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Au marathon de l’abdication

Publié le 01 novembre 2007 par Lecelibataire

Au moment même où les enfants déguisés parcourent les rues en quête de friandises, je retire, l’espace d’une soirée, mon costume de séductrice fière et indépendante. Je suis fatiguée, essoufflée d’afficher une mine épanouie en tout temps, de courtiser d’un sourire les hommes sur mon passage, libres ou non, intéressants ou pas,  juste au cas, leur signifiant qu’ils sont d’un quelconque intérêt. 

La réalité est tout autre.  Il y a toujours des irritants.  Les irritants visuels du premier contact : un sourire jauni, une cigarette à la main, une carrure qui nous laisse froide, un crachat envoyé au sol, une odeur particulière, une démarche nonchalante, d’horribles chaussures… et les irritants du second contact : étroitesse d’esprit, manque de nuance, absence de vivacité d’esprit, manque d’ambition, manque d’intérêt pour la vie en général, dépression profonde, manque de conversation… 

Ma réflexion est la suivante : Quand devons-nous franchir la fine ligne du compromis et du sacrifice?  Vous savez, ce ruban que traverse les marathoniens en fin de parcours.  Cette frontière de l’abdication : ça y est, je plierai sur mes exigences.  Quand décide-t-on que la course, dans les conditions actuelles avec notre bagage d’exigences envers l’Autre a assez durée et qu’il est temps d’élargir nos recherches au-delà de nos préférences?  

Je n’aime pas les blonds? Qu’importe, je devrai leur donner leur chance.

J’aime les gentlemans? Et si j’essayais un mauvais garçon pour voir?

J’aime les hommes rondouillets? Pourquoi résister à monsieur muscle 100% protéines qui me fait de l’œil?

À quoi cela me mènera-t-il, sinon à gaspiller mes piges dans le bocal?*

Je me sens terriblement égoïste de réaliser que beaucoup d’hommes ne correspondent pas à ce que je recherche (et ce n’est pas, dans 90% des cas, une question de physique).  Je ressens tout de même une certaine fierté à savoir ce que je veux. Dilemme.

J’ai peur que de traverser ce fil me coupera les jambes définitivement et qu’aucun homme ne pourra plus m’attraper au vol lorsqu’il me rendra les jambes molles.  Re-dilemme. 

Qu’en pensez-vous?

*(Théorie du bocal : nous avons tous un nombre « x » de relations de couple et/ou de sexuelles dans nos vies, et si nous nous brûlons les ailes rapidement dans notre jeunesse, il en reste moins pour plus tard.  On confirme/réfute la théorie seulement en fin de vie, alors elle demeure une épée de Damoclès tout au long du parcours.)


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