la suite d’une longue bataille juridique. J’ai dans ma bibliothèque l’émouvant récit publié à l’époque sous le titre « Le fusillé » et signé « Veuve Maupas », même s’il n’a vraisemblablement pas été écrit par elle (du moins le récit n’emprunte pas la forme autobiographique).Préfacé par Paul Allard et avec un avant-propos de Jean de Lorme, ce livre fut imprimé à compte d’auteur par la maison coopérative du livre à Paris, ce qui est significatif. Il ne s’est trouvé alors aucun éditeur pour publier un texte politiquement si peu correct. La justice pouvait bien passer, près de vingt ans après les faits, mais pour des cas particuliers et sans publicité excessive. .. Le chemin est long pour la réhabilitation globale des fusillés pour l’exemple et autres mutins de 1917. En 1998 à Craonne, Jospin avait parlé de les « réintégrer dans la mémoire nationale ». Le 11 novembre 2008 devant Douaumont, Sarkozy évoquait «ceux qui furent exécutés alors qu’ils ne s’étaient pas déshonorés ». Fort bien, mais ceci n’est pas suffisant…

Il n’y a plus aujourd’hui en France aucun survivant de l’effroyable boucherie de 14-18 (cette expression me fait penser à cet atypique Série Noire de Jean Amila, Le boucher des Hurlus, à lire absolument) et la nation n’a toujours pas réhabilité les mutins et les fusillés pour l’exemple… Ils  font pourtant partie de notre identité nationale dont on débat tant en ce moment. Parce qu’ils incarnent la résistance. Précisément la résistance à la connerie, une vertu française (et même un chouïa gauloise), une vertu qu’on a jadis diffusé au monde entier sous la forme des droits de l’homme. Les différents pouvoirs, militaires et politiques en France et ailleurs (mutineries réprimées et fusillades exemplaires ne furent pas une spécificité française) auraient- ils donc si peur, près d’un siècle après, de reconnaître leurs torts et leurs responsabilités ? La République ne sortirait-elle pas grandie en assumant pleinement ce passé honteux ? Il paraît qu’il faudra attendre 2017 pour que certaines archives militaires soient enfin accessibles… Pourquoi ? Et en attendant, pourquoi ne pas débaptiser quelques rues ou avenues dédiées aux Foch, Joffre voire Nivelle pour leur attribuer les noms de quelques fusillés ou mutins ?

En 1998, j’avais dégoté un mutin, j’en avais parlé sur le blog en 2005

Signalons cet excellent blog sur les monuments aux morts de 14-18 , et notamment les monuments pacifistes (comme à Gentioux ou St-Martin d’Estréaux), le site du CRID 14-18 , incontournable, et les documents INA sur 14-18 accessibles en ligne.


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