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Alain Dolium, le candidat inattendu

Publié le 21 décembre 2009 par Matthieulamarre

Du 18 au 21 décembre, les adhérents franciliens du Mouvement Démocrate se prononcent sur le choix de leur tête de liste aux élections régionales. Alain Dolium, « surprise » de François Bayrou pour l’Ile-de-France, aura-t-il réussi à convaincre les militants de ses capacités ? Portrait.

Le candidat inattendu. Inconnu du grand public il y a encore quelques semaines, ce père de famille en apparence ordinaire fait figure de candidat inattendu, tant son profil sort des sentiers battus de la politique et tant il ne semblait pas prédestiné à prendre les rênes d’une telle campagne électorale. Si certains journalistes l’ont rapidement surnommé « l’Obama du MoDem », la comparaison n’a pas vraiment lieu d’être. Alain Dolium est en revanche un homme singulier, déterminé et captivant.

Né dans le XIIe arrondissement de Paris, il passe les deux premières années de sa vie aux Antilles, élevé par ses grands-parents, pour des raisons « essentiellement économiques » se souvient-il. De ce passage dans les îles, il garde le goût de la végétation luxuriante et de l’océan.

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Des Antilles à la banlieue. A son retour en métropole, il emménage dans un quartier modeste de la banlieue parisienne. Son parcours scolaire se déroule sans incident, ses résultats sont corrects. « Très vite, toutefois, on souhaite m’orienter vers des études courtes » explique-t-il. Grâce au soutien de sa mère, il intègre une filière générale au lycée à condition de redoubler sa classe de 3e. Son bac en poche, il vise des études supérieures « pas trop longues, mais pour avoir un bagage ». Il trouve sa voie à l’IUT de Sceaux.

C’est en discutant avec un ami qu’il découvre les cursus des écoles de commerce. Il s’intéresse à la finance et aux questions macro et micro économiques, mais n’avait jamais envisagé d’aller au-delà du niveau licence. Il se laisse finalement convaincre de passer les concours d’entrée, « juste pour voir ». Son ami est refusé, lui est accepté, « ainsi est la vie » pense-t-il.

Un parcours exemplaire. A l’ESC Amiens, il s’ouvre à un monde totalement différent, avec des perspectives professionnelles qu’il n’aurait jamais osé imaginer. « Je constate aussi que nous sommes de moins en moins nombreux à venir de quartiers modestes », regrette-t-il. Au terme d’un parcours sans faute, il se lance dans la vie active et forge son expérience dans plusieurs entreprises, dont l’institut de sondages IPSOS, le cabinet de conseil Burke Marketing puis le groupe DHL.

En parallèle de son travail, Alain Dolium développe son goût pour l’engagement associatif. Il s’explique : « Je souhaitais pouvoir aider les jeunes qui rencontrent des difficultés, ou qui n’ont tout simplement pas les clés pour réussir leur études ». Il s’implique dans du soutien scolaire, puis innove par la création du réseau Talents O Pluriel, dont il est le Président-Fondateur depuis 2005.

« Au contact de ces ados, je constate certaines lacunes du système scolaire. Souvent trop académique, il ne fait selon moi pas assez appel aux sens et aux émotions, ce qui le rend inabordable pour les enfants qui n’en ont pas les codes », détaille-t-il. Avant de compléter : « Je déplore aussi l’orientation, qui se détermine encore trop souvent selon les bases sociales et s’en trouve discriminante. »

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Cheminement politique. La politique, Alain Dolium s’y intéresse depuis longtemps. Culturellement de Gauche, comme ses parents, il se sent toutefois en décalage avec les thèses économiques du Parti Socialiste. « J’ai tout de même voté Jospin en 2002 », mais en 2007 « ma voix a été pour Bayrou au premier tour, puis Royal au second », se souvient-il. Il ajoute : « Je partais alors du principe que le score important de l’UDF obligerait Ségolène Royal à ouvrir son gouvernement au Centre ».

Centriste, Alain Dolium l’est profondément. « Je suis convaincu que le corps électoral souhaite une troisième voix. Je la cherchais moi-même et je l’ai trouvée à la création du Mouvement Démocrate ». S’il ne rejette pas l’idée même de capitalisme, il prône sa régulation et la construction d’un équilibre « entre le capitalisme financier et le capitalisme social, avec une dimension entrepreneuriale plutôt que patrimoniale », explique-t-il.

A la conquête des régionales. Militant impliqué mais discret, Alain Dolium n’a auparavant jamais été candidat à une élection. S’il souhaite aujourd’hui franchir le pas, c’est pour « rapprocher les élus régionaux des habitants » et mettre en pratique le renouvellement politique que tant de partis prônent sans l’appliquer. « C’est vrai : je ne suis pas un professionnel de la politique », reconnait-il. « Mais c’est justement pour ça, et parce que je pense avoir les moyens de ne pas le devenir, que je me suis porté candidat. »

Si les adhérents lui accordent leur confiance, il envisage une campagne des régionales « dynamique, réactive et créative », qui débutera dès la mi-janvier. Grâce à sa vision de l’Ile-de-France à la fois pragmatique et proche des franciliens, avec des idées plein la tête tant en matière de programme électoral que d’actions militantes, Alain Dolium a raison de se fixer des objectifs ambitieux : « être au moins second au premier tour, et pourquoi pas se maintenir au second ».

Rendez-vous ce soir, à 20 h, pour connaître le résultat de la consultation des adhérents… Pour ma part, il ne fait aucun doute qu’il s’agit du meilleur candidat dont l’Ile-de-France pouvait rêver.


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