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Sarko de conduite

Publié le 13 décembre 2007 par Jean-Philippe Immarigeon

Il y a tout d’abord un amateurisme et une incapacité à remplir la fonction qui deviennent fort inquiétants. Laisser un dictateur terroriste preneur d’otage manipuler la diplomatie française, lui offrir une tribune pour nous insulter en plein Paris sans même réagir, et nous couvrir de ridicule devant les autres nations sans même être certain en contrepartie de recevoir les trente deniers de Judas, est quelque chose qu’on aurait pu laisser à Ségolène. Elle n’aurait certainement pas fait mieux (encore que l’intuition, dont Sarko semble totalement dépourvu, l’aurait retenu de faire de telles bêtises), mais on conçoit mal comment elle aurait pu faire pire.

Sarko l

Ce qui est frappant dans le discours des néocons du style Sarkozy, c'est qu'ils finissent toujours pas se coucher devant ce qu'ils respectent le plus, la force et la violence. Et que leur dénonciation des régimes dictatoriaux n'est qu'une fascination sans borne. Sarko l'Américain ne cesse depuis trois mois d'en faire la démonstration. C'est ce que j'expliquais déjà dans American parano.

Nous avons un président qui, comme le dit fort justement Emmanuel Todd, se couche devant les forts : Bush qui obtient de nous pour l'Afghanistan ce que même le Pentagone (et Gordon Brown) vont lui refuser ; Déby qui fait juger nos compatriotes de l'Arche de Zoé au Tchad, ce qui est son droit le plus strict sauf que Sarko nous avait promis le contraire : Bouteflika qui interdit à Enrico Macias d'accompagner Sarko et ce dernier qui n'insiste pas et qui passe par pertes et profits l’atmosphère ouvertement antisémite qui entoure ce refus : Sarko et Poutine, Sarko et les dictateurs chinois, Sarko et Kadhafi... Et Sarko qui a laissé tomber nos deux compatriotes jugées il y a quelques semaines en Grande-Bretagne, puisque notre consulat ne s’est déplacé dans leur prison que deux fois et pour les sommer de plaider coupable.

Paris 101207

Il suffit de demander quelque chose à Sarko, de rouler les mécaniques, de hausser le ton, et on obtient tout. C'est même pas un président-paillasson, comme dirait Yade, c’est un ectoplasme de chef d’Etat. On n’avait pas vu cela depuis Pétain. Et je constate qu'avec la fine équipe au pouvoir en ce moment, les Martinon et les Copé, ce n'est plus cinq semaines mais cinq jours qu'il faudrait à une armée d'invasion pour défiler sur les Champs-Elysées. Tant qu’à dégraisser l’Etat, le plus urgent est de commencer par tous les trous du cul de l’UMP ou d’ailleurs qui trustent les cabinets de nos ministères, et dont les compétences ne dépassent visiblement pas les travaux de photocopiage et la distribution du café et des croissants. On va finir par envier Kadhafi aux Libyens. Lui au moins sait ce qu’il fait et où il va.

Montoire 1940

Alors je repose la question : c'est quoi ce rapport totalement freudien à l'autorité ? Quelle figure paternelle recherche Sarko chez tous ces chefs d'Etat étrangers ? Quel manque affection, quel besoin de reconnaissance cherche-t-il à satisfaire ? La France n'est pas un divan de psy. Que Sarko fasse son analyse, et qu'il se représente devant les électeurs dans dix ou vingt ans, lorsqu'il aura compris qui il est...

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