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Rentrée littéraire (suite)

Publié le 26 octobre 2009 par Frontere

 Rentrée littéraire (suite)Piqûre de rappel, méfiez vous! parfois on ne voit pas le taon passer : dans un précédent article j’avais glosé sur la difficulté à se faire éditer quand on n’a jamais publié de livre. Dans son édition du 27 août 2009 « Le Figaro littéraire » présentait un dossier adjacent à ce sujet : « Comment réussir dans les lettres ? ». C’est drôle, j’associais immédiatement ce titre à celui d’un film des années soixante-dix : « Comment réussir dans la vie quand on est c et pleurnichard ? » où Jean Carmet, V.R.P. indélicat d’une maison de vins et spiritueux, essayait d’écouler une production de bouteilles de vermouth frelaté, savoureux!

Trouver une maison d’éditions qui accepte un premier manuscrit est une tâche quasi insurmontable, un travail de Sisyphe. Les statistiques sont impitoyables : moins de 1 pour 1 000 (je confirme : un pour mille) manuscrits de nouveaux auteurs parvient à son terme! Et encore devrais-je citer Fayard qui aurait reçu environ 4 200 livres de nouveaux auteurs en quelques années et n’en aurait publié aucun, 0 pour 4 200! À vrai dire dans ce milieu existe une véritable franc-maçonnerie comme l’expliquait Alain Beuve-Méry dans un article du Monde, édition du 4 septembre 2009, exemples à l’appui :

« Camille de Villeuve a choisi Philippe Rey pour l’éditer car c’est un ami de ses parents », pratique en effet, « Vincent Message, lui, a bénéficié de solides appuis au « Seuil » : Louis Gardel, qui le connaît bien, Tiphaine Samoyault, sa directrice de thèse, et Frédéric Mora devenu son éditeur », les braves gens !, « Sacha (comprendre Alexandre) Sperling est le fils de Diane Kurys et de Alexandre Arcady », “fils de”, là, c’est le syndrome Jean Sarkozy qui a encore frappé.  

Mais je reviens à mon article initial, vous aviez pensé contourner l’obstacle de l’anonymat qui vous plombe et vous aviez eu cette idée géniale : trouver un interface entre vous, l’auteur, et les maisons d’éditions, ce que les anglophones désignent sous le nom de “go-between”, un intermédiaire. Mais l’expérience avait tourné court, l’interface n’avait pas répondu à votre attente, vous vouliez vous payer un bon apéritif, on vous proposait un vermouth  frelaté …

Dès lors vous vous étiez adressé à ces maisons qui publient “à compte d’auteur”, et non pas “à compte d’éditeur”, bref c’est vous qui paieriez le coût de l’impression et parieriez sur le succès de votre livre.

Une première maison, dont le nom rappelait celui, ancien, d’une République islamique, avait fini par accepter votre livre moyennant une modeste participation de : 2 230 € (Deux mille deux cent trente euros)¹, T.T.C. je vous rassure, puis l’inflation aidant le prix était monté à 2 618 € (Deux mille six cent dix-huit euros)² soit + 17,40% quelques mois plus tard. À ce prix-là c’était bien plus que l’amour des livres, c’était de la philanthropie!

Nonobstant, vous aviez voulu faire jouer la concurrence, une deuxième maison, dont le nom était emprunté à un grand poète français du XIXe siècle, vous aurait consenti un tarif de 2 360 € (Deux mille trois cent soixante euros)³.

À suivre

Notes

¹ valeur juillet 2007

² valeur mai 2008 

³ valeur octobre 2007 


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