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Grève du RER A : l’Etat aux abonnés absents

Publié le 22 décembre 2009 par Hmoreigne

 Le contraste n’aura pas échappé aux franciliens. D’un côté un président de la république qui tape sur la table suite aux dysfonctionnement de l‘Eurostar et qui, de l’autre reste extrêmement silencieux sur la grève qui touche la ligne A du RER depuis 13 jours. Si le conflit est avant tout social, il a également pris une dimension politique dans la perspective des élections régionales de mars.

Malgré le ras-le-bol des franciliens, le PDG de la RATP reste droit dans ses bottes et, dans les petits papiers de Nicolas Sarkozy. Cet ancien Villepiniste rallié depuis au chef de l’Etat n’aura pas eu droit comme son homologue de la SNCF à une convocation à l’Elysée.


Dans un entretien au Figaro, Pierre Mongin estime que la RATP a rempli son obligation de service garanti et que les conducteurs grévistes du RER A, la ligne de transport en commun urbain la plus fréquentée de France, vont plier. “La grève est toujours l’expression d’un rapport de force et cette fois-ci les salariés n’ont pas assez mesuré notre détermination” déclare notamment au quotidien le PDG de la RATP.

L’ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur et de Dominique de Villepin mise notamment sur la perte de salaire (100 euros par jour) liée à la gréve. “La direction veut laisser pourrir le mouvement. Je n’ai jamais vu ça“, reconnaît Luc Offenstein, délégué Unsa. “Ils nous ont dit qu’ils proposeraient moins à chaque fois qu’on refuserait leur proposition. Et là, ils nous disent que c’est fini“, relate Thierry Garon, de SUD.

Pierre Mongin est renforcé dans sa position par le Medef d’Ile-de-France qui dénonce l’irresponsabilité des grévistes et demande un renforcement de la loi sur le service minimum mais aussi, le gouvernement. Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports évoque une grève inadmissible. Rama Yade, porte-parole de la tête de liste UMP pour les régionales en Ile-de-France, a demandé dimanche sur LCi à la région Ile-de-France de sortir de sa passivité et a évoqué une mauvaise gestion du dossier, par le président du syndicat des transports d’Ile-de-France qui n’est autre que Jean-Paul Huchon, le président de région (PS).

Sur Europe 1(vidéo 4), Jean-Paul Huchon a rappelé que “l’actionnaire principal c’est l’Etat, et j’attends encore le gouvernement” et qu’il a écrit au Premier ministre pour demander un médiateur à plusieurs reprises, ce que François Fillon a jugé vendredi pas nécessaire.

Le test est crucial pour le gouvernement qui s’attend à une envolée des conflits sociaux dans les mois à venir. Il sait qu’il peut compter en l’espèce sur l’impopularité d’une grève menée par des salariés perçus dans l’opinion publique comme des nantis .

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