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La chatte blanche des rues noires...

Publié le 08 septembre 2009 par Penelopeboeuf
C'est comme si on vivait dans un autre monde.
Le ciel est bleu foncé, les épiciers ouvrent, ils fument leurs clopes sur le banc, vous disent bonjour. Les cheveux mouillés, vous leur répondez avec une tête qui en dit long sur la nuit que vous venez de passer, ils rient, vous souriez, vous vous sentez vivre.
Le trajet est long. A pied, en voiture ou en bus de nuit, vous êtes seule et commencez inévitablement à réfléchir sur l'insoutenable légèreté de l'être.
Vous vous faites siffler, vous vous retournez et vous apercevez 3 silhouettes arriver droit sur vous. Vous avancez et élancez vos enjambées, sans courir. Vous faites mine de téléphoner, essayez de faire diversion en franchissant les hall des portes cochères à digicode et vous finissez par vous retourner de 3/4. Ouf. Ils sont partis.
Vous avez perdu le fil de votre réflexion et puis de toute façon vous vous concentrez sur là où vous devez aller.
Vous sortez votre dernière clope du paquet de la veille, la tête commence à tourner, le moteur des quelques voitures s'entend de plus en plus et le camion poubelle qui passe à 5 mètres de vous, vous flagelle autant qu' une machine à laver vous hérisse quand des baskets frappent contre le tambour.
A cette heure-ci, vous évitez les klaxons, c'est l'avantage. Le seul.
Vous vous sentez princesse des rues, maîtresse des lieux.
......
Quelques heures plus tard, vous ressortez de la mine.
Il fait jour, vous n'êtes plus la chatte que vous étiez. Vous êtes redevenue poussière alors que les autres, eux, se sont appropriés les lieux. Vous êtes valet, sous fifre, soubrette du jour.
Vous faites le chemin inverse en trottinant. Ce n'est pas 3 silhouettes que vous apercevez mais une masse. Une masse hybride et floue qui vous suit sans pour autant vous prêter attention.
Passé le seuil de chez vous, vous restez dos à la porte d'entrée, les bras tombant, les clés au bout des doigts, les jambes flageolantes, et la goutte au front.
Home sweet Home, il est 10h30 am, vous vous allongez sur votre lit avec la même nonchalance qu' Elephant Man et vous attendez que le jour passe.
Dans 16h, vous redevenez la chatte blanche des rues noires. Vous avez hâte.

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