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Lafriche.org en 1999.

Publié le 23 août 2009 par Minisym

Dans la sphère des grands compositeurs classiques minimalistes incarnés par Philip Glass et Steve Reich, Moondog s’inscrit comme le plus « contrapontique» : chez lui prime l’art de la mélodie. Mélodies naïves et mélancoliques comme ses madrigaux et canons, tribales et étranges dans ses tout premiers enregistrements en 1956. L’art de Moondog est marqué également par un travail percussif particulier, il tire ses rythmiques de la musique des Indiens d’Amérique du nord (Moondog, enfant, visita la réserve des Indiens Arapahos et fut convié par leur chef Yellow Caf à jouer du tambour). Il perd la vue accidentellement à l’âge de 16 ans « sans cet accident, je ne serais jamais devenu musicien » dira-t-il.

Il apprend l’harmonie et l’orchestration classique dans les années 40, alors qu’il suit les répétitions du New York Philharmonic où il rencontre Leonard Bernstein, Toscanini et Igor Stravinski. A cette époque où Moondog joue dans les rues de Manhattan, chante et lit ses poèmes, il fait la connaissance de Charlie Parker qui lui demande d’enregistrer un disque avec lui. Mais le saxophoniste décède, Moondog lui dédiera plus tard un morceau désormais célèbre, Bird’s Lament.

La biographie atypique du légendaire Moondog fait de lui le plus européen des Américains. Après avoir migré à New York en 1943, cet « Européen en exil » s’installa définitivement en Allemagne début 1970, un continent et un pays dont l’histoire et la culture lui sont plus familiers.

Le génie excentrique de Moondog (longtemps revêtu d’un costume viking) fut reconnu à travers plusieurs décennies par des personnalités aussi différentes que Zappa, Paul Simon et Philip Glass. Ses collaborations l’ont conduit aux côtés de jazzmen illustres tels que Ron Carter, Charles Mingus mais aussi le poète américain Allen Ginsberg, des chanteuses Julie Andrews et Janis Joplin (qui interpréta l’un de ses madrigaux) jusqu’à Stephan Eicher qui convia récemment Moondog à l’arrangement d’un de ses titres.

Il est rare d’accueillir sur scène des légendes vivantes, Louis Hardin alias Moondog porte en lui un pan de l’histoire musicale et un monde infiniment universel et singulier.

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