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A Copenhague, les négociateurs doivent choisir entre l’espoir et la honte

Publié le 16 décembre 2009 par Sequovia

Connie Hedegaard, présidente de la Conférence, a bien résumé hier l’urgence actuelle : « You must choose between shame or fame » a-t-elle ainsi déclaré aux ministres présents. A Copenhague, le volontarisme de début de conférence a laissé la place aux imbroglios et aux compromis. Pourtant, quelques initiatives sont perceptibles pour éviter ce que tout le monde redoute : un accord au rabais ou, pire, la mort du protocole de Kyoto.

Cet article a été rédigé dans le cadre du dossier spécial de Sequovia sur le sommet de Copenhague.

Les Etats-Unis et la Chine refusent de revoir leurs chiffres de réduction des gaz à effet de serre

Les Etats-Unis et la Chine ont fait savoir qu’ils ne reverront pas leurs objectifs de réduction d’ici la fin de la conférence. Pourtant, ceux-ci sont extrêmement éloignés des préconisations scientifiques.

La présidence suédoise de l’UE a appelé la Chine et les Etats-Unis, « qui représentent la moitié des émissions mondiales », à relever leurs objectifs de réduction. « Je ne peux pas dissimuler le fait que je commence à être un peu nerveuse au sujet de notre capacité de réussite », s’est inquiétée Angela Merkel depuis Berlin. La ministre danoise Connie Hedegaard, qui préside les débats, s’est voulue rassurante : « C’est comme à l’école élémentaire. Ils attendent le dernier moment pour rendre leurs exercices. » Mais ceci est loin d’être un jeu, et les conséquences d’un accord au rabais pourraient être catastrophiques…

La France présente un texte commun avec l’Ethiopie

« L’Afrique fait partie de la solution », voilà le message lancé par la France aux pays en présence.
Le document présenté en commun avec l’Ethiopie inclut ainsi des objectifs chiffrés corrects :
- limiter le réchauffement à 2 °C en 2050 par rapport à l’ère préindustrielle,
- baisser les émissions de gaz à effet de serre mondiaux de 50 % d’ici 2050 par rapport à 1990, avec une baisse de 80% pour les pays industrialisés,
Il vise aussi à rassurer les Africains sur la question du financement. Il évoque une aide annuelle « fast start » de 10 milliards de dollars jusqu’en 2012, dont la France souhaiterait qu’elle aille à hauteur de 40 % pour l’Afrique et, à 20 %, pour limiter la déforestation (au travers d’un fonds « REDD+ » qui aura pour objectif de réduire la déforestation de 50% d’ici 2020 et de l’arrêter d’ici 2030.).
Ensuite, Nicolas Sarkozy souhaite la création d’une Taxe Tobin sur les transactions financières internationales afin de financer l’aide aux pays du Sud et une Organisation Mondiale de l’Environnement. Celle-ci serait en charge du Fonds Justice Climat et des questions environnementales au sein de l’ONU.
Ils appuient aussi les marchés du carbone pour que les entreprises puissent réduire leurs émissions.
Cependant, ces propositions arrivent un peu tard, ne font pas l’unanimité, et risquent d’engluer un peu plus les discussions sur des nouveaux débats.

Et les discussions des chefs d’Etat européens se multiplient en marge du sommet. Le président français, la chancelière allemande et les Premiers ministres britannique, suédois, danois, espagnol et italien se sont ainsi partagés le travail vendredi en marge du Conseil européen, afin de préparer leur venue vendredi.Nicolas Sarkozy a aussi pu discuter avec Meles Zenawi, nommé « négociateur en chef » pour les 53 Etats membres de l’organisation continentale, et qui considère que « la mort du protocole de Kyoto constitue la mort de l’Afrique ». Il réclame donc un accord contraignant et juste.

Les ONG priées de sortir du Bella Center

Alors que les organisateurs avaient alloués trois fois trop d’accréditations pour le Bella Center, les ONG se sont vues interdire le droit d’accès. Pour contrer cette entrave, certains ont du se procurer des « secondary pass ». 7.000 personnes ont pu en avoir. Jeudi, ils ne seront plus que 1.000 observateurs à en bénéficier. Et vendredi, seules 90 accréditations seront allouées ! Et alors que ces trois dernières journées seront les plus cruciales, les mouvement non gouvernementaux deviennent largement minoritaires…

Ce matin, entre 700 et 800 personnes ont ainsi tenté de pénétrer dans le Bella Center, mais ont butté sur un impressionnant dispositif policier. Après une brève bousculade, et quelques jets de gaz lacrymogène, une centaine de militants ont été arrêtés, menottés et assis par terre. Le climat chauffe, à l’intérieur comme à l’extérieur du Bella Center, reconverti en forteresse pour les derniers jours de négociation.

L’avis Sequovia

Les sources de pessimisme sont nombreuses, mais l’espoir est encore permis, et même nécessaire. Il ne reste plus que trois jours pour que cette conférence n’aboutisse pas à la catastrophe qui se dessine… Espérons que la venue des présidents pour les deux derniers jours donne une dernière nouvelle dynamique tant espérée…


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