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Faut-il rester en H-Cup ?

Publié le 21 décembre 2009 par Vinz

Depuis pas mal de temps, je m’interroge sur le bien-fondé de la présence française dans les Coupes d’Europe de rugby. Mais les derniers développements me poussent à engager la réflexion sur une compétition qui, sans être truquée, est loin d’être un modèle d’équité sportive.

Heineken-Cup(1)

Une compétition faussée d’avance.

Quand le tirage au sort des poules est connu, on sait à 80% la composition des quarts de finale. Le règlement de la H-Cup est très injuste. Les six premiers de chaque poule sont qualifiés (c’est normal) mais aussi les deux meilleurs deuxièmes. Tout le monde sait bien d’où sont issus les meilleurs deuxièmes : des poules les plus disproportionnées où jouent les équipes italiennes dans la plupart des cas ou bien l’invité surprise du championnat de France. Certes, la H-Cup 2009-2010 nuance ce propos mais très légèrement. La poule 6 (Leinster et London Irish) devrait envoyer deux équipes d’un groupe sans italiens mais avec Brive (on reviendra sur ce cas). La poule 1 (celle de Perpignan et de Trévise) et la poule 5 (Toulouse et Bath sans équipe italienne) sont en concurrence pour l’autre place.

De fait, les « poules de la mort » éliminent d’emblée une ou plusieurs équipes qui pourraient prétendre aux honneurs. Une défaite de trop, un bonus qui manque, c’est le recul ou l’élimination. 6 matches cela reste peu pour se rattraper. Le Stade Français en est régulièrement victime. D’autre part, le classement des équipes se fait par le nombre de points, ce qui accroît encore plus l’inégalité du tirage au sort. Ainsi, les Ospreys, Leicester et Clermont vont devoir se battre pour se qualifier mais aussi pour éviter de jouer un quart de finale à l’extérieur, en sachant qu’une seule équipe passera (logiquement).

Question. Quelle crédibilité peut-on accorder à cette compétition ? Un retour à 16 équipes doit être envisagé mais les médias, les clubs et les instances dirigeants sont évidemment défavorables. A moins d’arriver  à 32 clubs, au risque de rajouter un tour dans un calendrier déjà surchargé.

Ceci étant dit, on peut s’interroger sur le bien-fondé de la présence de certains clubs. Assurer une présence aux Italiens est logique mais les Scarlets sont régulièrement massacrés par les gros, quelques clubs français hormis les cinq (Toulouse, Biarritz, Stade Français, Clermont, Perpignan) font le plus souvent de la figuration. Une réflexion est à engager.

L’affaire Dupuy et le débat sur l’arbitrage.

Ce n’est pas nouveau, les Français ne sont pas toujours bien vus. Leur indiscipline notoire n’arrange pas leur cas mais d’ici à infliger 6 mois de suspension à Julien Dupuy (au casier vierge) pour une fourchette, n’est-ce pas exagéré ? L’affaire de la photo impliquant David Attoub semble aussi jeter le trouble sur la façon dont la justice sportive (qui est tout sauf de la justice) peut s’appliquer. Les accusations de manipulation par le Stade Français ont incité l’ERC à bien réfléchir avant de prendre une décision, qui peut être lourde de conséquences, pour Attoub et pour le système économique autour de l’ERC.

David Attoub a-t-il commis une fourchette à légard du joueur de lUlster ? Le report de la décision semble en tout cas indiquer que lERC na pas envie davoir une deuxième affaire Tincu qui pourrait pousser les clubs français à se retirer des compétitions européennes.

David Attoub a-t-il commis une fourchette à l'égard du joueur de l'Ulster ? Le report de la décision semble en tout cas indiquer que l'ERC n'a pas envie d'avoir une deuxième affaire Tincu qui pourrait pousser les clubs français à se retirer des compétitions européennes.

Imaginez un Paul O’Connell (tiens je vais le titiller celui-là) ayant accompli le même geste, quelle mesure disciplinaire prendrait-on ? Et si Dupuy était resté à Leicester ?

Le rugby n’est pas particulièrement clair dans ses sanctions. Certains placages violents ne sont même pas sanctionnés, le coup de pied d’Habana contre la France n’a même pas été visionné, etc. Le problème dans ces sanctions c’est qu’on fait régulièrement comprendre aux non anglo-saxons que le rugby restera un sport dominé par les anglo-saxons. Les fautes françaises existent mais sont-elles sanctionnées de la même façon que les fautes irlandaises ou anglaises ?

Souvenez-vous de l’agression de Castrogiovanni (c’est bien lui ?) contre Dominici il y a quelques années. L’ailier tricolore s’est retrouvé K.O. et l’Italien (qui joue à Leicester) n’a rien reçu. Et Marius Tincu et Jamie Cudmore lourdement sanctionnés, le premier sur une agression dont il n’y avait aucune preuve objective (seulement le témoignage de la présumée victime)  et le second pour s’être battu avec O’Connell qui n’a rien eu. Sans verser dans le nationalisme ou la xénophobie, on pourrait distinguer une légère tendance à alourdir le dossier quand des équipes et des joueurs français sont impliqués. L’USAP a eu raison de se battre contre l’ERC car la justice sportive est en train de remplacer la justice militaire dans la célèbre phrase de Clémenceau !

Dupuy mérite d’être sanctionné pour son geste c’est évident. Mais six mois n’est-ce pas exagéré surtout pour un joueur qui ne passe pas pour une brute ? Quelle échelle de sanction doit être appliquée ? Il faut être cohérent. Schalk Burger a pris 8 semaines pour un geste clairement dangereux contre Luke Fitzgerald au mois de juin. Dupuy a fait appel de sa décision.

Enfin parlons aussi de l’arbitrage. C’est bien le problème du rugby où c’est souvent une question d’interprétation. On peut siffler ce qu’on veut dans les regroupements, la sensibilité de l’arbitre joue un grand rôle dans sa prise de décision. Il ne s’agit pas non plus de dénoncer un arbitrage anti-français. On a vu pire (un Ecosse-France de 1984, un Australie-France de 1987 ou encore l’arbitrage anti-Blanco pour le France-Angleterre de 1991). Les arbitres britanniques et irlandais font de nombreux efforts pour s’exprimer en français dans le feu de l’action. Tout le monde n’est pas M. Rolland mais je trouve très positif cette orientation depuis une dizaine d’années.

Tourisme et touristes.

Tout ceci ne doit pas cacher un fait. Certains clubs « balancent » la H-Cup pour laquelle ils se sont tant démenés pour y participer. Ce n’est pas le cas du « Big Five » : Toulouse, Perpignan, le Stade Française, Biarritz et Clermont en font un objectif majeur mais le sixième ou le septième qualifié n’ont pas la même approche. La compétition n’est vue que sous un aspect financier. Et les Français l’ont déjà payé. Agen a été punie pour avoir aligné une équipe de remplaçants. Bourgoin faisait régulièrement honte au rugby français et même à son standing national par ses résultats indigents en Coupe d’Europe (notamment une double déroute contre Trévise je crois). Et Brive suit la même voie bien qu’on puisse admettre que le club, en difficulté en championnat, n’avait pas les moyens cette saison de tout assumer.

Ce phénomène de zapping m’inquiète particulièrement. Comment justifier la lisibilité d’une compétition si on n’y participe que pour « s’amuser » ? Franchement, je suis même étonné qu’un autre club français n’ait pas reçu une sanction comme l’a reçu le SU Agen. Mais cette pratique peut aller au-delà de la H-Cup. Le zapping des matches au sommet est une pratique pas si rare dans notre championnat. Le Stade Toulousain l’a annoncé officiellement lors d’un match au Stade Français, mais le phénomène demeure. Comment attirer de nouveaux spectateurs si c’est pour assister à un match où les équipes ne sont pas au complet et une fait l’impasse sur la rencontre ? Bien entendu, je connais l’argument de la gestion des effectifs mais ne faut-il pas non plus disputer ces rencontres de haut niveau ? Le problème demeure l’importance du Top 14 dans les objectifs sportifs des clubs, la H-Cup n’est que secondaire, pour les raisons précitées.

Pas de surprise à voir comment Bourgoin a été traité pour sa finale de Challenge Européen. Mais c’est un retour de bâton pour le club berjallien qui n’a pas toujours été très honnête sur ce point de vue (mettons de côté l’argument des blessures). Pour qu’on soit respecté, il faut aussi forcer le respect : jouer le jeu et jouer au jeu.

Au final, je pense que la H-Cup n’a pas d’intérêt sportif. Trop injuste dès le début, pas favorable aux Français dont certains se moquent éperdument du caractère sportif. Une refonte de la compétition me semble indispensable. Mais le lobby des clubs français ne perçoit pas la même chose, en tout cas pas sous le même angle. Un boycott de la H-Cup signifierait la mort à coup sûr de la compétition mais c’est pour moi un mal pour un bien.

A débattre, sans fourchette, ni placage cathédrale mais de manière chevaleresque.


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LES COMMENTAIRES (1)

Par Riss
posté le 05 janvier à 17:11
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Article ridicule et chauvin. Oser dire que la H-cup est sans intérêt car "pas favorable aux Français" !!! En outre, dans le groupe des Ospreys, Leicester et Clermont 2 clubs passeront en quarts, pas besoin de faire de savants calculs pour s'en rendre compte. La prochaine fois, fais tourner sept fois ta plumer dans ton encrier avant d'écrire !!!

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