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Histoire et sciences : ne pas opposer les savoirs

Publié le 09 décembre 2009 par Monthubert

Dans une tribune intitulée “La priorité est la défense des matières scientifiques pour le public littéraire“, et publiée sur le site du Monde, Jean-Baptiste André a critiqué fortement le Parti Socialiste pour avoir dénoncé la suppression de l’enseignement obligatoire de l’histoire-géographie en Terminale Scientifique, arguant du manque de culture scientifique des formations littéraires. Il s’agit d’un mauvais débat. Car le combat pour l’inclusion des sciences dans la culture générale est très légitime, et le Parti Socialiste défend cette vision. En tant que mathématicien, j’y suis même profondément attaché. Et force est de constater que la droite s’y oppose. Ainsi, malgré un mouvement qui a démarré depuis longtemps et a recueilli de très nombreux soutiens chez les scientifiques les plus éminents, le Palais de la Découverte est en péril : voir les informations sur le site http://www.sauvonslepalaisdeladecouverte.fr/ Soutenir l’enseignement des sciences chez les littéraires est important, et dans le cadre de notre projet politique nous devons en prendre l’engagement.

Mais ce n’est pas en supprimant l’obligation de l’enseignement de l’histoire qu’on arrangera la situation des sciences. Surtout, il faut aller au-delà du paradoxe souvent évoqué entre un gouvernement qui tente de lancer un débat sur l’identité nationale et la réduction du rôle de la discipline historique chez la majorité des bacheliers généraux. Je pense au contraire que les deux choses vont de pair. On assiste en effet avec Nicolas Sarkozy à une obsession de la mise en lumière d’une Histoire officielle, celle qu’il choisit. Sa volonté de faire lire la lettre de Guy Môquet dans un protocole consternant, ou de faire débattre de l’identité nationale pour mieux la figer et la réduire, toutes ces manoeuvres d’instrumentalisation ont besoin pour réussir que l’esprit critique soit affaibli. Et c’est bien cela que nous devons attendre de l’enseignement de l’histoire et de la géographie, mais aussi des autres enseignements : la capacité à se propulser comme citoyen autonome et émancipé, à avoir un regard critique sur les récits qu’on nous impose.

Sans doute, l’enseignement ne parvient-il pas toujours à un tel résultat. Et c’est pour cela qu’il ne s’agit pas de défendre aveuglément ce qui est en vigueur ; je suis d’ailleurs convaincu que les historiens qui se mobilisent aujourd’hui sont porteurs de souhaits de réforme de l’enseignement de leur discipline. Mais pour la consolider, par pour l’affaiblir.

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