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La matrone patronne

Publié le 03 mars 2008 par Chaponoff
La matrone patronne

Dans la vie, il y a des rencontres qui ne s’oublient pas.

Nous arrivons à la Clinique de la gare où se trouve le siège de la Camhef (Cameroun Heart Foundation) qui organise la semaine du cœur au Cameroun.

L’accorte matrone qui nous accueille chaleureusement est une véritable légende. C’est une femme forte et une forte femme. Jacqueline Ndong Ngo Dye dirige la clinique qu’elle a fondée avec son mari pédiatre en 1988.

Dans sa jeunesse, Jacqueline entreprend des études d’obstétrique dans le service du Pr Pontonnier à Toulouse. Elle obtient son diplôme de sage-femme en 1958 et devient lauréate de la Faculté (récompensée par une médaille d’argent).

La clinique qu’elle imagine avec son mari est d’abord une clinique d’accouchement à 6 lits. Puis avec l’opportunité d’acquérir un terrain construction près de la gare centrale de Douala celle-ci devient la Polyclinique de la gare avec un service de médecine, une unité de pédiatrie et de gynécologie-obstétrique, une consultation de médecine du travail et un service de chirurgie. Mais elle garde toujours comme surnom Le Nid en souvenir de la première clinique d’accouchement

C’est une clinique largement ouverte au public qui fonctionne avec des médecins salariés de la clinique et des consultants extérieurs qui viennent soigner les patients.

Jacqueline est très impliquée dans la santé des femmes de son pays.

« Au Cameroun, beaucoup de femmes enceintes sont hypertendues à cause non seulement de l’alimentation et du climat mais aussi du changement de vie et sans doute d’une prédisposition génétique. Cela nécessite une surveillance très stricte comprenant un contrôle de l’alimentation centré sur un régime sans sel. » Jacqueline donne des cours aux femmes enceintes qu’il faut « bien suivre dès le début ».

Très influente parmi la communauté des femmes enceintes qui consultent à la clinique, elle ne cesse de répéter « Il faut que ces femmes comprennent le retentissement de l’hypertension artérielle sur l’enfant. Lorsqu’elle est atteinte d’hypertension la femme camerounaise ressent des douleurs qui ne trompent pas, des douleurs autour du cou, des maux de tête, de la fatigue… et contrairement à ce qui se passe en Europe il est assez fréquent de voir des jeunes femmes de 18 ans qui ont 180 ou 200 de tension maximale. Les dangers d’une hypertension sur la femme enceinte sont énormes, et peuvent aller jusqu’à provoquer l’éclampsie ! Je veux faire comprendre que l’hypertension est une maladie grave dont chaque femme doit prendre conscience en se faisant dépister par un médecin ou dans les pharmacies. C’est pourquoi, je soutiens la Camhef et la semaine du cœur. C’est mon devoir, de femme et de sage-femme. »

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