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Et la mer dans tout ça ?

Publié le 08 décembre 2009 par Fuzzyraptor

                               Le sommet de Copenhague (1) a à peine commencé que j’en ai déjà marre… Les médias se sont emparés de cet événement avec la frénésie qu’on leur connait. Bien sûr, on parle du climat (ça ne fait jamais de mal) et notre vision du monde a l’air de changer. Mais soyons réalistes… il s’agit avant tout de politique (j’ai presque envie de dire d’un « coup de pub »).

Trop cynique ? Allez hop, un petit tour à Boulogne-sur-Mer (2) pour me calmer en reniflant avidement l’air iodé de la côte d’Opale ! Pas de vacances impromptues mais un voyage de presse à Nausicaá (3), le Centre national de la Mer.

                               Cette longue introduction pour enfin en venir au fait. Le CO2, c’est parfois un peu abstrait pour nous autres terriens. En revanche, les immenses étendues d’eau salées (70% de la surface de notre planète pour 1,36 milliards de km3) (4), ça c’est concret (et très lié au climat d’ailleurs). Mais pourquoi n’en parle-t-on pas plus ? Bon, c’est vrai, on en parle avec par exemple Tara, la Boudeuse, le problème du thon rouge, les marées noires et autres sac plastiques balancés à la baille et ingérés par les tortues et cormorans (5)… Mais que de confusion ! Il s’agit pourtant à chaque fois de la même chose : la mer, tout ce qui vit dedans, et par extension… nous !

                               En effet, notre futur est inextricablement lié à celui de la mer. S’en rendant compte, les politiques ont fait des propositions entre avril et juillet dans le cadre du Grenelle de la mer (voir les rapports des groupes de travail). Malheureusement, cette initiative ne dépasse pas les frontières maritimes françaises…

Pour s’informer et comprendre les enjeux liés à la mer, Nausicaá est une étape obligatoire, avec ses 5000 m², ses 40 aquariums et terrariums et ses 35 000 animaux marins. Bien plus qu’un simple aquarium, le Centre a été pensé dès les années 1980 par trois océanographes dont Philippe Vallette, aujourd’hui directeur du site, avec qui j’ai eu l’occasion de parler (et de manger des coquilles Saint-Jacques et du lieu noir, mais c’est une autre histoire).

                               « Ce complexe touristique consacré à la découverte de l’univers marin et à l’exploitation de ses ressources par l’Homme » (6) a ouvert ses portes en 1991. Aujourd’hui, « plus de 10 millions de visiteurs de l’Europe entière » (6) l’ont découvert. Les poissons qui y barbotent ne sont pas des faire-valoir mais bien des participants de la scénographie. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à ravir les petits et les grands. On croise par exemple un caméléon, des crocodiles, des énormes et néanmoins graciles lions de mer, des manchots du Cap (heureux parents d’un petit né récemment en captivité)…

                               L’exposition temporaire « Rencontres à Madagascar » visible jusqu’à la fin 2010 apporte des exemples concrets de liens durables entre l’homme et son environnement. Là-bas, les populations locales, véritables « fermiers de la mer », ont mis sur pieds des projets pilotes comme l’élevage d’holothuries dont les asiatiques sont très friands (7).

Je conseille la visite de Nausicaá plus particulièrement à ceux qui, comme moi, n’ont pas eu l’occasion de vivre près de la mer. Nous sommes si peu sensibilisés et pourtant consommateurs de produits de la mer… Sur son site, le centre publie d’ailleurs à chaque saison de pêche une liste des poissons à consommer en priorité et des recettes pour bien les agrémenter. Un premier pas plutôt agréable vers la protection des océans…

*

*   *

Notes :

(1)  Voir les multiples articles sur ce sujet un peu partout mais aussi celui de Gayané Adourian

(2)  1er port de pêche français et 1er centre européen de transformation des produits de la mer

(3)  Dans l’Odyssée d’Homère, Nausicaá est la fille d’Alkinoos, roi des Phéaciens. Un jour, alors qu’elle joue avec ses servantes près de l’embouchure du fleuve, elle voit émerger des broussailles un homme dénudé et échevelé. Elle est la seule à ne pas s’enfuir à la vue de cet homme prénommé Ulysse. Elle lui donne de quoi se vêtir et se restaurer, avant de l’accompagner dans le village de son père. Le recevant avec les honneurs, celui-ci le fait ensuite raccompagner jusqu’à Ithaque où il retrouve les siens… (d’après le dossier de presse)

(4)  Selon L’Atlas de l’océan mondial, de Jean-Michel Cousteau et Philippe Vallette (Editions Autrement)

(5)  Voir à ce propos l’article de Gayané « Bienvenue sur la planète marron »

(6)  D’après le dossier de presse de Nausicaá

(7)  Lire Madagascar, l’île océan, de Philippe Vallette, Christine Causse et le photographe Alexis Rosenfeld (Editions Autrement)

Photos : Marion Sabourdy


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