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Avant de réformer la Constitution mieux avoir un calendrier

Publié le 30 octobre 2007 par Nico2312
Tout ce que touche Edouard Balladur se transforme en… échec. Surtout si au départ cela semble tout cuit. Il faut croire que l'ancien Premier ministre est frappé par le syndrome de la présidentielle 1995 et qu'à chaque fois il entraîne dans sa propre tourmente Nicolas Sarkozy.
Pourtant, une nouvelle fois, il ne pouvait pas se planter en acceptant la présidence du comité sur la réforme des institutions que son ancien porte-parole lui avait offerte au lendemain de sa propre élection avec pour mission de surfer sur sa popularité pour lui tailler une constitution sur mesure. L'objectif étant d'aller vite afin de profiter de l'état de grâce sarkozien (qui commence à montrer ses premiers signes de fatigue), Edouard Balladur a fait activer les membres de "son" comité pour présenter 77 propositions de "modernisation" des institutions allant notamment (comme c'est étonnant) dans le sens d'un renforcement des pouvoirs du président (qui dans le même temps prépare un renforcement conséquent de ses émoluments…).
Or voilà, la frénésie de Nicolas Sarkozy a fini, en moins de six mois, par embouteiller le calendrier parlementaire au point que la révision de convenance de la Constitution que prévoit ce rapport, se retrouve ipso facto repoussée, ratification du traité européen de Lisbonne par voie parlementaire oblige. Il en faudrait plus pour émouvoir l'ancien député du 15e arrondissement qui fait siennes les priorités du chef de l'État : "le gouvernement et les pouvoirs publics se trouvent devant deux tâches importantes : d'abord la ratification du traité européen et en second lieu la modification de la Constitution". Et d'en conclure qu' "il ne serait pas réaliste d'imaginer qu'il puisse conduire jusqu'à son terme cette réforme avant la suspension des travaux au début du mois de février", soit avant les municipales comme envisagé à l'origine. Bien entendu la révision d'une Constitution qui fêtera l'an prochain vaillamment ses 50 ans peut attendre quelques mois. Sauf que ce sujet semble brûlant au point de mettre le feu à la rue La Boetie. Ainsi le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian se sent-il obligé de donner son avis sur le sujet en se déclarant "très hostile" à un report de la réforme des institutions après les municipales parce que selon lui "le débat sur le traité simplifié est prioritaire, mais ça ne doit pas donner le sentiment que la réforme institutionnelle, qui est capitale pour le fonctionnement de nos institutions, est abandonnée". S'ils n'arrivent déjà pas à se mettre d'accord entre eux sur la date la révision, on n'ose même pas imaginer les débats sur fond des réformes qui vont agiter cette antre de la démocratie interne qu'est l'UMP…
Et dans une querelle aussi importante pour l'avenir de la nation, il aurait été étonnant que Jack Lang, vice-président du comité, n'ait pas son mot à dire, d'autant plus que le sujet attire les caméras. Ainsi l'ancien ministre de la Culture assure-t-il que "contrairement à ce qui a pu être propagé ici ou là, il n'est pas question du moindre recul, au contraire". Une position claire nette et précise digne d'un "si tu avances quand je recule"…

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