Magazine Humeur

Les contes de la crypte de Jon McNair

Publié le 23 novembre 2009 par Jekyllethyde

jonmcnair-jekyllethyde

Les contes de la crypte de Jon McNair

Dès que mon regard s’est posé sur les créations de Jon McNair, j’ai de suite ressenti une très grande fascination. Outre une technique et une précision savamment rodées, c’est surtout son style particulier qui a réveillé en moi l’amateur de peinture mystique, tel que le dictionnaire infernal de Jacques Auguste Simon Collin de Plancy…
A mi-chemin entre conte de fée et sabbat maléfique, chacune de ses oeuvres nous ouvre les portes d’un monde où les lutins ont pactisé avec le diable et où la nature prépare sagement sa revanche dans le sang… Pas étonnant lorsqu’on a grandi entre Détroit et Baltimore.

Rencontre,

Salut Jon, pour commencer, quelle heure est-il chez toi ?

Et bien, il est presque 1 heure du matin, mais je suis toujours éveillé. Je suis plus créatif la nuit.

Peux-tu rapidement nous parler de ton parcours ?

Je suis artiste et illustrateur. Je fais à la fois des travaux personnels et commerciaux, ce qui par moment se chevauchent… Mais on peut dire que je suis à un stade crucial de ma carrière, où mon côté « artistique » commence à prendre le pas sur mon travail commercial.

Quel était ton premier client ?

Hmmm… Il me semble que c’etait le « Urbanite Magazine » de Baltimore, magazine pour lequel j’étais stagiaire à l’époque. Je leur avais fait une illustration d’éditorial et, en bon stagiaire, non payé bien évidemment.
Cependant deux ans plus tard, ils ont de nouveau fait appel à moi, mais cettte fois-ci en tant qu’illustrateur freelance, ce qui fut mon premier job payé. Le plus drôle dans tout ça, étant que le mec qui m’avait contacté, ne savait même pas que j’avais été stagiaire pour le magazine…

Jon Mcnair - Process

Quand j’ai découvert ton travail, cela m’a vivement rappelé les illustrations du dictionnaire infernal de Plancy, est-ce une source d’inspiration pour toi ?

Je n’avais encore jamais entendu parlé de ça, mais il semble qu’il faille que je me plonge dans ce livre.

Du coup, quelles sont tes sources d’inspiration ?

Et bien, les dessins comme ceux que tu viens de citer, mais aussi l’art de la Renaissance, l’art médieval, la mythologie, les contes de fées…
Je suis aussi inspiré par le cinéma et particulièrement les films russes, muets (comme Faust ou le cabinet du Dr Caligari) ainsi que d’animation. Je suis fan de tous les films d’animation en stop motion où apparaissent les monstres de Ray Harryhausen.

Quand tu te lances sur une scène, commences-tu avec une idée globale, ou est-ce plus un travail instinctif ?

Un peu des deux. Lorsque je travaille sur un thème précis, pour une expo ou autre, j’aime bien avoir une idée prédéfinie de l’histoire que je vais raconter, tandis que lorsque je travaille pour moi, cela reste plus intuitif.
Je commence donc par faire un rapide croquis dans un calepin, avant de reporter le tout sur mon support final. C’est à ce moment-là que la plus grande partie du développement se fait. C’est aussi le moment le plus excitant, celui où tu te surprends toi-même en découvrant jusqu’où ton esprit peut te mener.

Il y a de nombreux symboles récurrents dans ton travail, tels que des colombes, des pyramides, des yeux, des démons, ceux-ci te servent-ils à colporter un message ?

En effet, mes dessins sont étroitement liés avec notre société, et les scénarios auxquels sont confrontés mes personnages sont ceux que chacun d’entre nous vivent quotidiennement.
Pour ce qui est des symboles récurrents, ils s’inscrivent plus dans une démarche personnelle, et sont le résultat d’années de dessin. Ils font partie d’un monde qui s’est construit petit à petit et où chaque élément a sa place, un peu comme pour de la décoration d’interieur, lorsque tu sais que tout marche bien ensemble, tu ressens comme un sentiment d’harmonie.

En parlant d’harmonie, tu habites au Michigan, lieux malheureusement célèbre pour son déclin économique et sa crise sociale, cela a t-il un impact sur ton travail ?

Pas vraiment, tu sais, on a tellement l’habitude d’entendre parler de Détroit et à quel point c’est horrible ici, qu’on ne fait plus vraiment attention à ces choses-là. En plus, j’ai habité huit ans à Baltimore qui rivalise aussi pas mal pour ce qui est d’avenir bouché et de quartiers qui partent en ruine.
Et puis, je vis quand même à une heure de Détroit dans une banlieue très middle class “white picket fence”, c’est différent.

Jon Mcnair - Jekyll et Hyde
Illustration exclusive pour Jekyllethyde.fr

Quelles techniques et quel support préfères-tu ?

J’aime vraiment le stylo et l’encre, les collages, l’aquarelle, mais en ce moment, j’essaie de me mettre plus à la peinture ! Pour ce qui est du support, je priviligie le papier, même si j’ai envie d’essayer le bois.

J’ai aussi vu que tu dessinais pas mal sur du « papier trouvé », telles que des couvertures de vieux bouquins. T’es écologiste ?

J’aime beaucoup la qualité du vieux papier, avec ses tâches et ses tons chauds, et puis c’est surtout gratuit ! Enfin l’idée de redonner vie à de vieux grimoires oubliés me plaît beaucoup.

Parle-nous de l’illustration que tu as fait spécialement pour nous, sur le thème Jekyll et Hyde ?

J’ai choisi d’emprunter un chemin conventionnel en faisant un portrait de Jekyll et Hyde avec mon propre style. Je l’ai réalisé dans mon sketchbook, ce qui lui donne cet aspect plus « bordélique » que ce à quoi ressemble mon travail traditionnel. Mais je le considere néanmoins comme un sketch abouti.
J’ai lu plusieurs fois le livre Docteur Jekyll et Mister Hyde, et j’assitais récemment à une représentation de la pièce au théatre, ce qui a du pas mal influencer mon illustration. J’ai souligné le côté grotesque de son visage en dessous d’un pan de peau qui s’ouvre telle une porte pour nous dévoiler le côté dérangé et symbolique de Mr Hyde.
Cela peut sembler plutot littéral, mais c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit.

Imaginons que tu te retrouves prisonnier à l’intérieur d’une de tes scènes, que ferais-tu pour survivre ?

Je me fabriquerais des armes à partir de bâtons aiguisés et de roches, rechercherais une grotte pour m’abriter, et partirais à la chasse. Peut-être adopterais-je aussi une petite créature pour me tenir compagnie.


Jon Mcnair dog

Selon certaines prophéties, nous devrions nous retrouver confronté à quelquechose qui changera le monde d’ici trois ans (2012)… Qu’en penses-tu ?

Je doute que ce soit la fin du monde, mais par contre il est certain que quelque-chose arrivera tant les gens en sont persuadés !

Quels sont tes plans pour le futur ?

J’aimerais continuer à exposer. J’ai eu d’excellentes réactions récemment vis-à-vis de mon travail, ce qui est toujours extrêmement motivant. J’aimerais aussi collaborer avec d’autres artistes, il y a tellement de gens talentueux partout qu’il serait intéressant d’échanger des idées.

Si tu devais résumer ton travail en un mot ?

Personnel

Le monde artistique en un mot ?

Vivifiant

Et finalement je te laisse donner ton dernier (mot).

Thanks !

Question bonus : Quelle question aurais-tu aimé que l’on te pose ?

Quels sont tes rèves en tant qu’artiste ?
Et la réponse aurait été que j’adorerais réaliser un artwork pour un groupe, voir mon travail mis en scène pour un clip, faire une affiche de film, et pourquoi pas avoir mon travail retranscrit au cinéma. Ce serait vraiment sympa de voir mon art fonctionner avec un film, et même si les gens estiment que cela est l’oeuvre d’une personne mentalement dérangée, c’est pas grave, je ne suis pas regardant !

Jon Mcnair website

Jon Mcnair blog

jon-mcnair-jekyll-et-hyde-01.jpg
jon-mcnair-jekyll-et-hyde-02.jpg


jon-mcnair-jekyll-et-hyde-07.jpg

jon-mcnair-jekyll-et-hyde-08.jpg
jon-mcnair-jekyll-et-hyde-09.jpg

 

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Jekyllethyde 6625 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte