Oooouuhhh c’est Noël, trop bien ! Tu parles ! Il y a déjà les lumières de Noël dans ma ville, les mêmes depuis 50 ans. Ça me déprime d’avance. Il faut savoir qu’il est loin le temps où j’aimais cette période magique. Alors, je ne vais pas la faire comme tout le monde, en précisant que c’est commercial maintenant, blablabla, comme la Saint Valentin. Non.
Je n’aime plus parce que je n’ai plus 5 ans. C’était chouette avant. On fêtait, Numerobis et moi, Noël à l’école avec le gâteau au chocolat et les mandarines, mon père faisait le Père-Noël (je ne le savais pas à l’époque), avec sur le dos des paillettes (oui, il était magique forcément). Puis arrivant le soir du 24, nous n’arrivions pas à nous endormir, trop impatients d’aller ouvrir nos cadeaux le lendemain. Le 25, nous nous levions tôt, plein d’énergie, pour aller voir ce qui se passait en bas et là, magique : la table enlevée, le canapé déplacé, le sapin allumé, les bûches de bois sur le sol (faut bien qu’il arrive par la cheminée), des bonbons, des chocolats éparpillés sur le sol parmi nos cadeaux. Le sourire sur les lèvres de papy et mamie, ainsi que sur celles de papa et maman. Le plaisir de découvrir ma vingtième Barbie (je ne m’en lassais pas), Barbie gymnaste, articulée de partout, un buste pour faire des coiffures et encore plein d’autres choses.

Et j’en ai des tas des souvenirs comme celui-là, du temps où les Noëls sortaient tout droit d’un conte de fées, où je me réveillais le 25 les yeux certes bouffis, mais bien écarquillés, respirant à pleins poumons l’odeur du sapin (que j’apprécie toujours autant) et marchant pieds nus sur le carrelage froid, la nuit encore bien installée dehors.
Maintenant, les années 90 ont fait place aux années 2000, il n’y a toujours pas de voitures volantes dans les rues, j’ai 25 piges et pas encore d’enfants pour pouvoir leur faire partager ces bonheurs que mes parents m’ont donnés, leur faire croire que le grand barbu existe et les laisser se goinfrer de chocolats bon marché. Voilà pourquoi je déteste les fêtes (et le 31 qui va avec), parce qu’il n’y a plus de magie, parce que ceux qui vivaient à peu près correctement en 90, ne le peuvent plus 20 ans après, parce qu’il n’y a plus personne pour nous faire rêver ou si, « en cadeau cette année mon chéri, je t’offre un vaccin contre la grippe A. Ne me remercie pas, sincèrement. C’est ton bonheur et ta santé que je veux avant tout ». Où sont passés mes yeux émerveillés d’enfant gâtée ? Je ne sais pas.
J’espère que parmi vous, il y a encore des gens qui croient à la magie de Noël, aux familles réunies et heureuses, aux tonnes de cadeaux sous le sapin non artificiel, aux crises de foie et aux cris des enfants descendant les escaliers.
Douce nuit à vous.
