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Grenelle de l’Environnement : Sarkozy s’engage sur quoi ?

Publié le 29 octobre 2007 par Pierre

Grenelle de l’Environnement : Sarkozy s’engage sur quoi ?Que penser des premières conclusions du Grenelle de l'Environnement ? Il faut bien avouer qu'il y avait de quoi être sceptique : Sarkozy n'avait jamais fait de ce sujet une priorité lors de la campagne, et le volet " développement durable " de son programme présidentiel avait été plutôt mal noté par l'association Alliance pour la Planète (9/20).

Bref, ce Grenelle sentait l'arnaque à plein nez
(endormons les assos, enrhumons les Verts). Finalement, il semble que quelque chose ait vraiment démarré : une réelle prise de conscience des enjeux environnementaux, et une volonté politique d'y répondre. A cet égard, les réactions " satisfaites mais prudentes " des écolos et des assos ne trompent pas.

Grenelle de l’Environnement : Sarkozy s’engage sur quoi ?Maintenant, au-delà de la prise de conscience politique, quelles mesures concrètes vont sortir de ce Grenelle ? Parce que la question de fond est bien la suivante : Sarkozy est un homme de droite, élu par un électorat de droite, soutenu par des intérêts économiques puissants. Politiquement, il va donc être extrêmement compliqué pour Sarkozy de réaliser des arbitrages qui donnent la priorité aux questions environnementales par rapport à l'économique. Car l'urgence climatique, énergétique et environnementale actuelle est avant tout la conséquence d'un système économique insuffisamment régulé. Et des mesures telles que " libérer la croissance " ou " chercher un point de PIB supplémentaire " ne vont pas dans le sens d'une plus forte régulation.

L'enjeu est là : du Grenelle de l'environnement sortira-t-il une écologie UMP-compatible (corrigeons les nuisances les plus polluantes du système libéral, et surfons sur l'économie de l'environnement pour créer des emplois), ou bien l' annonce d'arbitrages nettement plus douloureux pour certains intérêts économiques ?

Exemple de l'ambiguité actuelle : Borloo annonce la fin de la construction des autouroutes, et la fin des camions sur les autoroutes pour 2010-2011.

1. Le réseau autouroutier français est à l'heure actuelle quasiment achevé. L'arrêt de toute construction (s'il est effectif) ne constitue pas une grande concession.

2. Le fret ferroviaire en France est aujourd'hui en bien mauvais état, faute d'investissements publics suffisants. En plus, la SNCF prévoit de fermer 250 gares de fret jugées insuffisamment rentables. Si supprimer les camions de fret sur les autoroutes en 2011 apparaît comme pure démagogie, relancer fortement le fret ferroviaire serait déjà une bonne idée : avec quel argent, donc ? (et il ne s'agirait pas que de quelques fonds de tiroirs)

Rappelons qu'en 2003, pour répondre à l'urgence climatique, la France s'est engagée sur le Facteur 4, c'est-à-dire la division par 4 de ses émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050. Comment va-t-on répondre à cet objectif nécessaire mais ambitieux ? C'est aussi là que l'on attend du Grenelle de l'Environnement bien plus que des promesses.

Fred


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