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Facebook : 0 / Berlusconi : 0

Publié le 13 décembre 2009 par Thibault175

Facebook : 0 / Berlusconi : 0Samedi 5 décembre dernier s'est tenue, à Rome, une immense manifestation, réunissant 350 000 italiens (90 000 selon la police) descendus dans la rue pour demander la démission du premier ministre. Et ce, dans un contexte assez tendu pour le Cavaliere, avec la récente abrogation de la loi Alfano (sans parler du reste), qui lui garantissait jusque-là l'immunité.
Ce qui fait la particularité de cette manifestation, outre son ampleur, c'est son point de départ : Facebook, avec la création (puis ensuite sa déclinaison) d'un groupe Facebook, début octobre, appelant à manifester en violet (couleur apolitique, "seule laissée libre") le 5 décembre. Ses auteurs : cinq blogueurs italiens.
Avec, évidemment, tous les outils qui vont bien : hashtag twitter, fanpagesite web, Youtube, avec retransmission en direct et manifestation virtuelle sur Second Life.
Plusieurs membres de l'opposition (qui participaient à la marche à titre personnel et non politique), des associations et intellectuels (le prix Nobel de littérature Dario Fo, le magistrat Dominico Gallo, le cinéaste Nanni Moretti qui n'en est pas à son coup d'essai, etc.) étaient également présents.
Une vraie organisation, qui s'est donnée les moyens de ses revendications, et qui, visiblement, souhaitait marquer le coup (700 bus, 4 trains et un ferry de Sardaigne ont même été affrétés !). La Corée du Sud en avait déjà fait l'expérience l'année dernière au cours d'une manifestation monstre contre le président Lee Myung-bak.
Pour autant, si la manifestation a marqué en-dehors des frontières italiennes (les médias italiens ayant évidemment fait l'impasse sur le sujet...), il n'est pas sûr qu'une telle démonstration ait, au final, un quelconque impact politique, au-delà du seul effet symbolique ; si un tel évènement était de nature à faire douter Berlusconi et le pousser à démissionner, cela fait belle lurette que le Cavaliere aurait laissé le trône vacant.
D'autant que la démission du premier ministre n'est possible que dans deux cas particuliers : soit une rupture de la majorité parlementaire, soit un vote de défiance. Au vu de sa côté de popularité (plus de 50 % d'opinions favorables), le self-made man, propriétaire de trois chaînes privées et du réseau public, n'a pas trop de mouron à se faire.
En revanche, l'évènement est particulièrement révélateur de l'état de l'opposition, incapable de lever les foules comme ont pourtant réussi à le faire les blogueurs à l'initiative du No Berlusconi Day. En particulier parce qu'une partie non négligeable de celle-ci s'est toujours refusée à un anti-berlusconisme primaire (ils devraient prendre exemple chez nous...).
La question de la puissance de Facebook en tant qu'outil de mobilisation reste posée (pour quelques succès retentissants, combien de bides énormes ?).
En attendant, on peut toujours jouer les bookmakers sur ce groupe-ci.

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