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Le chindogu: inventer l'inutile !

Publié le 26 octobre 2007 par Chantal Doumont

chindoguLe chindogu: inventer l'inutile !

Des miniparapluies qui protègent ses chaussures lorsqu'il pleut, un dérouleur de papier toilette à installer sur la tête pour se moucher en tout temps, des chaussons-chiffons pour les pattes d'un chat afin de faire briller le plancher, une poignée portative qui permet de se tenir debout dans le métro... Bienvenue dans l'univers du chindogu!

 Très populaire au Japon, le chindogu est un concept nippon qui prône la création de toutes sortes de gadgets absurdes et inutiles. En japonais, chin signifie étrange et dogu veut dire outil.

En photos: voyez quelques-uns des gadgets les plus inutiles.

 En théorie, les chindogu devraient simplifier la vie de tous les jours. C'est pourtant tout le contraire. «Il s'agit d'un gag visuel au-delà du langage. Un objet dramatiquement drôle, car il résout un problème mais en engendre un autre plus compliqué», explique Dan Papia, président de la Société internationale de chindogu, qu'il a lancée en Californie et qui compte près de 7000 membres partout dans le monde. Ancien journaliste financier, cet Américain a d'ailleurs été le tout premier chindoguiste non japonais. 

C'est un ingénieur japonais en aéronautique, Kenji Kawakami, aujourd'hui une star au Japon, qui a créé le mouvement dans les années 80. Il dirigeait alors un magazine de consommation à Tokyo, Tshuhan Seikatsu. C'est dans les pages de ce magazine que le chindogu est né. Les quatre livres que Kawakami a écrits sur le sujet sont des best-sellers au Japon et ont été traduits dans plusieurs langues. En 20 ans, plus de 600 objets farfelus ont vu le jour.

 Il ne suffit pas d'inventer n'importe quoi pour être un «chindoguiste». Pour adhérer à cet art dérisoire, il faut respecter les 10 commandements du chindogu. Ainsi, les gadgets doivent être inutiles, mais on doit pouvoir les utiliser : ils doivent être conçus pour la vie quotidienne. L'humour ne doit pas être la seule motivation du créateur. Et ces objets ne peuvent être vendus ou brevetés.

 C'est surtout pour parodier la société de consommation que le mouvement est né. Il connaît encore un vif succès. «Il existe beaucoup d'objets futiles et tous les jours, nous sommes encouragés à acheter ces trucs insignifiants», souligne Dan Papia.

 Le chindogu prône la liberté. Dan Papia souligne qu'à l'ère de la technologie et de la production de masse, il est très difficile pour une personne de se laisser aller à inventer un objet, aussi farfelu soit-il. «C'est là qu'intervient le chindogu. Ces objets ne trouveront probablement pas d'écho auprès du grand public et ne seront pas commercialisés, mais chaque invention démontre à son créateur que l'objet en question se devait d'exister.»

POUR EN SAVOIR PLUS:

La Société internationale de chindogu: www.chindogu.com

Nadielle Kutlu

La Presse


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